Le est un ancien district de la préfecture de Kyoto, au Japon. L'un des comtés originaux de la province de Yamashiro après l'application du système ritsuryō au , il disparaît le  lorsque sa dernière municipalité, le bourg de , fusionne avec le bourg d'Uji et trois autres municipalités pour créer la ville d'Uji. Le siège du district était le village de Daigo.

Toponymie « Uji » (宇治) signifie probablement . Dans le Wamyō ruijushō, le nom est écrit « 宇知 ».

Géographie Topographie vignette|gauche|Étendue du district d'Uji sur une carte de la préfecture de Kyoto dans ses tracés du . Le district d'Uji se trouve dans le centre-est de la province de Yamashiro, à la frontière de la ville de Kyoto et de la préfecture de Shiga.

Il correspond maintenant à l'entièreté de l'arrondissement de Yamashina de la ville de Kyoto, à une partie de l'arrondissement de Fushimi, une partie de la ville d'Uji et à une partie de l'arrondissement de Higashiyama de la ville de Kyoto.

Districts limitrophes Historiquement, le district d'Uji est bordé à l'est et au nord-est par le , de la province voisine d'Ōmi, au nord et au nord-ouest par le comté d'Otagi (愛宕郡) de la même province de Yamashiro, à l'ouest par le comté de Kii (紀伊郡) dans la province de Yamashiro, au sud et au sud-ouest par le comté de Kuse (久世郡) dans la province de Yamashiro, au sud par le comté de Tsuzuki (綴喜郡) dans la province de Yamashiro et au sud-est par le (栗太郡) dans la province d'Ōmi..

Après l'abolition du système han en 1871, puis la création des districts modernes en 1879, Otagi, Kii, Kuse et Tsuzuki rejoignent la nouvelle préfecture de Kyoto avec le district d'Uji, tandis que Shiga et Kurita sont intégrés dans la préfecture de Shiga... À partir de 1888, le district d'Uji borde l'arrondissement de Kamigyō (上京区) de la ville de Kyoto au nord et l'arrondissement de Shimogyō (下京区) à l'ouest, et ne borde plus le district d'Otagi. À partir du , il borde la ville d'Ōtsu (大津市) au nord-est, créé à partir du district de Shiga. À partir du , il ne borde plus les arrondissements de Kamigyō et de Shimogyō ; les nouveaux arrondissements de Sakyō (左京区), qui borde le district au nord, et de Higashiyama (東山区) ont été créés à partir de Kamigyō et de Shimogyō. À partir du , il ne borde plus le district de Shiga à l'est, après l'expansion d'Ōtsu. Après avoir perdu deux municipalités le , il est désormais voisin au nord de l'arrondissement de Fushimi (伏見区) et n'est plus voisin des arrondissements de Sakyō et de Higashiyama et du district de Kii, supprimé le même jour.

Histoire Préhistoire et Antiquité Uji existe depuis l'Antiquité, comme le témoigne plusieurs toponymes recensé dans le Nihon shoki de 720, dont le « fleuve Uji » (菟道河) dans l'entrée de la  année de règne de l'empereur Suinin (vers -26), « Uji » (菟道) dans l'entrée de la première année de règne de l'impératrice Jingū (vers 201), « Ujino » (菟道野) dans l'entrée de la année du règne de l'empereur Ōjin (vers 276) et le « mont Uji » (菟道山), dans l'entrée de l'empereur Nintoku avant son accession au trône (avant 313). Le nom du fils de l'empereur Ōjin et demi-frère de Nintoku  (菟道稚郎子) contient aussi « Uji ».

Uji était possiblement originellement un des territoires de la Royauté de Yamato. Dans l'Antiquité, le pont d'Uji était un lieu stratégique et souvent le lieu de batailles. Après le déplacement de la capitale de Nara à Kyoto en 794, il a gagné de l'importance, devenant un point d'arrêt sur la route menant vers Nara et un centre du commerce sur la route.

Moyen Âge Selon le dictionnaire Wamyō ruijushō édité en 938, le comté compte huit cantons, ceux d'Uji (宇治郷). Ōkuni (大国郷), Kami (賀美郷), Okanoya (岡屋郷), Amarube (余戸郷), Ono (小野郷), Yamashina (山科郷) et Ogurisu (小栗郷). Le siège du comté aurait probablement été dans le sud du , car la construction du temple Kajū-ji de l'actuel arrondissement de Yamashina de Kyoto a été financée par un don du grand chef du comté,  (宮道弥益). Le siège du comté aurait aussi pu être à Ōtsu (大津里), dans l'actuel port d'Okayazu (岡屋津) à Gokashō, sur la carte de la province de Yamashiro dans le Nihon shoki. Le comté a longtemps été lié à la famille impériale et au clan Fujiwara, le Nihon shoki, rédigé en 720, rapportant que l'empereur Tenji a chassé dans les champs de Yamashina (山科野) durant sa huitième année de règne (vers 669). Le temple Yamashina-dera (山階寺) a aussi été construit par le clan Fujiwara durant la même période, comme les villas de plusieurs nobles et proches de la famille impériale. Le clan Hokke était particulièrement proche du comté, ayant établi son cimetière près de Kohata. Dans la  année de l'ère Kankō (1005), le temple Jōmyō-ji à Kohata est construit par Fujiwara no Michinaga. Le territoire de Fuke-dono (富家殿), près du fleuve Uji est la résidence secondaire de Fujiwara no Morozane, puis de Fujiwara no Moromichi et enfin de Fujiwara no Tadazane. Le palais de Yamashina (山科御所) de l'empereur Go-Shirakawa y est construit vers la fin de la période Heian. D'autres témoins du lien qu'a le comté avec la famille impériale sont la présence de nombreux tombeaux impériaux et temples importantas comme le Daigo-ji, le Kajū-ji, le et l'.

Durant la fin de la période Heian (794-1185), des seigneuries font leur apparition dans le comté d'Uji. On y trouve alors la seigneurie d'Okaya (岡屋荘), administrée par la famille Konoe, la seigneurie d'Ono (小野荘), administrée par le temple Sanbō-in du village de Daigo, la seigneurie de Yamashina (山科荘), administrée par le Sanbō-in, puis par le pavillon Miei-dō du temple de l'empereur Go-Shirakawa, la seigneurie d'Uji (宇治荘), administrée par le temple Tōdai-ji de la province de Yamato, la seigneurie de Kasatori (笠取荘), administrée par le temple Enmei-in (延命院) de Daigo, la seigneurie de Kohata (木幡荘), administrée par le temple puis le temple Shōgo-in, la seigneurie d'Otowa (音羽荘), administrée par le temple Seikan-ji de Daigo, et la seigneurie d'Ishida (石田荘), administrée par le Sanbō-in. Après le début de la première bataille d'Uji le mois de la  année de l'ère Jishō (), qui entraîne la mort du prince Mochihito et du samouraï Minamoto no Yorimasa, le comté d'Uji est le théâtre de plusieurs importants affrontements militaires. La position stratégique du comté, un carrefour entre la capitale et les provinces de l'est, explique les nombreuses batailles qui auront lieu de part et d'autre du fleuve Uji. Durant le mois de la année de l'ère Juei () y a lieu la seconde bataille d'Uji, opposant Minamoto no Yoshinaka à Minamoto no Yoshitsune. Durant la année de l'ère Jōkyū (1221), la révolte de Jōkyū se déroule dans le comté d'Uji. Durant la  année de l'ère Kenmu (1336), la bataille de la Minato-gawa a aussi lieu non loin du comté.

Durant l'époque de Muromachi (1336-1573), les sept cantons de Yamashina (山科七郷) apparaissent dans le comté d'Uji. Les habitants y forment leur propre gouvernement et leur milice, provoquant des révoltes paysanes comme les (徳政一揆). Le du mois de la  année de l'ère Kanshō () entraîne notamment l'incendie du temple Jōmyō-ji et de maisons de marchands. Il sera suivi de la guerre d'Ōnin (1467-1477) et du  (1485-1493), une confédération militaire et civile contre des samouraïs rivaux. Durant la  année de l'ère Bunmei (1478) la construction du temple Yamashina Hongan-ji (山科本願寺) est commencée par le moine Rennyo, mais celui-ci est détruit la première année de l'ère Tenbun (1532) après la révolte du . La culture du thé d'Uji, commencée par le moine Myōe du temple Kōzan-ji durant l'époque de Kamakura (1185-1333), connaît une effervescence durant l'époque de Muromachi après avoir été promu par le Shogunat Tokugawa.

Époque moderne vignette| en 1912, entre Uji (district de Kuse) et Uji (district d'Uji). Dans le registre des villages de l'ère Kyōhō (享保村名帳), entre 1716 et 1736, la répartition du territoire du comté se faisait ainsi : koku sous administration impériale, koku sous administration des monzeki et de la famille impériale, koku sous administration des kuge, des et de la famille impériale, koku sous administration des temples bouddhistes, koku sous administration des hatamoto, koku sous administration du magistrat d' dans la province de Yamato, koku sous administration du magistrat d'Uji et koku sous administration du . Une majorité du territoire est alors administrée soit par la famille impériale, soit par les temples. La production de thé a aussi augmenté, passant de koku durant l'ère Shōhō (1644-1648), puis koku durant l'ère Genroku (1688-1704), à koku produits 51 villages durant l'ère Tenpō (1830-1844). La production de thé d'Uji, apprécié par le Shogunat et les maîtres de la cérémonie du thé japonaise, offrait des privilèges aux cultivateurs. Vers 1835, le maître du thé Uesaka Sei'ichi (上坂 清一), originaire de Kohata, commence à cultiver ce qui est aujourd'hui appelé « gyokuro », et réussi à exporter à l'extérieur du pays plus de  kin de son thé à partir du port de Nagasaki durant les ères Kōka (1844-1848) et Ansei (1854-1860). Uesaka ouvre une plantation dans la province d'Echizen en 1835, et en 1858, diffuse sa méthode de cultivation dans les comtés voisins de Kuse et de Tsuzuki. La production se répand dès la première année de l'ère Man'en (1860) dans les provinces de Mino, Echizen et Ise. La culture du thé et les pratiques de la cérémonie du thé sont enseignées dans les écoles de temple du comté de l'ère Bunsei (1818-1830) jusqu'à la fin du Shogunat en 1868.

Le « » (旧高旧領取調帳), type de registre sur l'état des villages, de la province de Yamashiro, rédigé au début de l'ère Meiji (1868-1912), recense 38 villages et trois bourgs dans le comté d'Uji. L'administration directe du shogunat (Bakufu-ryō) est assurée par le : Type d'administration Nombre de municipalités Noms des municipalités Tenryō 3 bourgs et 19 villages Higashino (東野村), Ōyake (大宅村), ● Misasagi (御陵村), Kitakazan (北花山村), Kamikazan (上花山村), Hinooka (日岡村), Kawata (川田村), Hachiken (八軒町) [bourg], Higechaya (髭茶屋町) [bourg], Chōchin (桃燈町) [bourg], Andō (行燈町) [bourg], Koyama (小山村), Nagitsuji (椥辻村), Otowa (音羽村), Zushioku (厨子奥村), Ueno (上野村), Takehana (竹鼻村), Ōtsuka (大塚村), Kurisuno-shinden (栗栖野新田), ● Shinomiya (四宮村), Nishinoyama (西野山村), Mimuro (三室村) et Shizukawa (志津川村). Monzeki-ryō 9 villages Anshu (安朱村), ● Kanshūji (勧修寺村), ● Ono (小野村), ● Daigo (醍醐村), ● Hino (日野村), ● Sumiyama (炭山村), ● Nishikasatori (西笠取村), ● Higashikasatori (東笠取村) et ● Nino'o (二尾村). Bakufu-ryō 3 villages Seikanji (清閑寺村), Ōyagishima (大八木島) et ● Ikeno'o (池尾村). Kōshitsu-ryō, Monzeki-ryō et Bakufu-ryō (administration conjointe) 1 village Kitaogurisu (北小栗栖村). Kōshitsu-ryō et Monzeki-ryō (administration conjointe) 2 villages Nishino (西野村) et Minamiogurisu (南小栗栖村). Kōshitsu-ryō, Kuge-ryō, Bakufu-ryō et Nyokan-ryō (administration conjointe) 1 village ● (五ケ庄村). Kuge-ryō, Bakufu-ryō et Hatamoto-ryō (administration conjointe) 1 village (木幡村). Monzeki-ryō et Bakufu-ryō (administration conjointe) 1 village Ishida (石田村). Autres administrations 1 village Taihōji (大鳳寺村). Les municipalités précédées de la marque « ● » comprennent aussi des territoires du Jisha-ryō.

Le jour du mois de la  année de l'ère Keiō (), l'entièreté du comté d'Uji est placée sous administration du de Kyoto (京都裁判所). Le jour du mois de la même année (), l'entièreté du comté d'Uji est intégrée dans la nouvelle préfecture de Kyoto. Toujours en 1868, Chōchin est fusionné dans Higechaya. En 1869, la partie ouest du village de Seikanji, qui faisait partie du comté d'Otagi, est jointe avec la partie est et l'entièreté du village fait partie du comté d'Uji. En 1872, Kurisuno-shinden change de statut et devient le village de Kurisuno (栗栖野村). La même année, le comté est intégré dans la sous-préfecture de Yodo (淀支庁), puis est réintégré dans la préfecture de Kyoto après l'abolition de la sous-préfecture l'année suivante. En 1875, les villages de Mimuro et de Taihōji fusionnent pour créer le village d' (菟道村). L'année suivante, Ōyagishima est fusionné dans le village de Gokashō.