Ibrahim al-Munzer ou Ibrahim al-Moundhir, (en arabe: إبراهيم المنذر), né le à al-Mouhayditha, à Bikfaya (Mont-Liban, entité qui a précédé le Liban actuel) et mort le dans la même villeآل منذر était un érudit de la langue arabe, un poète, un journaliste, un militant politique et un député au Parlement libanais.

Connu sous le nom d’Abou Salah, est Ibrahim Mikhaïl al-Munzer, issu de la famille des Banî al-Ma‘louf, une famille descendante de la tribu ghassanide arabe renommée. Sa famille bénéficiait d’un statut important à l’époque des émirs Ma‘niyînz

Biographie Il naît en 1875 dans le village de al-Mouhayditha, à Bikfaya, dans la Caza du Metn. Il étudie d’abord dans l’école de son village, puis à l’école de Qornet Chahouane, où il apprend les bases des langues arabe et française ainsi que des notions d’anglais. Il en sort diplômé en 1890 et y devient enseignant. Il consacra la majeure partie de sa vie à l’éducation.

En 1910, il fonde l’école « al-Boustan », une école réputée qui sera fermée durant la Première Guerre mondiale. Elle fonctionnait comme pensionnat et externat. De nombreux intellectuels libanais en sont issus.

Il étudie également le droit et préside plusieurs tribunaux. Il est élu député de Beyrouth en 1922 et y siège durant vingt ans. Parallèlement, il travaille dans la presse et préside plusieurs associations. Il milite contre l’Empire ottoman, contre les autorités de la mutasarrifiya et contre le mandat français. Parmi ses positions les plus importantes : l’abolition du confessionnalisme, la libération des femmes, la défense de la constitution, le service militaire obligatoire, la promotion de la littérature, de la langue arabe, des sciences et des beaux-arts.

Il fut membre de l’Académie de la langue arabe à Damas ainsi que du Conseil scientifique libanais. Il est également nommé au Conseil supérieur de l’éducation du Liban et de la Syrie. Pendant plusieurs années, il préside les jurys des examens officiels du ministère de l’Instruction publique pour les étudiants en lettres et en philosophieIbrahim al-Munzer, dictionnaire al-Babtain .

Style et éloquence Sa personnalité est marquée par une polyvalence linguistique, littéraire, politique, éducative et sociale. Ibrahim al-Munzer était connu pour sa grande éloquence, tant en discours qu’en écriture. Maître de la langue arabe dans ses subtilités et ses secrets, il est l’auteur de Kitâb al-Munzer fî ‘atharât al-aqlâm wa-mufradât al-lugha al-‘arabiyya.

Il était également réputé pour son goût sûr et sa simplicité stylistique. Il prônait une langue arabe modernisée mais respectueuse de ses fondements. À son sujet, Amine Nakhlé écrivit :

Doté d’une mémoire exceptionnelle et d’un esprit vif, il trouvait immédiatement la référence linguistique adéquate. Amateur de musique et d’arts, il éleva la politique au niveau de la littérature et des arts. Son objectif principal était de former la jeunesse libanaise en lui transmettant un savoir vaste, une littérature élevée et une morale raffinée.

En 1948, un festival fut organisé pour célébrer les cinquante ans de sa carrière littéraire. De grands poètes comme El-Akhtal al-Saghir et Raïf Khoury l’honorèrent par des poèmes. Il reçut l’ordre du Mérite de l’Instruction publique et fut célébré au Liban comme à l’étranger.

Œuvres poétiques Il a écrit plus d’une centaine de poèmes en arabe littéraireDīwān Ibrahim Munzer, encyclopédie mondiale de la poésie arabe , ainsi que deux recueils : « Dīwān al-Munzer » et « Shi‘r ». L’un de ses poèmes les plus célèbres est Le Cœur de la mère.

Mort et héritage Ibrahim al-Munzer meurt à l’âge de 75 ans, le , à l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth à la suite d’une opération chirurgicale. Il reçoit un hommage posthume, puis en 1972, son portrait est accroché dans la grande salle de la Bibliothèque nationale du Liban auprès de grandes figures libanaises.

En 2009, à l’occasion de la nomination de Beyrouth comme Capitale mondiale du livre, un hommage lui est rendu au palais de l’Unesco, en présence de grands poètes libanais tels que Munif Salim Moussa, Asaad al-Sakkaf, Georges Chakkour, Amine Zaidan, Joseph Mfarrej et Ghaleb Ghanem. Il reçut également la médaille d'or de l’Instruction publique à titre posthume.

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Références

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