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(en français : « Peinture italienne aujourd'hui ») est une exposition collective consacrée à la peinture contemporaine italienne, présentée à la Triennale de Milan du au . Sous le commissariat de Damiano Gullì et avec une scénographie du studio d'Italo Rota, elle réunit 120 artistes italiens nés entre 1960 et 2000, chacun représenté par une œuvre réalisée entre 2020 et 2023. Elle est également présentée sous le titre anglais .

Organisée dans le cadre du centenaire de la Triennale, l'exposition ne propose pas de manifeste stylistique unifié mais restitue la pluralité des recherches picturales italiennes récentes. La critique spécialisée italienne se partage entre reconnaissance de son ambition panoramique et réserves sur l'ampleur de la sélection comme sur la lisibilité du parcours.

À partir de 2025, une version resserrée consacrée à la scène émergente circule en Amérique latine, à Buenos Aires, Brasilia et Rio de Janeiro, dans le cadre d'un programme porté par le ministère italien des Affaires étrangères.

Contexte

s'inscrit dans un débat plus large sur le retour de la peinture en Italie, après plusieurs décennies dominées par l'installation, l'art vidéo et la performance.

Le titre reprend celui d'un ouvrage collectif publié en 1975 par Multhipla et Giancarlo Politi, qui documentait les recherches picturales post-informel. Un demi-siècle plus tard, l'exposition interroge la vitalité du médium au début des années 2020, période que Surface Magazine et Collater.al décrivent comme marquée par un regain d'intérêt pour la figuration et les expérimentations matérielles, qu'ils rattachent à la saturation numérique et à la pandémie de Covid-19.

Contrairement aux expositions programmatiques associées à la Transavant-garde dans les années 1980, la manifestation refuse tout manifeste stylistique et assume la fragmentation des recherches individuelles.

Le choix du lieu renvoie enfin à l'histoire de l'institution : depuis son transfert de Monza au Palazzo dell'Arte en 1933, la Triennale a présenté des peintres tels que Massimo Campigli, Carlo Carrà, Giorgio de Chirico, Achille Funi, Gino Severini et Mario Sironi.

Genèse

Le projet naît du travail de Damiano Gullì, conservateur pour l'art contemporain et le programme public de la Triennale, qui avait auparavant consacré une série d'entretiens aux peintres italiens. La scénographie est confiée au studio d'Italo Rota.

L'exposition est accompagnée d'un comité d'honneur réunissant Hans Ulrich Obrist, directeur artistique des Serpentine Galleries, Francesco Bonami et Suzanne Hudson.

Scénographie

vignette|redresse=1.4|Vue de l'exposition : de gauche à droite, œuvres de Pietro Ruffo, Pietro Roccasalva et Guglielmo Castelli.

Le projet d'aménagement est confié au Studio Italo Rota, associé pour l'occasion à Alessandro Pedretti. Il repose sur un système modulaire ouvert, dit , formé de panneaux multifonctions au sein desquels le visiteur circule librement.

Les œuvres n'y sont pas classées selon des critères chronologiques mais rapprochées selon ce que le commissaire décrit comme un jeu combinatoire dynamique, ménageant des glissements continus de la figuration vers l'abstraction et réciproquement, afin de souligner le caractère poreux et parfois interchangeable de ces deux pôles. Le dispositif laisse au visiteur la liberté de composer son propre parcours entre les modules. Il permet également à certains artistes de dialoguer avec l'espace de la Triennale en réalisant des œuvres et des peintures murales.

Flash Art décrit le dispositif comme biocompatible et remodulable. Selon l'entreprise chargée de sa réalisation, il a été conçu selon des critères de réduction de la matière employée et d'absence de matériaux de finition.

La scénographie se réfère explicitement à deux précédents de l'institution : les expositions de peinture murale organisées au Palazzo dell'Arte à partir de 1933 et l'aménagement conçu par Luciano Baldessari pour la neuvième Exposition internationale de 1951.

Parcours et tendances

Le parcours ne suit pas de découpage chronologique rigide. Parmi les 120 artistes réunis figurent des artistes établis de la scène italienne, tels qu'Enrico David, Stefano Arienti, Iva Lulashi, Patrizio Di Massimo, Pietro Roccasalva ou le duo Vedovamazzei, aux côtés d'artistes émergents.

Centralité du corps et nouvelle figuration

Une part des œuvres témoigne d'un retour à la peinture figurative, avec une attention portée à la représentation du corps. Ces figures, traitées dans des registres contrastés — du réalisme de Nicola Verlato aux compositions symboliques de Luigi Presicce —, privilégient une narration émotionnelle ou onirique.

Dialogue avec l'histoire

Plusieurs artistes réinterprètent les codes de l'histoire de l'art italien. Ce dialogue convoque des sources hétérogènes, des fresques de Giotto aux tapisseries médiévales, jusqu'aux influences de Gerhard Richter. Andrea Chiesi revisite les ruines industrielles, tandis que Pietro Roccasalva construit des récits mêlant références anciennes et contemporaines.

Hybridation des styles

L'exposition documente l'effacement des frontières entre abstraction et figuration, avec des techniques qui intègrent des éléments d'installation ou de matière brute. Les stratifications de Maria Morganti ou les textures de Giulia Mangoni illustrent cette porosité, où le tableau tend vers l'objet tridimensionnel.

Réception critique

L'exposition suscite des réactions contrastées dans la presse spécialisée. Dans Critique d'art, Fanny Drugeon relève qu'elle intervient au terme de plusieurs décennies de discours sur la crise ou la fin de la peinture, et rapporte le jugement du critique Luca Beatrice, qui défend une manifestation qu'il juge nécessaire à la scène artistique italienne.

Juliet Art Magazine y voit une tentative de cartographier les générations à l'œuvre, tout en relevant que la restriction au seul médium pictural ouvre elle-même le débat. Collater.al insiste sur la portée multigénérationnelle du projet et sur le parti pris de ne retenir que des œuvres réalisées entre 2020 et 2023. ArteIN compare les panneaux multifonctions de la scénographie à la portée d'une partition soutenant les lignes mélodiques de la peinture, et l'expérience à la traversée d'une bibliothèque du présent.

Les réserves portent sur l'ampleur de la sélection et sur la lisibilité du parcours. Dans , Franco Fanelli estime que le recensement est trop généreux et qu'une proportion non négligeable d'œuvres dessert l'ensemble, au détriment des pièces les plus intéressantes. compare le parcours à un carnet d'esquisses plutôt qu'à une cartographie construite, et discute certaines inclusions et exclusions. Segnonline juge le cheminement tortueux et peu clair, tout en concluant à la bonne santé de la peinture italienne ; le compte rendu relaie l'interrogation formulée dans le catalogue même par le critique Davide Ferri, qui se demandait comment sortir vivant d'une exposition de cette ampleur. Flash Art relève de son côté que les artistes, invités à ne présenter que des œuvres des années 2020-2023, apparaissent plongés dans une sorte d'éternel présent.

La presse internationale, notamment Wallpaper et Surface Magazine, relève l'ambition du projet.

Catalogue

Le catalogue, publié par Electa, réunit un texte du commissaire et des essais de Marilia Pederbelli sur la peinture murale à la Triennale entre 1933 et 1960, de Laura Cherubini et Andrea Villani sur la peinture italienne de 1959 à 1979, de Suzanne Hudson, de Davide Ferri et de Francesco Bonami, ainsi qu'une conversation entre Katharina Grosse et Hans Ulrich Obrist modérée par Larissa Kikol.

Itinérance internationale

À partir de 2025, l'exposition connaît des déclinaisons internationales resserrées sous le titre . Conçues par la Triennale et promues par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, elles se concentrent sur la scène émergente et réunissent des artistes nés entre 1990 et les années 2000.

L'artiste italo-brésilienne Giulia Mangoni, également présente dans l'exposition milanaise, réalise une œuvre pour chacune des étapes.

Buenos Aires

vignette|Vue de l'exposition , Buenos Aires, Palacio Libertad, 2025.

Une version espagnole, , inaugure l'itinérance du au au Palacio Libertad, en collaboration avec la Triennale, le ministère italien des Affaires étrangères, l'ambassade d'Italie et l'Institut culturel italien de Buenos Aires. Le quotidien La Nación présente cette édition comme la découverte d'une nouvelle génération de peintres italiens.

Brasilia

La deuxième étape, en portugais sous le titre , se tient du au au Musée national de la République de Brasilia, en collaboration avec l'ambassade d'Italie et le secrétariat à la Culture du district fédéral.

Rio de Janeiro

La troisième étape se déroule du au au Polo Cultural ItaliaNoRio, à l'initiative de la Triennale, du consulat général d'Italie et de l'Institut culturel italien de Rio de Janeiro. L'accrochage réunit vingt-sept artistes et l'entrée en est libre.

Notes et références

Annexes

Catalogue de l'exposition

, préface de Stefano Boeri et Pierpaolo Piccioli.

Articles connexes

Triennale de Milan Damiano Gullì Italo Rota Peinture italienne

Liens externes

Page de l'exposition sur le site de la Triennale Milano Reportage vidéo de Rai Cultura Entretien avec le commissaire Damiano Gullì sur ATP Diary

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