La Confédération de Madagascar est une entité politique éphémère proclamée en 2002 pendant la crise politique qui a suivi l'élection présidentielle de 2001. Elle regroupait les provinces d'Antsiranana, de Fianarantsoa, de Mahajanga, de Toamasina et de Toliara, sous la direction de l'ancien président Didier Ratsiraka.

Cette confédération est née du refus des partisans de Ratsiraka de reconnaître la victoire de son rival, Marc Ravalomanana, à l'élection présidentielle. La première province à faire sécession fut celle d'Antsiranana, dont le gouverneur Jean Robert Gara, proche du président sortant Ratsiraka, proclama sa province « État souverain » le .

Histoire

Contexte La crise politique de 2002 trouve son origine dans la contestation des résultats de l'élection présidentielle de . Après que Marc Ravalomanana se fut déclaré président le , Didier Ratsiraka s'enfuit à Toamasina et, le , cinq des six gouverneurs provinciaux signèrent un accord pour maintenir le blocus d'Antananarivo, privant ainsi la capitale des importations de pétrole et de nourriture, et désignant Toamasina comme la nouvelle capitale du pays..

Déroulement Le , jour de déclaration publique d'indépendance de la province de Tamatave, un pont entre le port de Manakara et Fianarantsoa fut dynamité, alors qu'une mission de l'OUA post-accord de Dakar y était présente. D'autres dynamitages furent perpétrés à la veille de la deuxième investiture de Marc Ravalomanana, visant les ponts de Behenjy et de Marovola, coupant tous les contacts routiers entre Antananarivo et les ports à hydrocarbures de la côte est.

Pour les sécessionnistes, le principal enjeu restait un pouvoir territorialisé avec la maîtrise de pôles économiques régionaux stratégiques. Les positions séparatistes se situaient entre fédération et confédération.

Le , Ratsiraka et sa famille immédiate s'envolèrent pour Paris en France avec pour objectif déclaré d'y passer plusieurs jours avant la reprise des négociations.. Malgré ses protestations selon lesquelles il reviendrait bientôt dans le pays, le voyage de Ratsiraka joua sur le moral de ses partisans, et les troupes de Ravalomanana purent lever plusieurs barricades clés, rouvrant ainsi la capitale aux approvisionnements vitaux.. Ratsiraka retourna à Madagascar le , mais la marée tournait rapidement contre lui.. Les États-Unis reconnurent le gouvernement de Ravalomanana le et lui donnèrent le contrôle des avoirs en devises de Madagascar détenus par la Réserve fédérale.. Le , la France emboîta le pas.., et Ratsiraka fuit Madagascar pour les Seychelles le ...

Le , Didier Ratsiraka fuit Madagascar pour les Seychelles et Toamasina est déclarée « ville ouverte ». Le , les forces armées fidèles à Ravalomanana prennent le contrôle de Toamasina sans résistance. Le , la Confédération capitule officiellement, mettant fin à cette tentative de sécession qui aura duré quatre mois..

Politique et administration

Organisation L’État sécessionniste instaura un régime de nature fédérale, dans lequel chaque province était placée sous l’autorité d’un Gouverneur élu, secondé par un Gouverneur militaire. La capitale de cette entité était établie à Toamasina. Par ailleurs, Léon Claude Raveloarison, nommé Gouverneur militaire d’Antananarivo — une province ne faisant pas partie de la confédération — présenta sa démission peu après sa désignation.

Financement Didier Ratsiraka autorisa explicitement cette confédération à s'autofinancer via les recettes douanières des ports qu'elle contrôlait. Les principales sources de revenus provenaient des ports de Toamasina, Mahajanga, Antsiranana et Toliara, qui assuraient l'essentiel du commerce extérieur malgache.

Le contrôle des ports stratégiques permettait aux sécessionnistes de percevoir des « péages » sur les marchandises transitant. À Vohibinany, par exemple, les passagers et les produits passaient moyennant paiement, créant ainsi un système de financement parallèle pour la confédération.

Stratégies territoriales

La crise barragiste a rompu de part en part la continuité territoriale de Madagascar. Les partisans de Ratsiraka ont développé une stratégie de protectionnisme territorial et portuaire, verrouillant les voies de communication principales et contrôlant les infrastructures stratégiques.

Le barrage de Vohibinany fut présenté comme une frontière politico-ethnique entre Antananarivo et les provinces, les Merina et les Côtiers. Ce « barrage pétrolier » fonctionnait en blocus économique quasi imperméable, coupant le principal accès d'Antananarivo au pétrole débarqué et raffiné à Tamatave.

Dans le sud, les principaux barrages ratsirakistes se situaient au niveau des mines de saphir d'Ilakaka, sur l'axe goudronné de la Route nationale 7 reliant Antananarivo à Tuléar. Le port de Diégo-Suarez, avant tout militaire, représentait un autre atout maître pour les ratsirakistes dans cette logique de « border land portuaire ». Voir aussi Crise politique malgache de 2002 Didier Ratsiraka Marc Ravalomanana Provinces de Madagascar

Références

Catégorie:2002 à Madagascar Catégorie:Histoire de Madagascar