La conférence d'Antalya de 2026 sur les changements climatiques, ou COP31, est une conférence internationale organisée par l'Organisation des Nations unies qui se déroule du 9 au à Antalya. Celle-ci a la particularité de se dérouler géographiquement en Turquie, avec une gouvernance Australienne basée à Canberra. Elle est la (d'où son acronyme) et réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Organisation

Date et lieu L'organisation d'une COP est tournante selon les blocs géographiques des Nations unies.

Réunions préparatoires

Conférence technique sur le climat 18 sommet des BRICS Rencontre des chefs de délégation Pré‑COP31

Défis et controverse liées à l'organisation

Participants

Nombre de délégués inscrits Nombre d'observateurs Représentants du secteur des énergies fossiles Absence des États-Unis à la COP31 Les États-Unis, ayant adopté un positionnement climatosceptique et décidé de se retirer de l'Accord de Paris, un retrait qui prend effet le , n'ont pas envoyé de délégation officielle. Néanmoins plus d’une centaine de responsables américains locaux, gouverneurs, maires et autres élus engagés participent à la conférence.

Sous la présidence de Donald Trump, le pays a affiché un soutien franc aux énergies fossiles — et un mépris pour la lutte contre le changement climatique — tout en cherchant à perturber les actions.

État du climat en 2026

État des émissions de gaz à effet de serre en 2026 De nombreux rapports, études ou analyses réalisés par les organisations internationales qui font référence en la matière (PNUE, OMM, AIE,…) ont été publiés avant la COP. Ces publications alertent toutes sur la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent à augmenter, et sur le fait que la fenêtre d'opportunité pour limiter le réchauffement à + est en train de se refermer.

Édition 2026 du rapport annuel du PNUE Selon le dix-septième « Emissions Gap Report »,..

Bulletin GES 2026 de l'OMM L'édition 2026 du bulletin GES de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les concentrations atmosphériques des trois principaux GES persistants (à longue durée de vie) est publiée,...

Contexte et enjeux

Contexte géopolitique international

États-Unis Europe Chine Affirmation d'un Sud global La COP31 se déroule dans un contexte où le « Sud global » s’affirme de plus en plus comme bloc politique structuré. Les pays émergents revendiquent un rôle renforcé dans la gouvernance climatique, appuyés par la Chine, qui se présente comme partenaire stratégique des économies en développement. La Chine utilise son statut hybride de puissance industrielle mais toujours classée comme « pays en développement » dans la CCNUCC pour fédérer les pays émergents derrière ses intérêts.

Contexte économique mondial et crises récentes Le contexte économique global dans lequel se tient la COP31 est marqué par une accumulation de crises (croissance atone, inflation persistante, endettement croissant) qui limitent les marges de manœuvre des États, compliquent la mobilisation de financements pour la transition et aggravent les tensions autochtones face aux urgences climatiques et environnementales.

Une économie mondiale ralentie et fragmentée La croissance mondiale reste modeste.

Inflation énergétique et tensions sur les marchés mondiaux Les coûts de l’énergie et des matières premières restent élevés ou volatils, ce qui impacte les budgets publics et la compétitivité des industries.

Endettement massif des pays en développement : un frein majeur à la transition Les pays en développement sont aux prises avec un endettement élevé ou croissant, ce qui limite leur capacité à investir dans l’adaptation et la transition bas-carbone.

Retour du sécuritaire et du nationalisme économique La montée des préoccupations liées à la souveraineté énergétique, à la sécurité géopolitique et industrielle a renforcé les priorités nationales au détriment parfois des ambitions climatiques internationales.

Paradoxe Enjeux Contributions déterminées au niveau national et bilan mondial

CDN 3.0 (2025-2030)

Cadre général de l’Accord de Paris L'accord de Paris sur le climat prévoit que chaque Partie « prépare, communique et mette en oeuvre » des contributions déterminées au niveau national (CDN), et que chaque CDN représente une progression par rapport à la précédente et reflète « la plus haute ambition possible ». Ces contributions sont communiquées tous les cinq ans (ou mises à jour tous les cinq ans) à compter de 2020. L’Accord introduit également un mécanisme de « bilan mondial » (Global Stocktake) tous les cinq ans, pour évaluer collectivement les progrès vers les objectifs à long terme (limiter le réchauffement bien en-dessous de 2 °C, viser 1,5 °C) et informer la préparation des CDN suivantes... Trois générations de CDN sont différenciées :

CDN 1.0 (2015-2020) : les toutes premières NDC soumises après l'Accord de Paris, souvent qualitatives, pas toujours alignées sur 1,5 °C. Peu de données, peu de plans de mise en œuvre. CDN 2.0 (2020-2025) : Les CDN révisées avant et après la COP26/COP28. Il est alors question de multiplier par trois le niveau d’ambition des CDN existantes pour respecter les 2°C.. Un premier rapport de synthèse des NDC-2 soumises est publié le par le Secrétariat de la CCNUCC et montre que l'effort est encore insuffisant. Il ressort que si les CDN sont intégralement mises en oeuvre, les niveaux d'émissions totales de GES devraient s'élever à 53,2 (52,3-54,2) Gt éq. en 2025 et à 52,0 (50,7-53,3) Gt éq. en 2030. Ce niveau de 2030 reste supérieur de 10,0 (7,2-12,8) % à celui de 2010, mais il représente une baisse de 0,9 % par rapport au niveau de 2019 (variant de 3,4 % à 1,7 %). Cela signifie que les émissions mondiales de GES pourraient atteindre leur pic avant 2030 mais devrait être supérieur de 26,7 (23,8-30,3) Gt éq. CO2 au niveau des émissions dans les scénarios de 1,5 °C avec dépassement limité.. Ainsi les CDN 2.0 mèneraient à une légère baisse de -0,3 % des émissions de GES entre 2019 et 2030, très loin des -43 % nécessaires pour l’objectif de +1,5 °C..

CDN 3.0 (2025-2030) : Ce sont les CDN à soumettre après le Bilan mondial (Global Stocktake 2023),..

Point sur les CDN 3.0 Cas de l'Inde Cas de l'Europe Bilan mondial de l'action climat

Bilan mondial GST-1 (2023) Depuis l'Accord de paris, l'article 14 prévoit un bilan mondial quinquennale (Global StockTake). Celui-ci sert à évaluer les avancées collectives, par rapport aux objectifs fixés par la COP21, en vue de la mise sur pied de nouvelles contributions nationales et afin de respecter les engagements, juridiquement contraignant, pris par les parties..

Le bilan mondial est composé de trois éléments : collecte et traitement d’informations, évaluation technique (il s'agit de dresser un bilan de la mise en œuvre de l’Accord de Paris pour évaluer, d’une part, les progrès collectifs vers la réalisation des objectifs à long terme de l’Accord et, d’autre part, les possibilités de renforcer l’action et le soutien) et volet politique (au vu du constat, renforcement des objectifs, actions et soutien au niveau national et, d’autre part, de renforcement de la coopération internationale en faveur de l’action climat).

Trois domaines thématiques sont développés : atténuation, adaptation et pertes et préjudices, moyens de mise en œuvre (soutien financier, transfert de technologies, renforcement des capacités). Dans le rapport de synthèse du GST-1, publié en , 17 messages clés sont mis en avant, dont le fait que les émissions mondiales de GES ne sont pas en phase avec les trajectoires modélisées d’émission compatibles avec les objectifs de +2°C ou de +1,5°C fixés par l’article 2 de l’Accord de Paris et qu'il faut faire preuve de beaucoup plus d’ambition en termes d’action climat et de soutien, en mettant en œuvre des mesures d’atténuation nationales et en fixant des objectifs plus ambitieux dans les CDN afin de réduire les émissions mondiales de GES de 43 % entre 2023 et 2030 et de 60 % entre 2023 et 2035, par rapport aux niveaux de 2019, et d’atteindre la neutralité carbone (zéro émission nette de CO2) d’ici 2050 au niveau mondial..

Prise en compte du GST-1 dans les CDN 3.0 et suite à donner (2026) Financement climatique

Aide aux pays en développement

Bilan 2013-2022 : objectif de 100 Md US$ dépassé pour la première fois en 2022 A Copenhague en 2009, un accord sur objectif a été trouvé par les pays industrialisés lors de la COP15. Les parties se sont engagées à mettre annuellement à disposition , provenant de fonds publiques ou privés, dans le cadre de l'atténuation et de l'adaptation, en réponse aux besoins des pays en développement qui subissent des conséquences climatique auxquels ils ne participent que de façon très modéré. D'après la septième évaluation basée sur le rapport de 2024 de l'OCDE, l'objectif initial a été atteint, avec , page 7.., mais avec deux années de retard. Ce dépassement a significativement amoindri la confiance des pays économiquement moins développés envers leurs homologues plus fortunés..

Besoins mondiaux : 3 200 Md$ par an d’ici 2035 Le , le Groupe d’experts indépendants de haut niveau sur le financement climat (Independent High-Level Expert Group on Climate Finance ou IHLEG) présente son rapport sur le financement climat, qui s’intitule : « Delivering an integrated climate finance agenda in support of the Baku to Belém roadmap to 1.3 T » (« Mettre en œuvre une stratégie intégrée en matière de financement climat en appui à la feuille de route de Bakou à Belém vers la réalisation de l’objectif de 1 300 Md$/an d’ici 2035 »).. Ce rapport met en avant que le monde est confronté à un défi d'investissement sans précédent – et à une opportunité historique – pour stimuler une croissance durable et inclusive, renforcer la résilience, protéger la nature et atteindre les objectifs climatiques. Les investissements mondiaux dans le domaine du climat devront atteindre environ 6 500 milliards de dollars par an d'ici 2030, et 7 500 milliards de dollars d'ici 2035. Les marchés émergents et aux économies en développement (EMDEs) (à l'exception de la Chine), où la croissance potentielle des émissions futures est la plus forte et la vulnérabilité aux impacts climatiques la plus aiguë, nécessiteront un flux d'investissements annuel d'environ de dollars d'ici 2030 et de d'ici 2035..

Les par an d’ici 2035 correspondent à des investissements dans cinq domaines d’action interdépendants qui, ensemble, constituent une stratégie mondiale d’action pour le climat, dans le cadre d’une stratégie globale de développement durable et de réduction de la pauvreté. :

Transition vers les énergies propres () : développement des énergies renouvelables et autres énergies bas-carbone, des réseaux électriques, du stockage et des carburants ; Adaptation et résilience () : renforcer les infrastructures, l’agriculture et les systèmes de santé pour résister aux chocs climatiques ; Pertes et préjudices () : faire face aux impacts climatiques inévitables et aux besoins de reconstruction ; Capital naturel () : préserver les forêts, les sols, les systèmes hydrologiques et la biodiversité ; Transition juste () : veiller à ce que l’action climat crée des opportunités équitables pour les travailleurs et les communautés.

Le rapport conclut qu’environ 60 % de ces par an d’ici 2035 pourraient être financés en interne, ce qui signifie que de financement externe seront nécessaires chaque année. Environ la moitié de ces 1 300 Md$ pourrait provenir de sources privées, le reste provenant de flux multilatéraux, bilatéraux et concessionnels. Atteindre l’objectif de représenterait une multiplication par sept des niveaux actuels de financement climat, qui s’élèvent à environ 190 Md$ en 2022.

Feuille de route « Belém to Antalya Roadmap to 1.3T »

Marchés du carbone et Article 6 de l’Accord de Paris