Jude Chehab, (en , née à Rochester, New York, est une réalisatrice et productrice de films documentaires libano-américaine, connue pour son film Q, qui retrace le parcours des femmes de sa famille dans le mouvement religieux secret et matriarcal Qubaysiyyat. Son travail cinématographique est engagé sur des thèmes sensibles comme la foi, les abus de la dévotion spirituelle, et les dynamiques familiales intergénérationnelles.

Biographie Jude Chehab naît à Rochester, New York, et grandit à Tallahassee en Floride. Elle déménage à Beyrouth avec sa famille à l'âge de dix ans. Elle commence à filmer avec une caméra à l'âge de quinze ans, avant d'entamer des études de cinéma à l'université de Tampa. Elle est influencée par des cinéastes comme Nacer Khemir, Majid Majidi et Mohsen Makhmalbaf. Jude Chehab a participé à une formation à Cuba avec le dernier groupe d'étudiants du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.

Carrière cinématographique Elle collabore notamment avec la BBC, Hot Docs, Refinery29 et Oxfam. Elle a travaillé comme directrice de la photographie au niveau international, sur des films en Somalie, au Soudan et au Pakistan, et a été productrice associée de l'émission de Sesame Street, pour les réfugiés syriens.

Chehab a réalisé plusieurs courts et longs métrages documentaires présentés dans des festivals régionaux et internationaux. Son premier long métrage documentaire, Q (en arabe : ق), a été projeté dans plusieurs festivals et a suscité l’intérêt de la presse arabe.

Q, documentaire sur le mouvement Qubayissat Elle tourne un premier film documentaire intitulé Q (en arabe : ق), qui retrace l'engagement sur trois générations de femmes de sa famille libanaise dans l'organisation religieuse féminine et soufie Qubayissatالشرق الأوسط – « «ق» تجربة وثائقية ذاتية ».. L'organisation est soutenue publiquement par le régime de Bachar el-Assad en Syrie. Le film s’appuie sur les journaux personnels, les archives familiales et les témoignages filmés de la mère et de la grand-mère de la réalisatriceMetropolis Cinema – صفحة الفيلم « ق ».. Il explore les questions de la foi, l'autorité spirituelle et la loyauté envers l'organisation. En parallèle, à travers la description des relations intimes nouées à travers trois générations de femmes qui se sont vouées à ce culte religieux, il en examine l'impact émotionnel sur leurs vies. Jude Chehab choisit une approche poétique et émotionnelle plutôt qu'historique et factuelle, pour mettre en lumière les liens inexprimés, la loyauté, et les conséquences d’une dévotion extrême dans un contexte familial intime. Sans juger ni condamner la foi et l'engagement des protagonistes du film, Chehab interroge les frontières mouvantes entre amour, dévotion, rupture et perte de soi.

Le personnage central du film, Hiba Khodr, la mère de Jude est une universitaire musulmane pratiquante, qui a mis de côté ses études et sa carrière de médecine pour rejoindre le mouvement Qubayissat. Elle porte comme les autres initiées un hijab blanc et comme les autres membres, voue un amour inconditionnel à la fondatrice du mouvement, Munira al-Qubaysi (Anisa). Jude Chehab filme avec empathie les conséquences de l'engagement religieux de Hiba dans sa famille. Le film débute juste après son exclusion et ostracisation du mouvement par Anisa, ce qui lui cause une vive souffrance. Le tournage du film a pris plusieurs années, Jude Chehab s'attachant à filmer sa mère relisant des entrées de son journal intime, des poèmes d'amour spirituel adressés à Anisa, afin de comprendre la nature de son attachement à cette communauté religieuse.

Jude Chehab indique que son objectif n'était pas d'en faire un film sur une secte religieuse, même si elle en décrit le culte de la personnalité voué à sa fondatrice, sa culture du secret et l'emphase autour de la spiritualité extatique. Elle s'est attachée à décrire en tentant de rester dans le respect et l'objectivité, l'utilisation abusive de la dévotion par des personnes en situation de pouvoir. Le drame décrit dans le film est constitué par le fait de savoir que c'est notre désir d'être aimées qui peut être la cause de la plus grande souffrance dans nos vies.

Réception critique de Q Q a été présenté dans des festivals arabes et internationaux, notamment dans la programmation documentaire du Festival d’El Gouna et d’autres manifestations relevées dans la presse arabeكتالوج مهرجان الجونة السينمائي – برنامج الأفلام الوثائقية..

Le film remporte le prix Albert Maysles de la meilleure nouvelle réalisatrice de documentaire à Tribeca et le Grand prix du jury du meilleur premier long métrage à . Il est également primé dans la catégorie documentaire au festival du film d'Amman. Il figure dans la liste des meilleurs documentaires de l'année 2024 du magazine Vogue. Il reçoit également un prix Spotlight Award lors de la .

Autres activités Elle exprime des critiques sur le film Jihad Rehab, regrettant l'utilisation du terme même de jihad, qui est mal interprété dans le monde occidental, alors qu'il signifie littéralement « lutte » ou « effort », d'une personne pour mener une vie conforme aux principes de la foi musulmane. Elle pense aussi qu'il promeut une forme de victimisation des protagonistes, d'islamophobie et de racisme en présentant les Arabes et musulmans comme de potentiels criminels.

En 2024 elle est lauréate du Pillars Fund, et reçoit ainsi qu'une expertise destinée à promouvoir sa carrière comme cinéaste musulmane. Elle reçoit la même année une bourse Guggemheim.

Son court métrage est seléctionné pour le prix du Conservation Film Fest 2024. Il décrit l'utilisation de l'énergie solaire dans un village au Liban pour pallier les coupures régulières de courant électrique.

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