Tonino Milite, né le à Tirana et mort le à Milan, est un peintre, poète et illustrateur italien. Formé à l’Académie des beaux-arts de Brera, il devient dans les années 1970 l’élève puis le collaborateur du designer Bruno Munari. En 1981, il conçoit une version du drapeau arc-en-ciel de la paix, dont la presse italienne lui attribue par la suite la paternité. Son œuvre picturale, exposée notamment à la Triennale de Milan et au MART de Rovereto, s’accompagne de plusieurs recueils de poèmes publiés chez Mondadori. En 1984, il épouse Gemma Capra, dont il élève les enfants nés d’un premier mariage.

Biographie

Jeunesse et formation Tonino Milite naît à Tirana, où son père se trouve alors pour raisons professionnelles ; sa famille est originaire de Lucques, en Toscane. Il évoque une jeunesse marquée par les difficultés traversées par les siens, son père ayant été soumis au travail forcé. Il effectue ses études artistiques à Lucques avant de s’installer à Milan pour intégrer l’Académie des beaux-arts de Brera.

Carrière Selon son propre récit, c’est en se présentant chez Bruno Munari avec une quinzaine de toiles encadrées, dont il remplit l’ascenseur de l’immeuble, qu’il obtient sa première reconnaissance comme peintre et devient son élève puis son collaborateur. Il travaille comme illustrateur à partir des années 1970. En 1980, il présente à la galerie du Buratto, au Teatro Verdi de Milan, , consacrée à des jouets conçus à partir de cartons de lait à l’intention des enfants. En 1981, il conçoit une version du drapeau arc-en-ciel de la paix, que plusieurs médias italiens lui attribuent par la suite. Dans les années 1980, il enseigne dans une école élémentaire de Milan, où il réalise avec ses élèves des installations artistiques présentées dans l’établissement et dans d’autres lieux de la ville, puis enseigne la technique de l’illustration dans une école supérieure d’art milanaise.

Vie privée En 1984, Tonino Milite épouse Gemma Capra, veuve du commissaire Luigi Calabresi, assassiné en 1972 ; il élève les trois fils de celle-ci, dont le journaliste Mario Calabresi, et le couple a un fils, Huber. Mario Calabresi reprend un vers de Milite pour le titre d’un de ses ouvrages consacrés aux victimes du terrorisme. Milite explique avoir conçu le drapeau de la paix après avoir constaté, lors d’une manifestation à laquelle il assiste avec son beau-fils, l’absence d’un symbole commun aux mouvements opposés à la guerre.

Tonino Milite meurt le à Milan. Ses obsèques se déroulent en la paroisse de la piazza Esquilino, à Milan, en présence de son épouse et de ses fils.

Œuvre

Peinture Sa peinture évolue d’un registre proche de l’hyperréalisme et du pop art, dans des compositions qu’il nomme les , vers des œuvres fondées sur un trait lumineux, les et les , peuplées de personnages qu’il désigne comme des . Dans ses travaux les plus récents, les , il développe un surréalisme ironique organisé autour de figures tantôt monumentales, tantôt miniatures, sur fond de ciel infini. Sa manière n’est pas conventionnelle : il utilise la couleur pour susciter des émotions et des sensations particulières, dans un univers à mi-chemin entre réalité et fantaisie, et travaille l’huile, la tempera et l’acrylique sur toile.

Poésie Milite publie quatre recueils de poèmes entre 1997 et 2011 (voir Publications ci-dessous).

Expositions À partir de 1980, Tonino Milite expose régulièrement en Italie : 1980 : , galerie du Buratto, Teatro Verdi, Milan. 14 avril 2005 : Ellequadro Documenti. 17 septembre – 29 octobre 2006 : galerie du Premio Suzzara, ex Casa del Popolo. 17–29 mai 2008 : Biblioteca Cassina Anna. 13–25 septembre 2008 : Vertigo Arte. 21 mai 2009 : Galvanotecnica Bugatti. 17 novembre 2009 : rencontre-exposition organisée avec la Fondation Congdon, Salone d’Onore de la Triennale de Milan. 5 décembre 2009 – 10 janvier 2010 : Palazzo Comunale Enrico Gagliardi. Février 2012 : rétrospective , catalogue établi par Luigi Sansone, palais Sormani, Milan. 11 novembre – 8 décembre 2016 : Spazio Officina. 13–27 novembre 2018 : Fondazione Paolina Brugnatelli.

Il expose également au MART de Rovereto, à l’Université Bocconi et au musée d’art de la Suisse italienne, à Lugano.

Réception critique Dès les débuts de sa carrière, des critiques locaux qualifient sa peinture de naïve, en réaction à des compositions aux personnages simples sur lesquelles il inscrit directement poèmes et commentaires. Le caractère joyeux de son univers pictural, parfois jugé trop doux, contraste avec les difficultés traversées par sa famille durant son enfance ; lors d’une rencontre publique consacrée à son œuvre à la Triennale de Milan en 2009, ce contraste est présenté comme un rapport oblique, plutôt que direct, entre l’art et l’expérience vécue.

Dans la revue , le critique Massimo Bacigalupo situe la poésie de Milite dans un registre à la fois pictural, ludique et épigrammatique, ouvrant sur une dimension cosmique à partir de moments du quotidien. Une première monographie lui est consacrée en 2004 par le critique d’art Claudio Cerritelli et Francesca Montrasio.

Publications

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Bruno Munari Luigi Calabresi Académie des beaux-arts de Brera Triennale de Milan

Liens externes

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