Yuisa, aussi appelée Yuiza, Luisa del Aimanio, Luysa, Luiza, Loaiza et Loiza, morte vers 1513, est une cacique taïno, cheffe du yucayeque de Haymiano. Après la colonisation, son village est rebaptisé Loíza, d'après son nom hispanisé. Dès le , Yuisa devient une légende, un symbole des guerres coloniales, à la fois comme héroïne et comme traîtresse. Par la suite, le roman national puertoricain du tournant du , qui exalte le mélange des prétendues races humaines, pose Yuisa comme une mère de la nation en lui imaginant une relation conjugale avec son encomendero afro-espagnol.

Historiographie La vie de Yuisa est connue par les archives de l'empire colonial espagnol. Celles-ci rapportent que lorsque la cacique fut réduite au régime de travail forcé de l'encomienda, cela permit d'asservir en même temps 160 Taïnos tributaires d'elle.

Dans une lettre du , le Miguel Dias écrit:

Après la mort de Yuisa, son successeur est Fancisco Cacibona.

En 1535, le chroniqueur Gonzalo Fernández de Oviedo donne une version romancée de la mort de Yuisa:

Cette amorce de légende est ensuite reprise par le poète et chroniqueur Juan de Castellanos. En 1904, l'historien officiel réinterprète cet épisode : pour lui, le sacrifice supposé de Yuisa aurait été le signe d'une relation amoureuse avec Mexia.

Littérature Dans le roman homoérotique Taíno Ti de K. B. Forrest paru en 2007, le héros, Yuis, découvre que son nom vient de celui de Yuisa, son ancêtre.

Dans le recueil de nouvelles de Yolanda Arroyo Pizarro Las negras, un des personnages est inspiré de la cacique Loíza.

Le recueil de contes Puerto Rican Folktales de Lisa Sánchez González, paru en 2014, contient une version de la légende amoureuse entre Yuisa et Pedro Mejías. a aussi publié une version.

Dans la BD de Will Rosado, parue dans la seconde anthologie du comic en 2018, la superhéroïne afro-puertoricaine éponyme reçoit une vision mystique de la divinité . Dans cette vision, La Borinqueña revit les expériences de Yuisa puis, après son réveil, exprime sa reconnaissance envers la cacique.

Politique mémorielle L'histoire de Yuisa a connu à Puerto Rico un traitement similaire à celui de la Malinche au Mexique : elle a été , vue simultanément comme traîtresse et comme héroïneSelon .

En 2014, publie sur son blog personnel une expérience de pensée où il examine des données issues de la recherche génétique. Afin d'imaginer , Pachter cherche l'échantillon d'ADN avec le plus de mutations qu'il juge positives, et finit par choisir celui provenant d'une femme puertoricaine. Pour illustrer son article, il choisit alors d'utiliser une peinture par Samuel Lind, peintre afro-américain de Loiza Aldea, qui représente Yuisa. Cette idée que la serait scientifiquement originaire de Puerto Rico est alors largement reprise dans la presse généraliste. Selon la chercheuse Jennifer A. Hamilton, les médias de l'île ont beaucoup couvert cet article de blog parce qu'il fait écho à l'idéal nationaliste puertoricain de mestizaje hétéronormatif.

Références

Bibliographie Notices

Presse

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