Antonio Yta (Madrid, 1770 - lieu et date de décès inconnus), née María Leocadia Yta, est une personne espagnole identifiée d'abord comme une religieuse, puis comme l'époux de Martina Vilvado y Balberde qui la dénonce ensuite à La Plata (aujourd'hui Sucre en Bolivie), en , après l'avoir surpris en train de menstruer et d'accomplir des activités considérées comme féminines. Certains chercheurs ont postulé que sa situation relève de l'hermaphrodisme, tandis que d'autres considèrent que ce parcours relève de questions d'identité de genre ou d'orientation sexuelle.
Jeunesse María Leocadia Yta nait à Madrid en 1770. Ses parents, Joséf Yta et Felipa Ybáñez, sont originaires de Colmenar de Oreja (région de Madrid) et font partie de la cour royale. À neuf ans, elle est confiée à María Petronilla Pimentel de Alcántara de Toledo y Cernesio, duchesse douairière de Medinaceli, et elle réside dans son palais jusqu'à l'âge de 17 ans environ (vers 1788).
Le , María Leocadia Yta entre au couvent Encarnación del Divino Verbo, propriété des Augustines récollets, à Colmenar de Oreja. Elle en est expulsée le de la même année. Plus tard, vers 1789 ou 1790, elle séjourne durant onze mois au couvent franciscain Santa Juana de la Cruz, à Cubas de la Sagra, et le , elle est admise au couvent de Misericordia de la Orden de Santa Clara à Huete, en Castille-La Manche. Elle en part le , après que ses parents ont décidé de l'en retirer. Après avoir vécu quelques mois avec sa sœur Leocadia à Madrid, elle est admise le au monastère San Vicente el Real, des sœurs bernardines de Ségovie, d'où elle est expulsée le , pour avoir porté l'habit religieux dans d'autres couvents et en raison de sa mauvaise réputation.
Voyages En , elle quitte Madrid pour se rendre à Rome, où elle arrive en juillet de la même année. Elle cherche alors à contacter la Pénitencerie apostolique du Vatican afin d'obtenir l'autorisation de porter des vêtements masculins et d'adopter une identité masculine. Après cela, elle prend le nom d'« Antonio » et se rend au port de Malaga pour embarquer à destination de l'Amérique espagnole, débarquant d'abord à Montevideo, puis à Buenos Aires. À son arrivée dans cette ville, elle contacte l'évêque de Buenos Aires, Manuel Azamor y Ramírez, qui l'accueille chez lui jusqu'à sa mort en 1796..
Après la mort du prélat, Antonio Yta décide de tenter sa chance dans la région de Potosí, aujourd'hui en Bolivie, et arrive dans cette ville en 1797. Il se présenta alors au gouverneur-intendant Francisco de Paula Sanz, qui l'héberge chez lui deux ans. Durant cette période, Antonio rencontre Martina Vilvado y Balberde, avec laquelle il noue une relation amoureuse..
Le , Antonio Yta et Martina Vilvado y Balberde se marient à Potosí, et y vivent deux ans. En 1801, Yta est nommé administrateur de La Magdalena, un village indigène de la province de Moxos. L'année suivante, ils s'installent à Cochabamba après avoir été expulsés de La Magdalena par les indigènes locaux, menés par le cacique Maraza.
Le , Martina Vilvado y Balverde arrive à La Plata pour demander l'annulation de son mariage. Trois jours plus tard, elle porte plainte auprès des autorités, affirmant avoir vu Antonio menstruer et uriner comme une femme, elle l'accuse de ne pas avoir consommé leur mariage.. Le , Antonio Yta est arrêté, soumis à un examen physique, et avoue les faits lui étant reprochés, détaillant également son parcours, depuis l'enfance, en Espagne.
Le , le procureur ecclésiastique, Bernardino Méndez de la Parra, demande à l'Audience de Charcas de déterminer si Yta est hermaphrodite, ce que l'institution refuse le lendemain. L'affaire continue d'être instruite tout au long de l'année 1804, et Antonio Yta est emprisonné à La Plata – période durant laquelle il souffre de problèmes de santé, notamment d'un œdème. Il s'évade le , date à partir de laquelle on perd sa trace.
Notes
Références
Bibliographie
Catégorie:Travestissement Catégorie:Naissance à Madrid au XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en 1770 Catégorie:Personnalité intersexe Catégorie:Histoire des LGBT en Bolivie Catégorie:Personnalité liée aux thèmes LGBT en Espagne Catégorie:Date de décès non renseignée (XIXe siècle)