L' igue de Viazac et le réseau du Roc Traucat forment un système de cavités souterraines naturelles. Il se développe dans le secteur de la Braunhie, sous les territoires des communes de Caniac-du-Causse et de Quissac-en-Quercy, dans le département du Lot dans la région Occitanie en France..

Situation L'entrée de l'igue de Viazac de trouve dans la forêt de la Braunhie, dans le triangle formé par les communes de Fontanes-du-Causse, Quissac-en-Quercy et Caniac-du-Causse.

À de Caniac-du-Causse, sur la route de Fontanes-du-Causse (D 42), prendre le chemin qui part à l'est dans un virage en haut de la côte (cote IGN 362). À , laisser à droite le chemin du carrefour de Roche Percée (cote IGN 336) et continuer jusqu'au carrefour suivant à (cote IGN 387). Prendre à droite sur , c'est-à-dire jusqu'au terminus du chemin castiné. Franchir la barrière à droite et suivre les traces de roues qui conduisent à l'igue, à direction est-sud-est dans un champ caillouteux.

Toponymie L'igue de Viazac porte aussi les noms d'igue Jourde et d'igue Murat.

Le nom du réseau du Roc Traucat (prononcez Traoucat) provient du nom de la colline sous laquelle s'étend la cavité : Le Roc Traoucat qui veut dire la roche trouée.

Accès et risques Accès L'entrée de l'igue de Viazac est située dans une propriété privée. Les visiteurs doivent refermer les barrières, respecter les troupeaux et ne laisser aucune trace ni déchets.

Risques l'igue de Viazac présente plusieurs grands risques : L'entrée et les puits présentent des dangers de chute mortelle pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques : notamment dans le puits d’entrée de de profondeur. La présence d'une concentration élevée de gaz carbonique temporaire peut gêner la progression. Par forte pluie les eaux du Grand Lac peuvent monter rapidement de plus de dans le puits de l'écho. Rupture possible des équipements anciens et laissés en fixe : cordes pour les escalades autour du Grand Lac, câbles anciens du pont de singes au dessus du puits Martel. Le , un spéléologue est mort à l'igue de Viazac. Il a fait une chute mortelle de .

Pour le Réseau du Roc Traucat, s'ajoute le risque d'auto-amorçage des Siphons Suspendus qui peuvent bloquer les spéléologues dans les parties inférieures de la cavité.

La Galerie Martel héberge des chauves-souris en hibernation de novembre à mars. Les visites à cet endroit et à cette période de l'année peuvent provoquer leur réveil et porter atteinte à la survie de la colonie.

Géologie et Spéléogénèse alt=Carte géologique et hydrologique|vignette|516x516px|Schéma du Bassin versant de l'Ouysse et du Célé. Bernard Gèze et A. Cavaillé observent que les abaissements successifs du niveau de base des vallées, depuis la fin de l'époque tertiaire, correspondraient à un étagement des galeries de l'igue de Viazac. Cinq niveaux seraient ainsi distingués : Niveau de la Galerie de l'Habitat, de la Galerie des Cierges () Niveau de la Galerie Martel, du Méandre Blanc (de ) Niveau de la Rivière Suspendue, de la Galerie du Lac, et de la Galerie 77 (de ) Niveau de la Galerie du Filon, de la Rivière Amont et d'une partie de l’Affluent du Lac (de ) Niveau noyé du Puits Noyé (Rivière Amont) et du fond du Grand Lac ().L'altitude de ces niveaux varie en fonction d'un pendage général au Nord-Ouest (observation sur les troisième et quatrième niveaux). Les Galeries de la zone des puits de l'Igue de Viazac se développent essentiellement suivant deux directions :

La première (Galerie Martel, Affluent du Lac) : Ouest/Sud-Ouest - Est/Nord-Est La seconde (Rivière Amont, Grand Lac, Galerie 77) : Nord-Ouest - Sud-Est

Le réseau Traucat s'étend au gré de failles locales selon un pendage incliné au nord-ouest.

Les calcaires de l'igue de Viazac se sont formés au jurassique moyen et supérieur. Différentes couches sont visibles :

Près de la surface, des calcaires gris pâle ou beige à pâte très fine, qui présentent fréquemment des fissures recristallisées, quelques oolithes, des gravelles, et qui contiennent des débris de polypiers roulés ; À la cote , un calcaire blanc contenant des débris coquilliers et quelques Rhynchonelles ; Vers la cote , un calcaire roussâtre , très oolithique ; À partir de la cote , des calcaires compacts à pâte fine homogène, microcristalline, du Callovo-Oxfordien qui forment au Nord du Causse de Gramat et la falaise de Rocamadour. Le plafond de la Galerie Martel, et celui du Puits de L’Écho peuvent correspondre aux limites de cet étage ; Au niveau des grandes salles : Salle de la Boue , Galeries 77 et du réseau Traucat, des calcaires marno-calcaires du Bathonien inférieur.

Hydrologie L'igue de Viazac est marquée par un mouvement important de circulation des eaux qui n'était pas compréhensible avant la découverte du réseau du Roc Traoucat. En 1977, de fluorescéine ont été déversés dans la galerie du Filon sans être détectés après deux mois d'observation à la résurgence de Saint-Sauveur. On peut noter que sur les d'écoulement connus, l'eau se dirige au sud-est, soit à l'opposé de la seule résurgence surveillée. Dans le puits d'entrée, on note un ruissellement variable mais pérenne à partir de la cote .

La limite du bassin versant est particulièrement difficile à déterminer sous la zone de la Braunhie où le réseau fossile du Roc Traucat draine le versant Nord de la colline du Roc Traucat. Ce réseau collecte le trop-plein de la Braunhie. Par temps sec, seuls quelques petits écoulements se perdent dans des parties inférieures étroites et ensablées. Lors de pluie de , le débit des affluents augmente et sature les galeries inférieures et le niveau monte. Avec de précipitations, l'eau peut monter de sans franchir les barrages et semble absorbée par les pertes latérales. Au delà de comme en 1993 et 2020, le Grand Lac monte de et se déverse en partie dans le réseau Traucat et la crue semble s'écouler vers le siphon FondFond et vers les siphons de Picastelle. Des traces de niveau de crue ont été repérées au dessus du Grand Lac. Le pendage et le sens d'écoulement semblent diriger les eaux vers le l'Ouysse (Fontbelle et saint-Sauveur), mais les siphons au bout de la galerie du Métro pourraient orienter les eaux au Sud sur le bassin versant du Célé et du lot.

Description La zone d'entrée L'orifice d'entrée de l'igue de Viazac, en forme d'entonnoir et entouré d'arbres, mesure de sur 15 au ras du sol et se réduit à sur 4,5 à .

Le premier puits mesure de profondeur. À la cote , un passage incliné mène à la Galerie de l'Habitat, à ce niveau se trouve la Galerie des Cierges. Le premier puits est fractionné à par redan incliné qui constitue le sommet d'une importante coulée stalagmitique face à laquelle les parois s'évasent vers le Nord en forme de cloche. Il est suivi d'un second puits de suivi d'un ressaut de qui débouche dans la Galerie Martel , haute de et large de . Elle se développe vers l'Est sur environ. Son sol est marqué par l'empreinte de gours fossiles des vestiges d'un plancher stalagmitique, un puits creusé dans un remplissage tandis que deux tronçons de piliers restent couchés en travers du cheminement. Après un coude, le sol se rapproche du plafond et un léger affaissement du plancher permet de découvrir un gour fossile.

Au bas du ressaut de , s'élève une pente calcitée et caillouteuse qui se dirige vers l'imposant Puits Martel de de profondeur et de diamètre. A fond de ce denier, un gour temporairement actif se trouve à côté d'un entonnoir d'absorption qui a fait l'objet d'une tentative ancienne de creusement.

Les puits d'accès au Grand Lac Au-dessus du Puits Martel, une escalade artificielle en traversée nommée La Vire permet d'accéder à la suite de la cavité. Un pont de singe formé de trois câbles métallique a été installé en . mais le câble du bas s'est rompu en . Au-delà une remontée glaiseuse suivi du méandre blanc, conduisent au Puits de l'Écho profond de . Ce puits donne sur la salle de la boue, suivie du puits du même nom auquel on accède par un ressaut de . Le Puits de la Boue profond de conduit sur des éboulis à la cute . Il se poursuit par une salle haute de et coupée en deux par un imposant pont rocheux. Cette salle débouche sur l'embarcadère du Grand Lac.

Le Grand Lac et ses affluents À l'embarcadère, le Grand Lac () présente des dimensions modestes de par 3. Après le pont rocheux, le plafond s'élève, les parois s'écartent, sa longueur totale avoisinant . Sa profondeur, à l'étiage, ne doit pas excéder deux mètres, sauf près de la paroi Est, quelques mètres avant la banquette argileuse du débarcadère, où l'on peut observer une plus forte dénivellation qui pourrait indiquer la présence d'un conduit noyé.

Côté embarcadère, on trouve la Rivière Amont et ses trois siphons de longueurs totales vers l'ouest, la Galerie du Filon et la Rivière Suspendue. Côté gauche en allant vers le côté opposé, un balcon perché à donne accès à l’Affluent du Lac qui conduit au Réseau du Roc Traucat. Au débarcadère se développe le réseaux complexes des Galeries 77.

Le Réseau du Roc Traucat Dans la suite, les cotes d'altitude des lieux du Réseau du Roc Traucat sont données entre parenthèses, en écart par rapport à celle du Grand Lac situé à sous l'entrée de la cavité, positivement si au-dessus du lac.

Sur le côté du Grand Lac, la galerie de l’Affluent du Lac présente deux Siphons Suspendus : 1er siphon long de () à faible profondeur, suivi d'une galerie de (identique à l'affluent), puis du 2ème siphon long de de long (), suivi de de galerie plongeante aboutissant dans une énorme galerie qui est le point d'entrée du Réseau du Roc Traucat. Le ruisseau qui s'échappe continuellement des siphons se perd dans une galerie glaiseuse et pleine de gaz : le siphon CO2, temporaire et émissif () .

Vers l'est se développe le Boulevard Laureau-Tessier (), conduite forcée naturelle argileuse d'un diamètre allant de , longue de . La suite est une zone tourmentée avec deux barrages de sable de grande pente : Les Dunes () qui conduisent aux Grandes Galerie du Métro. À du Grand Lac, Après deux siphons (), de galerie vers le nord mènent aux points bas du nouveau réseau sous le secteur de l'igue du Loup : Les Siphons Jumeaux () et le Siphon FondFond (). À l'extrême est se développent : sur vers le nord la Galerie des Hallubabas qui se termine sous le secteur de l'igue de Picastelle par un siphon () ; Vers le sud-est, la Galerie Hola gros tube qui remonte sur sous le secteur du lac de l'Ourgue ().

A l'est du siphon CO2, démarre la chaotique Galerie du Far-West qui après conduit à la Grande Sablière () qui descend vers le Siphon Smoll (). Après une escalade de et la Petite sablière, une galerie de termine les exploration vers l'ouest ().

Historique des explorations Première visite par Martel alt=Portrait d'Édouard-Alfred Martel.|gauche|vignette|Édouard-Alfred Martel : le premier explorateur de l'igue de Viazac. Édouard-Alfred Martel, Louis Armand et Raymond Pons explorent l'igue de Viazac les 6 et et décrivent la cavité dans l'ouvrage les Abîmes. Le premier jour, ils descendent, à l'aide d'échelles en cordes, le puits d'entrée et s'arrêtent à la profondeur de en fin d'après midi. Le lendemain dès , ils continuent la descente pour atteindre le carrefour au fond du second puits à . Ils visitent et remontent à droite la Galerie de Martel haute de , large de et fermée au bout de par des stalagmites. Elle est parsemée d'éboulis et présente des gours à sec. À gauche, par une pente modérée, haute de , ils débouchent dans le 3ème puits baptisé Fosse aux Ours et par la suite Puits Martel. Il le qualifie de colossal avec ses de profondeur et 10 de diamètre. Seul Armand atteint, ce jour-là, le fond à la profondeur de ..

Les 13 et , Martel y retourne avec Gabriel Gaupillat et Raymond Pons pour lever le plan de la cavité. Il pense à tort que la Fosse aux Ours doit parfois contenir de l'eau. Il est impressionné par l'igue et écrit : .

Découverte des étages inférieurs