La bataille de la Boyne (, Prononciation en anglais irlandais retranscrite selon la norme API. ; , Prononciation en gaélique irlandais retranscrite selon la norme API.) se déroule le (soit le du calendrier julien), entre le roi catholique d'Angleterre et le roi protestant d'Angleterre. La bataille a lieu près de Drogheda, dans le comté de Louth, en Irlande. Cette bataille, remportée par les armées de , marque un tournant décisif dans les guerres jacobites en faveur de celui-ci.

Contexte vignette|gauche|Guillaume III durant la bataille.

En 1689, la Glorieuse Révolution aboutit à la destitution du roi catholique Jacques II. Le parlement britannique offre la couronne à sa fille aînée Marie et à son époux Guillaume d'Orange-Nassau, stathouder de Hollande et protestant. Jacques II quant à lui s'enfuit et se réfugie en France.

En , Jacques II, appuyé par un corps expéditionnaire français, débarque dans le port irlandais de Kinsale. Entre avril et , les troupes franco-jacobites assiègent infructueusement la ville de Derry. Durant l'hiver 1689-1690, les armées orangistes, commandées par le maréchal de Schomberg, font campagne dans la province d'Ulster. Harcelé par les rapparees, celui-ci s'empare de Carrickfergus puis de Charlemont, mais n'affronte pas l'armée de Jacques II. Guillaume III débarque à son tour, le dans l'anse de Belfast Lough, et se dirige vers le sud où se trouvent les armées catholiques.

Ordre de bataille Jacobites Liste établie d'après la revue du .

Forces irlandaises

Cavalerie Régiment des Life Guards Régiment du duc de Tyrconnel Régiment du vicomte Galmoy Régiment du colonel Sutherland Régiment du colonel Parker Régiment du colonel Sarsfield Régiment du comte d'Abercorn

Dragons Régiment du brigadier Maxwell Régiment de Sir Niall O'Neill Régiment de lord Dongan Régiment de lord Clare Régiment du colonel Clifford Régiment du colonel Carroll

Infanterie ● Régiment de Walsh Régiment de Foot Guards Régiment du comte d'Antrim Régiment de lord Bellew Régiment de Gordon O'Neill Régiment de lord Louth Régiment de lord Grand-Prior Régiment de John Grace Régiment d'Art McMahon Régiment de John Hamilton Régiment du comte de Westmeath Régiment de Sir Michael Creaghs Régiment de Roger MacElligott Régiment de Charles O'Brien Régiment du major général Boisseleau Régiment de Dudley Bagenal Régiment du comte de Tyrine Régiment de lord Slane Régiment de Henry Dillon Régiment de Clanrickarde Régiment de lord Galway Régiment de Walter Bourke Régiment de lord Gormanston Régiment de Richard Nugent

Forces françaises

Infanterie Régiment de Famechon () Régiment de Forez () Régiment de La Marche () Régiment de Mérode (855 hommes) Régiment de Tournaisis () Régiment de Zurlauben ()

Orangistes Liste établie d'après la revue du .

Forces anglo-irlandaises

Cavalerie Régiment de Life Guards (368 hommes) Régiment du comte Schomberg (242 hommes) Régiment du comte d'Oxford (368 hommes) Régiment de Sir John Lanier (360 hommes) Régiment du colonel Byerley (244 hommes) Régiment du colonel Coy (236 hommes) Régiment du colonel Langston (255 hommes) Régiment du colonel Russell (242 hommes) Régiment du colonel Villiers (245 hommes) Régiment du colonel Wolseley (423 hommes) Troupes du capitaine Harbord (38 hommes)

Dragons Régiment de Sir Albert Cunningham (423 hommes) Régiment du colonel Leveson (423 hommes) Régiment du colonel Matthew (423 hommes) Régiment du colonel Wynne (423 hommes)

Infanterie Régiment du lieutenant général Douglas (648 hommes) Régiment du major général Kirk (666 hommes) Régiment du brigadier Stuart (660 hommes) Régiment du brigadier Trelawney (553 hommes) Régiment du comte de Drogheda (660 hommes) Régiment du comte de Meath (678 hommes) Régiment de lord George Hamilton (583 hommes) Régiment de lord Lisburn (611 hommes) Régiment de Sir Henry Bellasis (628 hommes) Régiment de Sir John Hanmer (593 hommes) Régiment du colonel Beaumont (526 hommes) Régiment du colonel Brewer (571 hommes) Régiment du colonel Deering (600 hommes) Régiment du colonel Erle (693 hommes) Régiment du colonel Foulkes (439 hommes) Régiment du colonel Hamilton (560 hommes) Régiment du colonel Hastings (606 hommes) Régiment du colonel Herbert (600 hommes) Régiment du colonel Lloyd (652 hommes) Régiment du colonel Mitchelburne (664 hommes) Régiment du colonel St.-John (589 hommes) Régiment du colonel Tiffin (625 hommes)

Forces hollandaises

Cavalerie Gardes à cheval (145 hommes) Régiment de lord Portland (357 hommes) Régiment de Monopvillan (171 hommes) Régiment du lieutenant général Ginkel (152 hommes) Régiment de Scholk (167 hommes) Régiment de Van Oyen (164 hommes) Régiment de Reideffel (174 hommes) Régiment de Rancour (175 hommes) Régiment de Nyenburg (175 hommes)

Dragons Régiment d'Eppinger (621 hommes)

Infanterie Gardes à pied (dont cadets) () Régiment de Van Graben (490 hommes) Régiment de Brandeburg (631 hommes) Régiment de Nassau-Saarbrücken-Ottweiler (652 hommes) Régiment du colonel Babington (416 hommes) Régiment du colonel Cutt (543 hommes)

Forces danoises

Cavalerie Régiment de Droop (263 hommes) Régiment de Juel (268 hommes) Régiment de Sehested (281 hommes)

Infanterie Gardes à pieds (698 hommes) Régiment de Dronningen (de la Reine) (634 hommes) : régiment fusionné ultérieurement avec le régiment d'Oldenburg Régiment du prince Frederick (555 hommes) Régiment du prince Christian (547 hommes) Régiment du prince George (547) Régiment de Zeeland (527 hommes) Régiment de Jutland (554 hommes) Régiment de Fünen (519 hommes)

Forces huguenotes

Cavalerie Régiment du duc de Schomberg (395 hommes)

Infanterie Régiment du colonel de Cambon (640 hommes) Régiment du colonel La Caillemotte (562 hommes) Régiment du brigadier de Monceau de La Melonière (529 hommes)

Commandants Du côté jacobite, le commandement est assuré par le roi Jacques II. À ses côtés se trouvent Richard Talbot, , à la tête d'une troupe irlandaise ; son jeune fils naturel Jacques Fitz-James, ; le lieutenant-général , un militaire de carrière d'origine irlandaise. Les forces françaises sont menées par Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun.

Le camp orangiste, à la tête duquel se trouve le roi Guillaume III, compte un chef prestigieux : le maréchal de Schomberg, protestant français, maréchal de France puis réfugié en Hollande à la suite de la révocation de l'édit de Nantes. Il trouvera la mort lors de cette bataille. Il est accompagné de son fils, Ménard de Schomberg, un général comptant une solide expérience militaire. Les Hollandais sont commandés par Ferdinand-Guillaume, duc de Wurtemberg-Neuenstadt, et par , comte de Solms-Braunfels.

La bataille

Guillaume d'Orange débarque à Carrickfergus en Ulster le et marche vers le sud dans l'intention de prendre Dublin. De son côté Jacques II décide de placer sa ligne de défense sur la rivière Boyne à une trentaine de kilomètres au nord de Dublin. Les troupes de Guillaume atteignent la Boyne le . Le jour précédent la bataille, Guillaume lui-même se place un peu en retrait après avoir été blessé à l'épaule par un tir de l'artillerie jacobite alors qu'il était en train de superviser un des gués par lesquels ses troupes allaient traverser la Boyne.

La bataille elle-même a lieu le . L'enjeu est le contrôle d'un gué sur la Boyne à proximité de Drogheda à du hameau d'.

La défaite de et son exil À la suite de cette défaite, fuit et rembarque à Kinsale vers la France. Cette défaite met définitivement fin à ses espoirs de reconquérir le trône. Les espoirs de la population irlandaise catholique de s'émanciper de la tutelle anglaise s'éteignent également. Les soldats de Jacques II s'exilent avec lui, pour la plupart en France, mais aussi en Espagne, quelques-uns offrent leurs services comme mercenaires dans d'autres pays européens.

La bataille de la Boyne représente un tournant décisif, à l'avantage des troupes de Guillaume III, puisque Jacques II quitte l'Irlande où il ne revient plus, mais elle ne met pas un terme à la guerre.

De l'histoire au mythe orangiste Wesley Hutchinson propose l'idée que l'iconographie concernant la bataille de la Boyne soit réduite à une seule image, une représentation de .. Belinda Loftus considère, quant à elle, que le symbolisme associé à l'orangisme et à l'unionisme a un caractère et que Traduction et citation de .. L'image de Guillaume III apparaît de façon récurrente et indépendamment de tout repère spatio-temporel. Hutchinson propose des explications concernant le succès de cette iconographie, soulignant d'autres éléments identitaires, transmis par cette commémoration : il l'envisage comme une suite mythologisée du siège de Derry, qui . Il souligne la diversité européenne des armées en lice, aux côtés des troupes anglaises de Guillaume : , suisse, hollandaise et huguenote française.. Alors que le mythe de Londonderry se caractérise, selon lui par un enfermement, résumé par le slogan « No Surrender », la bataille de la Boyne représente une menée offensive, et manifeste que le protestantisme, . La Boyne constituerait ainsi une , divisant l'Irlande sinon sur le plan politique, du moins sur le plan spirituel.

Postérité vignette|droite|upright=0.8|Vue de l'obélisque commémoratif à Drogheda, comté de Meath, avant 1883. Il a été détruit en 1923. La bataille est commémorée par un jour férié en Irlande du Nord le (The Twelfth), accompagné chez les loyalistes de feux de joie durant la nuit du (Onzième nuit) et par des marches de l'ordre d'Orange.

Bibliographie ● Oies sauvages (jacobites) . . . .

Notes et références

Liens externes

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