Le coup d'État de 2025 en Guinée-Bissau survient le lorsque des coups de feu sont entendus dans certaines parties de Bissau, la capitale de la Guinée-Bissau. Le président du pays Umaro Sissoco Embaló annonce alors avoir été arrêté au cours d'un coup d'État mené par le chef d'état-major de l'armée de terre. Des officiers supérieurs déclarent avoir pris le « contrôle total » du pays et annoncent l'instauration du Haut commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public. Le coup d'État a lieu quelques jours après l'élection présidentielle bissau-guinéenne de 2025 du .

Contexte Des élections générales ont lieu en Guinée-Bissau le pour élire le président et les membres de l'Assemblée nationale populaire. La crédibilité du vote est remise en question par des groupes de la société civile et d'autres observateurs après que le principal parti d'opposition, le PAIGC, a été interdit de présenter son candidat à l'élection présidentielle.

En , l'ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira rentre de son exil au Portugal pour pouvoir participer aux élections. Le , la Cour suprême invalide la candidature de la coalition Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka, qu'il dirige, aux élections législatives, et compromet sa candidature à la présidentielle. Le , la candidature de Domingos Simões Pereira à la présidentielle n'est pas retenue par la Cour suprême..

Le PAIGC décide par conséquent de soutenir la candidature de Fernando Dias. Celui-ci mobilise pendant sa campagne et devient ainsi le principal adversaire du président sortant...

Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, et le candidat de l'opposition Fernando Dias da Costa revendiquent tous deux la victoire à l'élection présidentielle. Le coup d'État a lieu alors que les résultats officiels du scrutin ne sont pas encore publiés le .

Il s'agit du neuvième coup d'État ou tentative de coup d'État en Guinée-Bissau depuis son indépendance du Portugal en 1974 : les deux tentatives de coup d'État les plus récentes, en 2022 et 2023, visent également Embaló, tandis que des allégations de complot de coup d'État sont également faites à la fin . Les deux tentatives de putsch le poussent à dissoudre l'Assemblée, bien qu'il soit accusé par ses critiques d'avoir fabriqué des crises comme prétexte pour réprimer l'opposition.

Déroulement Le , des coups de feu sont entendus devant le palais présidentiel de Bissau, le ministère de l'Intérieur, ainsi qu'à la Commission électorale nationale. Un porte-parole du président Embalo accuse des hommes armés affiliés à Fernando Dias d'avoir attaqué la commission électorale pour empêcher la publication des résultats électoraux, tandis que l'ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, qui soutient Dias et l'accompagne lors d'une réunion avec des observateurs électoraux lorsque la nouvelle de la violence éclate, accuse Embalo d'avoir tenté de simuler un coup d'État afin de déclarer l'état d'urgence après avoir constaté qu'il a perdu l'élection.

Plus tard dans la journée, le président Embalo déclare à Jeune Afrique qu'il a été arrêté sans violence dans son bureau à lors d'un « coup d'État » mené par le chef d'état-major de l'armée de terre. Plusieurs responsables sont également arrêtés, dont le chef d'état-major des forces armées, le général , son adjoint, le général Mamadu Ture Kuruma, et le ministre de l'Intérieur Botche Candé. Des soldats de la garde présidentielle et une unité d'élite de la gendarmerie sécurisent le palais présidentiel.

Au quartier général de l'armée, des officiers militaires, dirigés par un porte-parole Dinis Incanha, publient une déclaration annonçant qu'ils ont pris le « contrôle total » du pays, ordonnant la suspension du processus électoral, la fermeture des frontières internationales et un couvre-feu nocturne indéfini. Les officiers annoncent la formation du « Haut commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public » qui dirigera le pays jusqu'à nouvel ordre et exhortent les citoyens à rester calmes. Il est également rapporté que l'armée tente de couper l'accès à Internet du pays. N'Canha déclare également que le coup d'État a été lancé en réponse à « la découverte d'un plan en cours » orchestré par des politiciens et d'autres personnalités nationales et étrangères, ainsi qu'un « célèbre baron de la drogue » visant à déstabiliser le pays en tentant de « manipuler les résultats électoraux ».

Suites L'opposant Domingos Simões Pereira est également arrêté et détenu dans une base aérienne à Bissau. L'arrestation de Dias est également annoncée., avant que celui-ci n'annonce être dans un lieu sûr dans le pays. Le , Embaló quitte le pays pour Dakar, via un avion affrété par le gouvernement sénégalais. Le , l'Union africaine suspend le pays de ses rangs, ainsi que la Cédéao..

Le , Embaló quitte le Sénégal pour la République du Congo.. Le , Dias obtient l'asile politique du Nigeria..

Le , la Commission électorale nationale déclare qu'elle ne peut pas publier les résultats des élections après que des hommes armés portant des cagoules ont confisqué les ordinateurs de 45 employés et détruit tous les décomptes, à l'exception de ceux de Bissau et du serveur informatique principal stockant les résultats.

En , la junte annonce que la transition aura lieu au-delà de la période d'un an initialement annoncée.. Durant le même mois, le Conseil national de transition, installé par la junte, adopte une révision de la Constitution. Celle-ci met en place un régime présidentiel, tandis que l'Assemblée nationale populaire, dont le président de la République dispose désormais du droit de dissolution, est rebaptisée Assemblée nationale..

Réactions Le Front populaire, une coalition de la société civile en Guinée-Bissau, accuse Embaló et l'armée d'avoir organisé un pour empêcher la publication des résultats électoraux et rester au pouvoir, afin qu'Embaló désigne un nouveau président et un nouveau Premier ministre qui organiseront de nouvelles élections pour qu'il puisse se présenter à nouveau à la présidence.

Dans une déclaration conjointe, des observateurs électoraux de la CEDEAO et de l'Union africaine déclarent qu'ils et demandent aux deux organisations de . Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, appelle .

Le gouvernement portugais, ancienne puissance coloniale de la Guinée-Bissau, exhorte et

Analyses Le fil des événements pousse certains observateurs à supposer que le putsch est factice dans le but d'interrompre le processus électoral. D'abord, Embaló, en contact avec des médias internationaux, annonce lui-même à ceux-ci qu'un putsch est en train de se produire. Ensuite, le chef de la junte, Horta Inta-A Na Man, et chef d'état-major de l'armée, est un proche du président. Lui aussi proche du président, Tomas Djassi, ancien chef d'état-major particulier du président, est devenu chef d'état-major de l'armée. Dinis Incanha, porte-parole de la junte, qui a annoncé la prise de pouvoir de celle-ci, est également un proche d'Embaló. Pour sa part, le Premier ministre, Ilídio Vieira Té, était directeur de campagne du président-candidat, tandis que la plupart des nouveaux ministres font partie des proches d'Embaló...

Membre de la mission d'observation du scrutin, l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan estime également que le putsch est , tandis que le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko le qualifie de .. Fernando Dias estime également que le putsch est factice..

Notes et références

Catégorie:Coup d'État ou tentative de coup d'État au XXIe siècle Catégorie:Novembre 2025 Catégorie:2025 en Guinée-Bissau 2025