Saâd Bouakba, (en ) né en 1946 à Azzaba dans la wilaya de Skikda, est un journaliste algérien. En , accusé d'atteinte aux figures de la Révolution il est incarcéré dans l'attente de son jugement.
Biographie
Saâd Bouakba a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1970 dans la presse publique algérienne, en particulier dans les journaux El Moudjahid et Ech Chaâb. Il acquiert une célébrité avec ses chroniques Point d’ordre et Le cri du coq diffusées dans des médias arabophones, dont Echorouk El Yawmi et El Khabar.
Saâd Bouakba a été incarcéré à deux reprises en 1992 et 1996.
En 2013, dans une chronique, publiée dans le quotidien El Khabar, il évoque la teneur d'un communiqué relatant l’entrevue entre le Président Abdelaziz Bouteflika et le vice-ministre de la Défense concernant les funérailles vietnamiennes du général Giáp. Le Ministère algérien de la Défense nationale réagit immédiatement considérant que cette chronique porte atteinte à l'armée algérienne.
En , à la suite d’une chronique sarcastique dans laquelle il critique l’implantation à Djelfa d’un projet qatari d’élevage de vaches, il est arrêté. Il est condamné, en , par le tribunal de Dar El Beida à un an de prison dont six mois de prison ferme pour diffamation à l’encontre des habitants de Djelfa. Pour le journaliste Khaled Drareni de Reporters sans Frontières : . Condamnation pour atteinte aux figures de la Révolution (2025)
Saâd Bouakba est arrêté le pour être relâché le soir même avec une convocation ultèrieure. Cette interpellation s'effectue à la suite des entretiens donnés à Vision Tv où il a présenté plusieurs évènements historiques de l'Algérie depuis l’indépendance en 1962. Dans un de ses enregistrements, il a dressé un portrait favorable de Krim Belkacem, assassiné le par des tueurs à la solde du pouvoir d'Houari Boumédiène.
Le , il est placé en détention provisoire dans la prison d'El-Harrach à la suite de la plainte déposée par Mahdia Ben Bella, fille du premier président algérien Ahmed Ben Bella, qui accuse Saâd Bouakba d’avoir porté atteinte à la mémoire de son père, figure majeure de l’histoire de l’État algérien. En effet, Saâd Bouakba a affirmé que les . Haraoui Abdelrahim, propriétaire de Vision Tv, est également poursuivi pour « diffamation des symboles de la Révolution », cependant il n'est pas incarcéré. Le ministère des Moudjahidine s'est aussi porté partie civile.
Cette arrestation de Saâd Bouakba provoque des débats au sein de la société algérienne. Ainsi H'mida Ayachi considère que si la Révolution demeure sacrée avec ses martyrs et ses héros, il ne faut pas néanmoins occulter la vérité historique et criminaliser la recherche ou l’analyse : . Pour l'avocate Fetta Sadat ce dossier concerne un délit de presse, or la constitution protège la liberté d’opinion, d’expression et de la presse. Il existe là une contradiction... Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) demande la libération du journaliste..
Le procés s'est tenu le , le procureur a demandé cinq ans de prison ferme pour Saâd Bouakba avec 2 millions de DA d’amende, et deux ans de prison ferme pour Abdelhalim Haraoui le directeur de la chaîne Vision TV. Par contre Mahdia Ben Bella est prête à retirer sa plainte si des excuses lui sont présentées.. Finalement, le tribunal le condamne à trois ans de prison avec sursis et un million de dinars d’amende. Pour sa part, le propriétaire de la Web TV Vision est condamné à un an de prison avec sursis et une amende de , sa chaîne est définitivement fermée et son matériel confisqué..
Notes et références Notes
Références
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