Une guerre perpétuelle ou guerre sans fin est un état durable de guerre n'ayant aucune condition claire qui mènerait à sa conclusion. Ces guerres sont généralement des situations de tension continue pouvant s'intensifier à n'importe quel instant, similaire à la guerre froide. À partir de la fin du , les concepts ont été utilisés afin de critiquer les interventions des forces armées des États-Unis dans les nations étrangères ainsi que le complexe militaro-industriel comme la guerre du Vietnam et la guerre d'Afghanistan, ou des guerres ayant des ennemis ambigus telles que la guerre contre le terrorisme ou la guerre contre les drogues.

Causes Une mauvaise planification militaire est l'une des raisons majeures qu'une guerre perpétuelle peut se produire. Si le territoire conquis dans une guerre n'est pas correctement occupé ou contrôlé, cela peut permettre à une insurrection meurtrière de se présenter, potentiellement s'étendre vers un conflit qui ne finit jamais. De la même façon, une guerre irrégulière, tel que les révoltes en Afrique, n'a pas d'objectifs militaires prédéfinis, généralement puisque ces groupes rebelles ont l'intention de commettre des crimes de guerre contre la population civile. Par conséquent, le manque d'objectifs militaires réels peut en lui-même être une raison qu'une guerre perpétuelle se produise. Un budget de défense très important peut également être un facteur dans la transpiration d'une guerre perpétuelle. En 2018, les États-Unis disposent d'un budget militaire ajusté à l'inflation supérieur à leur budget pour la seconde guerre mondiale, ce qui leur permettent de combattre continuellement en Irak ainsi que dans d'autres pays.

Les guerres civiles sont sujettes au pat militaire, ce qui peut prolonger la guerre indéfiniment. Un manque de démocratie s'associe avec un risque accru de guerre civile.

Les guerres perpétuelles peuvent se présenter dans le but de maintenir le flux monétaire au sein des institutions, tel que le complexe militaro-industriel (CMI). Ainsi, les guerres perpétuelles peuvent servir de moteurs politiques internes, les décideurs politiques promouvant des politiques de guerre continue et d'expansion.

Les guerres perpétuelles peuvent être bénéfiques aux petits groupes armés, qui peuvent atteindre des objectifs politiques en épuisant un groupe ou un pays plus important. Par exemple, à la suite des attentats du 11 septembre 2001 ainsi que le commencement de la guerre contre le terrorisme, Al-Qaïda avait l'intention d'impliquer les États-Unis dans une guerre de guérilla prolongée en Afghanistan, défiant leur volonté de combattre une telle guerre longue.

Des guerres entre des groupes ethniques ou idéologiques peuvent devenir des guerres perpétuelles, car de telles guerres sont plus difficiles à terminer par un accord de paix négocié en raison des différents intérêts des deux camps. Un obstacle supplémentaire peut survenir dans le cas de guerres religieuses si l'un ou les deux partis estiment que l'autre doit être détruit.

Actualités Il existe des exemples actuels de guerre littéralement perpétuelle, tel que le conflit armé birman ainsi que le conflit israélo-palestinien, qui se poursuivent depuis plus de 75 ans. Ces conflits sont typiquement caractérisés par de longues périodes de conflit de faible intensité entrecoupés de plus courtes périodes de combat intense. Dans un sens moins littéral, le terme a été appliqué aux superpuissances qui se livrent à des activités militaires hostiles constantes à travers le monde. Comme leurs armées sont toujours engagées dans le combat, il pourrait être dit que ces pays sont dans un état de guerre perpétuelle, même si ce n'est pas nécessairement une expérience que leurs citoyens vivent au quotidien. En particulier, on a beaucoup écrit sur les activités des États-Unis.

Le concept d'une guerre perpétuelle a été utilisé depuis l'opposition à la guerre du Vietnam. James Pinckney Harrison affirme dans The Endless War: Fifty Years of Struggle in Vietnam (« La guerre sans fin : cinquante ans de lutte au Vietnam ») paru en 1981 que la guerre du Vietnam était « sans fin » en raison du succès de la révolution communiste en nationalisant le peuple. Le terme a été utilisé par Trần Văn Đôn, un général de l'Armée de terre de la république du Vietnam, dans son livre Our Endless War: Inside Vietnam (« Notre guerre sans fin : au cœur du Vietnam ») paru en 1978.

L'historien américain James Chace affirme dans son ouvrage Endless War: How we got involved in Central America (« Guerre sans fin : comment nous nous sommes impliqués en Amérique centrale ») paru en 1983 que la politique américaine en Amérique centrale est basée sur l'hypothèse selon laquelle l'hégémonie américaine est menacée au sein de la région. Selon Chace, l'implication des États-Unis en Amérique centrale visait à résister à l'effet domino de l'expansion d'une « prise de pouvoir communiste », principalement en établissant la crédibilité de l'armée américaine. Bien que ces politiques aient été conçues pour dissuader les conflits, elles ont elles-mêmes créé les conditions de l'instabilité dans la région, ce qui a favorisé une riposte américaine. Cela a engendré une boucle auto-entretenue, ou « sans fin ». Il soutient en outre que l'investissement américain dans le renforcement de sa présence militaire en Amérique centrale témoigne d'une préparation sans fin à la guerre.

Un argument clé de Chace est qu'une grande partie de cette implication militaire découle d'une logique de paranoïa américaine en réaction à la révolution cubaine. Un argument similaire est mis en avant par David Keen, économiste politique et professeur de situations d'urgence complexes à la London School of Economics. Son ouvrage Endless War? Hidden Function of the 'War on Terror''' (« Guerre sans fin ? Fonction cachée de la « guerre contre le terrorisme » ») paru en 2006 affirme que les stratégies et tactiques des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme utilisent un « cadre étatique militariste ». Ce cadre, bien que « contre-productif », possède une « logique interne » et une « fonction psychologique » de réponse au traumatisme psychologique des attentats du 11 septembre 2001.

Noam Chomsky postule qu'un état de guerre perpétuelle est une aide apportée aux membres influents des classes politiques et économiques dominantes (et promue par eux), contribuant à maintenir leurs positions de supériorité économique et politique.

Le journaliste britannique Robert Fisk, un critique des politiques occidentales au Moyen-Orient, affirme que les récents conflits occidentaux contre le Moyen-Orient, après la fin de la guerre froide, ont fait partie d'une nouvelle guerre perpétuelle. Il insinue que l'ancien président américain George H. W. Bush lança des attaques en Irak, au Soudan, ainsi qu'en Afghanistan afin de distraire la population de ses problèmes politiques intérieurs. De plus, il affirme que malgré des affirmations victorieuses après la première guerre du Golfe selon lesquelles Saddam Hussein avait été « neutralisé », il fut de nouveau la cible des attaques occidentales jusqu'à son exécution en 2006.

De la même façon, Ted Koppel décrit la guerre contre le terrorisme comme « La guerre des enfants de nos enfants ». Les critiques des politiques occidentales ont utilisé le terme « guerre perpétuelle » en référence aux métaphores de la guerre, comme la guerre contre les drogues, la guerre contre la pauvreté, la guerre contre le cancer, la guerre contre la classe moyenne de Lou Dobbs, la guerre contre le terrorisme, la guerre contre les femmes, ou la guerre contre Noël de Bill O'Reilly.

En socio-économie et en politique La structure économique du avant notre ère d'Athènes dirigée par la Ligue de Délos présente également des similitudes avec les répercussions économiques de la préparation à la guerre perpétuelle. Les aspects d'un quelconque empire donné, tel que l'Empire britannique ainsi que ses relations avec ses entreprises nationales qui étaient détenues par une minorité riche d'individus, comme la Compagnie britannique des Indes orientales, la Compagnie de la Baie d'Hudson, et De Beers, manifestent une relation observée entre une minorité d'individus influençant une politique d'empire ou d'État, tel que la guerre de Child en Inde, les guerres de Mysore en Inde, les conflits anglo-français dans la baie d'Hudson au Canada, ainsi que la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud, suivent un modèle selon lequel l'Empire alloue des ressources à la mise en œuvre et au maintien de politiques qui profitent financièrement aux propriétaires d'entreprises nationales de l'Empire.

Complexe militaro-industriel L'idée que l'action militaire peut être vu comme une forme de création de marché remonte au moins jusqu'aux discours débutant en 1930 avant la publication de La guerre est un racket en 1935. Le 16 janvier 1961, le président Eisenhower délivre son discours d'adieu exprimant une grande inquiétude concernant la direction de l'industrie de l'armement nouvellement apparue après la Seconde Guerre mondiale. Tout en reconnaissant la forte croissance économique après la guerre, il rappelle au peuple des États-Unis qu'il s'agissait d'une manière de tirer profit de la guerre et, si elle n'est pas suffisamment réglementée, cela pourrait conduire à une expansion « grave » de l'industrie de l'armement. Il déclara : « Le risque d’une montée en puissance désastreuse d’un pouvoir mal placé existe et persistera. » Eisenhower craint que le complexe militaro-industriel puisse conduire à un état de guerre perpétuelle car la grande industrie de l'armement continuera de profiter de la guerre. De plus, le NSC-68 peut être utilisé comme une référence pour comprendre le raisonnement du président américain Harry S. Truman concernant la poursuite du développement de l'arsenal nucléaire des États-Unis et comment cela a contribué à la guerre froide. Ce concept est encore présent dans les politiques d'aujourd'hui tel que le déclare William D. Hartung dans son article "The Doctrine of Armed Exceptionalism" (« La doctrine de l'exceptionnalisme armé »).

Guerre contre le terrorisme Traditionnellement, le terme « guerre » faisait référence au fait de s'engager physiquement et conventionnellement dans un conflit armé. Cependant, les implications de la guerre ont évolué au fil du temps. La guerre contre le terrorisme a souvent été citée comme une guerre perpétuelle, étant une guerre n'ayant « aucun champ de bataille spécifique et dont l'ennemi n'est pas une armée ». La guerre contre le terrorisme a été dirigée contre d'innombrables « ennemis », comme elle n'a aucune cible claire. Un historien de l'Université de Georgetown, Bruce Hoffman, décrit la guerre traditionnelle comme une guerre qui « se termine par la défaite d'un adversaire, par une forme quelconque d'armistice ou de trêve – une sorte d'acte ou de document de reddition. » En revanche, la guerre contre le terrorisme se poursuit sans fin en vue.

La guerre contre le terrorisme a été déclarée en 2001 par le président George W. Bush, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, mais dès 1996, Oussama ben Laden d'Al-Qaïda menace les États-Unis, en déclarant la guerre. Selon Laurence Andrew Dobrot, les tensions croissantes au Moyen-Orient seraient dues à de très vastes incompréhensions culturelles, et il reproche à l'Occident de ne pas faire la paix avec les pays du Moyen-Orient. En tant que directeur adjoint du programme laser aéroporté de l'Agence de défense antimissile, Dobrot examine l'hostilité qui a été continue non seulement depuis 2001, mais depuis la naissance du wahhabisme.

Dobrot a proposé que les États-Unis reconnaissent l'hostilité culturelle des Arabes tribaux dans le but de faire le premier pas vers une progression vers la paix.