Le groupe de Saint-Erme est initialement un institut séculier, la Famille de Nazareth, fondé en 1962 par un prêtre belge, Marcel Cornelis. En proie aux dérives sectaires de son fondateur, le groupe se sépare de l’Église catholique en 1974 et devient un mouvement a-confessionnel qui comprend jusqu'à exerçant pour la plupart des professions intellectuelles supérieures. Il se dissout au milieu des années 1980. Le groupe de Saint-Erme est notamment connu pour ses pratiques psychothérapiques à l'origine de faux souvenirs induits.

Marcel Cornelis

Marcel Cornelis naît le à Malines. Jeune séminariste, il s’établit en France à la fin des années 1940 et fréquente les milieux de l'Action catholique. Il sympathise ainsi avec Henri Godin, Jacques Loew et Georges Michonneau, curé de l'église du Sacré-Cœur de Colombes dans les Hauts-de-Seine. Il part pour le Maroc et est ordonné en 1950 par Louis-Amédée Lefèvre, vicaire apostolique de Rabat. Il revient ensuite en région parisienne et se fait connaître comme prédicateur aux églises Saint-Séverin et Saint-Germain-de-Charonne ainsi qu'au Sacré-Coeur de Colombes. Avec de jeunes paroissiens, il fonde en 1962 la Famille de Nazareth, fraternité qui se rattache à l'association internationale Charles de Foucauld...

Famille de Nazareth La fraternité est reconnue en 1971 comme institut séculier par André Bontems, archevêque de Chambéry, puis par Rome. Installée au Châtel en Savoie, elle regroupe , célibataires et mariés. Sous l'influence de Marcel Cornelis, la fraternité dérive vers des pratiques inspirées du renouveau charismatique comme la glossolalie, la prophétie et la transe.. Le fondateur, qui annonce le retour imminent du Christ précédé par un « règne de Satan », incite les membres à se couper du monde. Le groupe sombre dans le complotisme et le survivalisme. En 1974, il rompt avec l’Église catholique et Marcel Cornelis est réduit à l'état laïc...

Groupe de Saint-Erme Le groupe, installé dans l'ancien couvent de Saint-Erme. dans l'Aisne près de Laon, devient un mouvement a-confessionnel. Il se constitue en 1975 en une association baptisée « Vivre au grand air », puis en 1979 en une société civile immobilière appelée « Le Haut de Saint-Erme ». Le centre se dote de deux départements : la « société internationale de recherche interdisciplinaire sur la communication » (SIRIC) et la « société internationale de recherche interdisciplinaire sur les maladies » (SIRIM) dont Marcel Cornelis est le directeur.. Leurs théories sont développées dans deux livres, Communication ou manipulation. et Alors survient la maladie..

Le mouvement comprend jusqu'à répartis dans toute la France ainsi qu'en Belgique. Parmi eux on compte une vingtaine de professeurs d’université, , y compris des psychiatres, ainsi que des psychologues, des psychothérapeutes et des infirmières.. Les adeptes se réunissent par petits groupes afin d'étudier les textes de Marcel Cornelis en vue d'une application dans leur vie quotidienne. Ils se rendent quinze fois dans l'année au centre de Saint-Erme pour des séminaires et des stages de formation.

La doctrine du groupe s'articule autour de la relation dominants/dominés, source de toutes les maladies psychiques et physiques, dont les adeptes doivent s'émanciper. Elle stigmatise en particulier les familles ainsi que l'égocentrisme et la tyrannie des mères qui paralysent le développement de leurs enfants.

Manipulations mentales et faux souvenirs induits À partir de 1981, pris dans un délire collectif, les adeptes s'en prennent violemment à leurs parents qu'ils accusent faussement d'incestes subis dans leur petite enfance.. En 1982, Jacques Trouslard, prêtre du diocèse de Soissons, est chargé par son évêque d'enquêter sur le groupe. Il visite pour cela 250 familles qui témoignent de la destruction du lien familial avec leurs enfants alimentée par les manipulations mentales qu'ils subissent à base de faux souvenirs induits..

Les familles et d'anciens membres s'organisent en créant l’Association pour la promotion et la défense de l’individu et de la famille (APEIF) afin de médiatiser les dégâts causés par le groupe. Un ancien adepte, Olivier Braconnier, publie en 1982 aux éditions du Cerf Radiographie d'une secte au-dessus de tout soupçon ou l'histoire mouvementée du groupe de Saint-Erme.. Les quotidiens Le Monde et L'Union publient également des articles.

Face aux assauts médiatiques, Marcel Cornelis et le groupe de Saint-Erme attaquent en justice pour diffamation l'APEIF, Olivier Braconnier, les éditions du Cerf, des journalistes et leurs informateurs, Jacques Trouslard et Marcel Jeanson, un ancien membre. Ils sont déboutés de leur plainte en . Marcel Cornelis est évincé du groupe qui se dissout dans la foulée..

Notes et références Notes

Références

Publications

Bibliographie

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Articles connexes Secte Pseudoscience Faux souvenirs

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