vignette|Une ezenwanyi officiant.

Dans l', la spiritualité igbo, les ézèńwànyì sont des voyantes à la fois inyama, c'est-à-dire prêtresses, et dibia, c'est-à-dire herboristes et guérisseuses spirituelles. Elles prient ou exorcisent des esprits de l'eau, liés à Mami Wata.

Histoire La profession d'ezenwanyi est attestée à partir des années 2000 dans la région d'Enugu, et dérive du rôle des prêtresses inyama. Tandis que les inyama doivent être désignées formellement, une ezenwanyi commence par elle-même à officier dès qu'elle est convaincue d'avoir été choisie par un esprit.

Selon un article publié en 2024, de plus en plus de jeunes femmes deviennent ezenwanyi et opèrent sur Internet. Certaines se présentent comme des , notamment l'influenceuse Angela Nwosu. La popularité croissante des ezenwanyi est liée à un regain d'intérêt pour les religions traditionnelles africaines. Toutefois, selon deux professeurs en philosophie qui jugent les ezenwanyi , leur culte ne serait qu'une invention de femmes ambitieuses afin de devenir puissantes et torturer des hommes, sans lien avec la spiritualité igbo traditionnelle.

Autour du lac d'Oguta, la dernière prêtresse principale de Mammy Watta portait le titre d'Ezenwanyi. Après sa conversion au christianisme en , la société de culte s'est débandée et seules y sont restées les femmes âgées.

Genre Le mot ezenwanyi se compose de , qui est traduit par , et de nwanyi qui signifie . En effet, au contraire des sacerdoces des autres divinités igbo, la vocation d'ezenwanyi est uniquement féminine. Néanmoins, étant donné la fluidité du genre dans la culture igbo, qui permet à des individus d'occuper à la fois des fonctions masculines et féminines, des hommes peuvent aussi devenir prêtresses-guérisseuses ezenwanyi.

Dans les arts Dans le roman House of Symbols d'Akachi Adimora-Ezeigbo, paru en 2007, le personnage d'Ezenwanyi sert à représenter la situation religieuse d'une partie de l'Afrique contemporaine. Elle mêle sa pratique du christianisme avec les spiritualités autochtones.

Dans la pièce de théâtre Trial of the Beautiful Ones par Catherine Acholonu, l'héroïne, qui est née grâce à un pacte avec la déesse de la mer appelée Ezenwayi, est hantée par des esprits aquatiques et doit faire appel au pouvoir de Jésus pour s'exorciser.

Le film Mpu ndi Uka, réalisé par Amaechi Anachebe et sorti en 2022, dépeint une ezenwanyi vêtue de bleu, ce qui est dénoncé par Francisca A. Nwadigwe comme une entorse à la tradition des habits rouges et blancs des inyama. L'influenceuse Ada Egara Nsukka joue le rôle d'une ezenwanyi dans la production nollywoodienne Return of the Oracle, réalisé par Ifeanyi Orji.

Références

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