droite|vignette|200px|Image par satellite de l'Écosse et de l'Irlande montrant approximativement la plus grande expansion du Dál Riata (zone ombrée).
Dál Riata ou Dál Riada (également Dalriada) (/dælˈriːədə/) est un royaume gaël comprenant une partie du Nord-Est de l'Irlande et de l'Ouest de l'Écosse de chaque côté du canal du Nord. À son apogée à la fin du et au début du , il comprenait ce qui est aujourd'hui l'Argyll en Écosse et une partie de l'actuel comté d'Antrim d'Ulster, en Irlande du NordOxford Companion to Scottish History, p. 161 162, edited by Michael Lynch, Oxford University Press ..
En Argyll, il était réparti en quatre principaux clans qui avaient chacun leur propre chef :
Cenél Loairn (clan de Loarn), dans le nord et moyen Argyll, qui donne son nom à la région du Firth of Lorn ; Cenél nÓenguso (clan d'Óengus), basé sur Islay ; Cenél nGabráin (clan de Gabrán), dans le Kintyre ; Cenél Comgaill (clan de Comgall), basé dans l'Est de l'Argyll, qui donne son nom au district de Cowal.
Les sources latines qualifient souvent les habitants du Dál Riata de Scots (Scoti), un nom primitivement attribué par les auteurs grecs et romains aux Irlandais qui effectuent des raids dans la Bretagne romaine. Plus tard, il désigne les locuteurs vieux gaélique d'Irlande ou d'ailleursCharles-Edwards, Early Christian Ireland, p. 159–160, considère que les termes latins Scotti et Atacotti se réfèrent à des confédérations situées respectivement en Ulster et au Leinster. L'étymologie de Scotti, et de ses racines gaéliques, est incertaine. Le terme dans les sources classiques tardives est soit spécifiquement lié à des envahisseurs d'Irlande, soit géographiquement ambigu. En revanche, aucune référence claire à Scotti en Écosse à l'époque romaine n'a été trouvée. Malgré plusieurs références énumérant différentes combinaisons de Picti, Scotti, Hiberni, Attecotti et Saxons comme plus tard ennemis archétypaux de la Grande-Bretagne romaine, « Scotti » et « Hiberni » ne sont jamais répertoriés ensemble, confirmant qu'ils étaient alors, comme ils le seront plus tard, des noms alternatifs pour les Irlandais ou les confédérations d'Irlandais. Indépendamment du sens original, ou de sa popularité moderne, utiliser le terme "Scot" dans ce contexte invite à la confusion.. Ils sont désignés comme Gaels, ou comme Dál RiatansVoir 1066 and All That, p. 5, pour un exemple de confusion engendrée par le terme "Scot" dans ce contexte..
On estime que la colline fortifiée de Dunadd est leur capitale. Les autres forts royaux comprennent Dunollie, et Dunseverick. Le Dál Riata inclut également l'important monastère d'Iona, qui joue un rôle clé dans la diffusion du christianisme celtique dans tout le nord de la Bretagne et dans le développement d'un art insulaire. Iona, qui est un centre d'étude, produit de nombreux et importants manuscrits. Le Dál Riata est également une puissance maritime et dispose d'une forte flotte.
Le Dál Riata est réputé avoir été fondé par le légendaire roi Fergus Ier de Dal Riada (Fergus le Grand) au . Le royaume atteint son apogée sous Áedán mac Gabráin (r. 574–608). Pendant son règne, la puissance et l'influence du Dál Riata se développent ; il mène une expédition aux Orcades et à l'Île de Man, et attaque le royaume brittonique de Strathclyde et les Angles du royaume de Bernicie. Toutefois, le roi Æthelfrith de Bernicie le met en échec lors de la bataille de Degsastan en 603. De sérieux revers en Irlande et en Écosse pendant le règne de Domnall Brecc (mort en 642) terminent l'« âge d'or » du Dál Riata, et le royaume devient pour un temps un client de la Northumbrie. Dans la décennie 730, le roi picte mène des campagnes contre le Dál Riata et le place sous la souveraineté picte en 741. Il y a un désaccord sur le sort du royaume à partir de la fin du .
Certains érudits n'ont vu aucun redressement de la puissance du Dál Riata après la longue période de domination étrangère (vers 637 à 750/760), tandis que d'autres estiment qu'il a connu une renaissance sous Áed Find (748-778) car certains événements indiquent que le Dál Riata s'empare alors du royaume de Fortriú. À partir de 795, on enregistre des raids sporadiques des Vikings dans le Dál Riata. Dans le siècle suivant, s'opère la fusion des couronnes de Dál Riata et du royaume des Pictes pour former le royaume d'Alba. Des sources indiquent que Cináed mac Ailpín (Kenneth MacAlpin) est roi de Dál Riata avant de devenir roi des Pictes en 843, à la suite d'une désastreuse défaite des Pictes face aux VikingsSmyth, and Bannerman, Scottish Takeover, argumentent une théorie selon laquelle les rois pictes Ciniod mac Uuredech et Caustantín sont des descendants respectifs de Feradach, fils de Selbach mac Ferchair et Fergus mac Echdach. Dans Pictish Kings Broon présente une reconstitution alternative, qui reçoit de considérables soutiens : e.g. Clancy, Iona in the kingdom of the Picts: a note, Woolf, Pictland to Alba, p. 57–67..
thumb|right|250px|Localisation approximative de Fortriu selon l'hypothèse d'Alex Woolf.
Nom Le nom est dérivé du vieil irlandais. , apparenté à l'anglais dole et deal, à l'allemand / , et au Latin dont sont issus le français et italien , qui signifient « portion » ou « part » (ici avec le sens d'une « portion de pays »); « Riata ou Riada » est réputé être un nom de personne Caibre RiataBede, HE, Book I, Chapter 1.. De ce fait, il se réfère à la part de « Riata » dans les territoires de cette région.
Peuple, territoire et mer droite|200px|L'Ulster et les Hébrides Dál Riata s'étend sur les deux rives du canal du Nord et comprend une partie de l'Ouest de l'Écosse et du Nord-Est de Irlande. En Écosse, il correspond à l' Argyll (dont le nom provient de Airer Goídel, « côte des Gaels ») et plus tard inclut Skye. En Irlande, il occupe le Nord-Est du comté d'Antrim, et correspond globalement aux baronnies de Cary et de GlenarmBoyd, Hugh Alexander. Irish Dalriada. The Glynns: Journal of The Glens of Antrim Historical Society. Volume 76 (1978).. Le paysage humain moderne de Dál Riata diffère beaucoup de celui du premier millénaire. La plupart des habitants vivent aujourd'hui dans des agglomérations beaucoup plus grandes que tout ce que l'on connaissait autrefois, alors que certaines régions, comme Kilmartin, et de nombreuses îles, comme Islay et Tiree, avaient probablement autant d'habitants qu'aujourd'hui.
Beaucoup de petites agglomérations ont maintenant disparu, de sorte que la campagne est beaucoup plus vide qu'autrefois, et de nombreuses zones qui étaient autrefois cultivées sont maintenant abandonnées. Même le paysage physique n'est pas entièrement tel qu'il était : les niveaux de la mer ont changé et la combinaison de l'érosion et de l'envasement a sans doute considérablement modifié la forme de la côte à certains endroits, tandis que l'accumulation naturelle de tourbe et les altérations causées par l'extraction de la tourbe ont modifié les paysages intérieursVoir McDonald, Kingdom of the Isles, pp.10–20, pour une courte discussion sur la géographie du Dál Riata en Écosse..
Comme cela était normal à l'époque, l'agriculture de subsistance était l'occupation de la plupart des gens. Avoine et orge étaient les principales cultures céréalières. Le pastoralisme était particulièrement important, et la transhumance (le mouvement saisonnier des gens avec leur bétail entre les pâturages d'été et d'hiver fixes) était la pratique dans de nombreux endroits. Certaines zones, notamment l'Islay, étaient particulièrement fertiles et de bons pâturages devaient être disponibles toute l'année, tout comme en Irlande. Tiree a été célèbre plus tard pour son avoine et son orge, tandis que des îles plus petites et inhabitées étaient utilisées pour garder les moutons. La zone, jusqu'à récemment, était remarquable pour ses pêcheries côtières et pour les mollusques et crustacés en abondance ; les fruits de mer ont donc probablement joué un rôle importantCampbell, Saints and Sea-kings, p. 22–29; Foster, Picts, Gaels and Scots, p. 49–59..
Le Senchus Fer n-Alban donne la liste des trois principaux groupes du Dál Riata en Écosse, avec un quatrième qui les a rejoints plus tardLe Senchus est traduit dans: Bannerman, Studies, pp. 47–49; d'abord publié dans Celtica, vols. 7 (1966) – 9 (1971); précédente traduction: Anderson, ESSH, vol. 1, pp. cl–cliii et Skene, Chronicles of the Picts and Scots.:
le Cenél nGabráin, au Kintyre, constitué de descendants supposés de Gabrán mac Domangairt ; le Cenél nÓenguso, à Islay et Jura, descendants supposés de Óengus Mór mac Eirc ; le Cenél Loairn, à Lorne, peut-être aussi sur Mull et en Ardnamurchan, descendants supposés de Loarn mac EircBroun, « Dál Riata », note que le Senchus traite le Cenél Loairn différemment. En fait, il liste les trois (puis quatre) parties du Cenél Loairn comme le Cenél Shalaig (ou Cenél Fergusa Shalaig), Cenél Cathbath, Cenél nEchdach et Cenél Muiredaig même si le compilateur des Senchus semble douter que leur fondateurs éponyme Fergus Shalaig, Cathbad, Eochaid et Muiredach soient tous des fils de Loarn mac Eirc. ; le Cenél Comgaill, au Cowal et dans Bute, une addition postérieure, constituée de descendants supposés du Comgall mac DomangairtBannerman, Studies, p. 110, date la séparation du Cenél Comgaill et du Cenél nGabráin des environs de 700..
Le Senchus ne mentionne aucune famille en Irlande, mais énumère une famille apparemment tout à fait mineure appelée Cenél Chonchride à Islay, descendante d'un autre fils d´Erc, Fergus Becc. Un autre parent, Cenél Báetáin de Morvern (plus tard Clan Mac Innes), a quitté le Cenél Loairn à peu près au même moment où Cenél Comgaill s'est séparé de son lignage d'origine. Le district de Morvern était autrefois connu sous le nom de Kinelvadon, d'après le Cenél BáetáinWatson, Celtic Place-names of Scotland, p. 122..
Le Cenél Loairn a peut-être été le plus grand des « trois lignages », selon le Senchus, qui le divise en Cenél Shalaig, Cenél Cathbath, Cenél nEchdach et Cenél Murerdaig. Parmi les Cenél Loairn, il y a également les Airgíalla, sans que l'on sache si c'étaient des colons irlandais ou simplement une autre tribu à qui la dénomination a été appliquée. Bannerman propose de l'attribuer aux Uí Macc UaisBannerman, Studies, pp. 115–118. Voir aussi Bannerman, Studies, p. 120 & 122, la Vie tripartite de saint Patrick semble se référer au "Cenél nÓengusa" d'Antrim.. La signification d'Airgíalla, « donneurs d'otages », ajoute à l'incertitude, bien qu'il faille observer qu'un seul groupe en Irlande a apparemment reçu ce nom et il est donc très rare, ce qui vient peut-être à l'appui de l'hypothèse de Ui Macc Uais. Il n'y a aucune raison de supposer qu'il s'agit d'une liste complète ou exacteLes Annales d'Ulster, s.a. 670, se réfèrent au retour du genus Gartnaith, i.e. le Cenél Gartnait, d'Irland à Skye. Ce Gartnait est présumé être un fils de Áedán mac Gabraín: voir Broun, "Dál Riata". Bannerman, Studies, pp. 92–94, qui identifie ce Gartnait à un fils d' Áedán, et qui en fait la même personne que Gartnait, roi des Pictes. Aucun fils de ce nom n'est nommé par Adomnán, dans les annales, ou par le Senchus. voir aussi Adomnán, Life, II, 22, and note 258, où un certain Ioan mac Conaill mac Domnaill est réputé être issu de la « lignée royale du Cenél nGabráin. » Voir également la discussion sur le Cenél Loairn..