La brigade Etzioni (, Hativat Etzyoni), également connue sous les noms de 6 brigade et brigade de Jérusalem, est une brigade d’infanterie des forces de défense israéliennes. Elle est fondée à la fin de l’année 1947 comme unité du Corps de campagne chargée de la défense de Jérusalem et de ses environs. Elle opère durant la guerre israélo-arabe de 1948 aux côtés de la brigade Harel. Son premier commandant est , remplacé par la suite par David Shealtiel.

Fondation et organisation droite|vignette|Soldats de la brigade Etzioni stationnant dans l’ à Jérusalem en 1948. La brigade Etzioni est créée à la suite de la décision du commandement de la Haganah, le , d’organiser quatre brigades d’infanterie fondées sur le Hish : Levanoni, Alexandroni, Guivati et Etzioni. Trois bataillons sont prévus au total et deux sont d’abord déployés : le bataillon « Moriah » et le bataillon « Mikhmas ». Le bataillon « Beit Horon » est ajouté en , tandis que le est dissous au cours du même mois. Des unités du et de Gadna opérant dans la région de Jérusalem, totalisant cinq bataillons, sont également placées sous l’autorité de la brigade. Au , de la évalue l’effectif de la brigade à 3 166 soldats.

La région de Jérusalem, et donc le théâtre d’opérations de la brigade, s’étend de la mer Morte à l’est jusqu’à Hartouv à l’ouest, d’ au nord jusqu’au bloc d’implantations de Goush Etzion au sud. Selon le plan Daleth, la mission assignée à la brigade Etzioni est de « prendre les positions clés sur la route Jérusalem–Tel-Aviv et d’assurer l’implantation dans la ville de Jérusalem ». , qui avait occupé plusieurs postes d’état-major avant la guerre, est nommé commandant de la brigade sur la recommandation de .

Conflits de commandement et réorganisation Avant la réorganisation des forces d’infanterie de la Haganah en , la brigade est structurée en deux bataillons. Le premier, commandé par Zalman Mart, est chargé de la zone couvrant le nord de Jérusalem, Motza, Atarot et Neve Yaakov. Le second, sous le commandement de Shalom Dror, est responsable de la vieille ville et de Gush Etzion. La brigade n’est toutefois pas préparée aux combats qui s’annoncent, et son commandant, Israël Amir, ne coopère pas avec les autres unités actives dans le secteur.

David Shealtiel, qui remplace Amir à la tête de la brigade au cours du même mois, réorganise les forces et divise Jérusalem en cinq secteurs : quatre sont confiés au Corps de garde, tandis que la vieille ville et les quartiers du sud reviennent aux bataillons opérationnels ( et ). Cette réorganisation ne porte pas ses fruits et, en , Shaltiel constate que l’unité souffre de graves problèmes de ravitaillement et de discipline. À ce rythme, selon lui, Jérusalem ne pourrait pas tenir même jusqu’au .

La méthode de commandement de Shaltiel aggrave encore les problèmes de discipline, au point qu’en le bataillon se mutine et est placé sous l’autorité de la brigade Harel jusqu’en . En , Israël Galili met en place au sein de la brigade Etzioni une unité d’état-major basée à Tel-Aviv, chargée de superviser les implantations périphériques et isolées de la région de Jérusalem.

Le changement de commandement n’améliore pas la coopération entre les différentes unités de la région de Jérusalem. Shaltiel insiste pour que le commandement régional soit responsable de toutes les unités de sa zone, y compris celles de la brigade Harel, qui selon lui ne reçoivent d’ordres que du quartier général de la Palmah à Tel-Aviv. Shaltiel entre en conflit avec le haut commandement de la Haganah à propos de ses accords unilatéraux avec l’Irgoun et le Lehi, qui n’ont pas été approuvés par l’état-major.

Les dirigeants politiques et culturels de Jérusalem n’acceptent pas l’autorité de la brigade sur les questions de sécurité, en particulier sous le commandement de Shaltiel. La population civile de Jérusalem refuse de fournir à Etzioni le carburant et les effectifs nécessaires, et , président du conseil municipal, adresse une plainte personnelle à David Ben Gourion concernant les méthodes de recrutement de Shaltiel.

Moshe Dayan remplace David Shaltiel au poste de commandant régional de Jérusalem le , bien qu’il ne parvienne pas à provoquer de changements territoriaux significatifs dans la région. Il termine son mandat en .

Opérations La brigade Etzioni, disposant d’une force opérationnelle (Corps de campagne) plus réduite que les autres brigades, ne quitte jamais le théâtre de Jérusalem. Elle subit au total entre 592 et 651 pertes tuées au combat lors des batailles pour Jérusalem et Goush Etzion, soit le plus grand nombre de tués au combat de toutes les brigades au cours de la guerre. En raison du manque d’effectifs et de formation des unités du Corps de garde, la brigade se limite pendant les premières phases du conflit à des missions de surveillance, sans disposer d’unités de réserve pour mener des attaques.

La brigade Etzioni participe à l’opération Yevousi (avril–), première opération de l’histoire de la Haganah menée par plus d’une brigade, l’autre étant la brigade Harel. Le bataillon capture le quartier de Katamon les 2 et et établit la liaison avec , jusque-là isolé.

Après le retrait des Britanniques de Jérusalem en , et à la suite de l’ dans la vieille ville, la brigade Etzioni, assistée par les paramilitaires de l’Irgoun et du Lehi, lance l’ pour prendre le contrôle des secteurs précédemment occupés par les Britanniques. Cheikh Jarrah et les zones situées entre Yemin Moshé et Réhavia sont prises le , suivies des colonies allemande et grecque, de Baka, du camp Allenby et de la majeure partie de « Bevingrad » le . est capturé les 17 et , mettant fin à l’opération. Après Kilshon, la brigade réalise de nouveaux gains mineurs en prenant le , à proximité de la Nouvelle Porte, les 17 et , tandis qu’une attaque simultanée sur la tour de David échoue.

Après la prise de Cheikh Jarrah et l’entrée dans la vieille ville par la Légion arabe jordanienne, toutes les unités israéliennes présentes à Jérusalem entrent en action, y compris la brigade Etzioni, notamment dans le nord de la ville entre Sanhédriah et le monastère Notre-Dame. Une attaque de la Légion sur le mont Scopus est repoussée principalement par les soldats d’Etzioni qui y sont stationnés.

La brigade participe activement aux combats de Ramat-Rachel. Le , le kibboutz est pris et pillé par les forces de la Confrérie musulmane égyptienne après de lourds bombardements. À 17 h, une unité du bataillon reprend le village et le remet aux unités du Corps de garde. Cette tentative échoue, et le , les forces arabes reprennent le contrôle du village. La brigade Etzioni le reconquiert dans la nuit, laissant sur place 75 défenseurs, dont 50 membres de l’Irgoun et 25 soldats d’Etzioni. La troisième attaque conjointe de la Confrérie musulmane et de la Légion arabe a lieu le et est repoussée principalement par les unités de l’Irgoun. Les renforts d’Etzioni et de Harel repoussent les forces arabes et s’emparent du monastère de Mar Élias, au sud-ouest.

Pendant les batailles des Dix Jours, la brigade Etzioni est chargée d’étendre considérablement le contrôle juif sur Jérusalem et ses environs, y compris la prise de la vieille ville. Dans le nord de Jérusalem, l’initiative reste aux mains de la Légion arabe, qui attaque Mandelbaum et , attirant les unités de Tsahal dans la zone. Malgré cela, Etzioni et les unités régionales de Gadna parviennent à s’emparer de la porte de Sion, d’al-Maliha et d’Ein Kerem entre le 10 et le .

Le bataillon de la brigade Etzioni participe à l’ les 16 et , visant à prendre la vieille ville par une attaque frontale, en raison du temps limité imposé par le cessez-le-feu imminent, mais il échoue à franchir ses murs. Malgré quelques succès locaux, l’opération s’interrompt avec l’annonce du cessez-le-feu.

Après le second cessez-le-feu de la guerre, la brigade Etzioni participe à l’opération Yekev, destinée à prendre les montagnes de Beit Jala, mais échoue dans sa mission et se retire. Elle prend ensuite part à l’, qui permet de nettoyer les villages situés à l’ouest de Jérusalem.

La brigade Etzioni est dissoute à l’issue de la guerre, dans le cadre de la réorganisation générale de Tsahal, qui ne conserve que trois brigades actives à l’été 1949. Elle est recréée en 1955 en tant que brigade de réserve du commandement central. En , elle est transférée au commandement sud et renommée brigade.

En 2010, la brigade d’infanterie de réserve est renommée brigade Etzioni et reprend le numéro 6.

À partir de 2023, dans le cadre de la guerre de Gaza, la brigade participe aux incursions israéliennes en Cisjordanie.

Organisation 25px brigade d’infanterie « Etzioni » 8103 bataillon d’infanterie « Moriah » 9219 bataillon d’infanterie « Beit Horon » 9220 bataillon d’infanterie « Michmash » 6408 bataillon de reconnaissance « Yonathan » 8173 bataillon du génie de combat (réserve) 5166 bataillon logistique « Etzioni » Compagnie de transmissions « Etzioni »

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

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