Gustave Henri Dugat, né à Orange le Extrait des registres des actes de l’état-civil de la ville d’Orange, Base Léonore des dossiers de la Légion d’honneur, Archives nationales, Cote LH//836/78. et mort à Pontevès le Acte de décès numéro 6, Mairie de Pontevès, Archives départementales du Var, Cote 7E99/12., est un orientaliste et haut fonctionnaire français. Il est le promoteur de l’orientalisme arabe.

Biographie Gustave Dugat est le fils d’Henri Dugat, maire d’Orange, sous-préfet d’Orange, puis inspecteur général des prisons à Paris, et de Rose Fayolle. Il est l’époux d’Élisabeth Amic, originaire de BarjolsActe de mariage numéro 22, Mairie de Barjols, Archives départementales du Var, Cote 7E1228., dont il a un fils, Henri DugatActe de naissance numéro 675, Mairie du 5 arrondissement de Paris, Archives de Paris, Cote V4E2983.Né à Paris, il porte le prénom de son grand-père paternel et va devenir médecin..

En 1844, il s’initie à l’arabe en Algérie, lorsqu’il accompagne son père qui est chargé de faire un état des lieux du système pénitentiaireHenri Dugat, Des condamnés, des libérés et des pauvres : prisons et champs d'asile en Algérie, Imprimerie administrative de Paul Dupont, 1844.. De 1844 à 1848, il effectue ses études à l’École nationale des langues orientales vivantes, en arabeÀ l'École des langues orientales vivantes, Gustave Dugat est l'élève de Rainaud et de Caussin de Perceval., mais aussi en turc et en persanGustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Éditions Hachette, 1870.. Après l’obtention de son diplôme, faute d’obtenir une chaire, il marche sur les traces de son père au ministère de l’Intérieur, jusqu’à devenir après lui inspecteur-général des prisonsRésumé des services au ministère de l’Intérieur, Base Léonore des dossiers de la Légion d’honneur, Archives nationales, Cote LH//836/78.. Il poursuit cependant ses travaux savants. Membre de la Société asiatique en 1848, il traduit des lettres envoyées par les maronites du mont-Liban et plusieurs extraits du Roman d’Antâr. Il est également membre de la Société orientale de France et de la Société historique algérienne.

Républicain convaincuGeorges Moreau, Revue encyclopédique, Éditions Larousse, 1894., il milite en 1848 pour une réforme de l’École nationale des langues orientales et, candidat à un poste de répétiteur d’arabe vulgaire, propose d’y donner des cours d’histoire et de géographie (il n’y inaugurera cet enseignement qu’en 1872). C’est sans plus de succès qu’il appelle, en 1855, à créer des chaires d’arabe dans les lycées parisiens et dans l’ensemble des facultés de lettresAlain Messaoudi, Les arabisants de la France coloniale. Savants, conseillers, médiateurs (1780-1930), Éditions ENS, 2015.. Sous le Second Empire, il participe à la vulgarisation des connaissances sur le monde musulman et se fait le promoteur d’une politique de généralisation de l’instruction en arabe et en français en Algérie. Appelant à la collaboration des orientalistes et des lettrés orientaux, il fait connaître la production arabe contemporaine en éditant et traduisant Fârès Echchidiâk (Poème arabe en l’honneur du bey de Tunis, 1851) et en collaborant avec lui à une Grammaire française à l’usage des arabes d’Algérie (1854)Mahammed-Fadhel Bechraoui, La grammaire française à l’usage des Arabes (1854) de Gustave Dugat et Fârès Echchidiâk, Histoire Épistémologie Langage, Tome 23, 2001..

thumb|Lettre de l’émir Abdelkader qui cautionne la traduction de Gustave Dugat, novembre 1857. En 1858, avec l’accord d'Abdelkader, il publie une traduction de son livre Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent qui met à disposition du large public le texte que l’émir en exil avait adressé à Joseph Toussaint Reinaud. Il utilise des termes modernes pour traduire une pensée qui témoigne de la possible conjonction entre les valeurs de l’islam et le sens du progrèsAlain Messaoudi, Gustave Dugat et le livre d’Abd-el-Kader : traduire une pensée musulmane dans une perspective chrétienne et sociale, Studia Islamica, volume 106, janvier 2011.. En 1861, il devient membre de la Société d'ethnographie (section orientale)Léon Rosny, Mémoires de la Société d'ethnographie, Tome 13, Éditions Maisonneuve et Cie, 1875.. En 1872, il est officiellement chargé d’un cours complémentaire d’histoire, de géographie et de législation des États musulmans à l’École des langues orientales vivantesNomination du 29 avril 1872 par le ministre de l'Instruction publique.Pierre Labrousse, Langues’O 1795-1995, deux siècles d’histoire de l’École de langues orientales, Éditions Hervas, 1995.. En 1873, il participe au premier Congrès international des orientalistes qui se tient à la SorbonneCongrès international des orientalistes, compte-rendu de la première session, Paris, 1873, Éditions Maisonneuve et Cie, 1876..

Biographe de Laurent de l’Ardèche (1879), proche des saint-simoniens, ami d’Henri Fournel dont il aide la publication posthume du second volume des Berbers, étude sur la conquête de l’Afrique par les Arabes, d’après les textes imprimés (1881), il appelle les orientalistes d’Europe à surmonter leurs querelles intestines et à former une famille soudée. Il œuvre au renforcement de leur identité collective en choisissant d’inaugurer par une galerie des contemporains son Histoire des orientalistes de l’Europe du XIIe au XIXe siècle (2 tomes, 1868 et 1870). Son Histoire des philosophes et des théologiens musulmans (de 632 à 1258 de J.-C.). Scènes de la vie religieuse en Orient (1878), reprend un mémoire composé en réponse à une série de questions posées par l’Académie des inscriptions et belles-lettres sur la lutte entre les écoles sous les Abbassides et les causes de la ruine de la philosophie. Il s’y fait l’apôtre d’un socialisme d’inspiration chrétienne – il voit dans le soufisme une expression protestataire contre les classes privilégiées – et considère que l’héritage musulman doit faire partie intégrante de la future religion universelle qu’il voit se profilerDictionnaire de biographie française, Éditions Letouzey et Ané, 1932..

thumb|Monument funéraire de Gustave Dugat au cimetière de Barjols, novembre 2025. En 1883, il prend sa retraite du ministère de l’Intérieur. En 1887, il cesse d’assurer son enseignement aux Langues orientales et il se retire dans son domaine de Calissanne à PontevèsAnnuaire des châteaux et des villégiatures, Éditions La Fare, 1909-1910.. Il fait mettre en vente sa bibliothèque orientale dont le catalogue comporte 690 titresCatalogue de la bibliothèque orientale de M. Dugat Gustave, Éditions Challamel, 1889.. Il meurt à PontevèsIl meurt à son domicile de Pontevès (domaine de Calissanne), et non pas à Barjols comme cela est écrit de manière erronée dans certaines biographies. et est inhumé au côté de son épouse au cimetière de Barjols. Sur son monument funéraire (obélisque) on peut lire l'inscription « Tombeau de Gustave Dugat, célèbre orientaliste, vécut du au , et de sa famille Dugat-Amic de Calissanne ».

Publications 1848 : Antâr en Perse, ou les chamelles Açâfîr (traduit de l’arabe), Journal asiatique. 1850 : Des colonies agricoles établies en France et en Algérie, en faveur des enfants trouvés et abandonnés, orphelins et pauvres, éditions Lépine. 1850 : Poésie arabes. Essai de traduction en vers français de Maouals et autres pièces inédites, Imprimerie nationale. 1850 : Des Colonies agricoles établies en France en faveur des jeunes détenus, enfants trouvés, pauvres, orphelins et abandonnés, précis historique et statistique (avec Jules de Lamarque), imprimerie de Rignoux. 1851 : Poème arabe en l'honneur du bey de Tunis, par M. Farès Ecchidiaq, traduit en vers français et accompagné de notes, imprimerie Bineteau. 1853 : Études sur le traité de médecine d'Abou Djáfar Ah'mad, intitulé : Zad al-Moçafir, la provision du voyageur, Imprimerie impériale. 1853 : Le Roi Nomân, ses jours de bien et ses jours de mal, extrait du roman d'Antâr, traduit de l'arabe et accompagné de notes, Imprimerie impériale. 1854 : Grammaire française à l'usage des Arabes de l'Algérie, de Tunis, du Maroc, de l'Égypte et de la Syrie (avec le cheikh Fârès Echchidiâk), Imprimerie impériale. 1855 : L'orientalisme rendu classique en France, éditions Just Rouvier. 1855 : Analectes sur l'histoire et la littérature des Arabes d'Espagne, par Al-Makkari, esquisse et extraits de cet ouvrage, éditions Just Rouvier. 1856 : Observations sur les "Mémoires d'histoire orientale", de M. Ch. Defrémery, et sur le "Dictionnaire des vêtements arabes", de M. R. Dozy, Imprimerie impériale. 1857 : Essai de rhythmique française, par J.-A. Ducondut, éditions Michel Lévy. 1858 : Le livre d'Abd-el-Kader : Rappel à l'intelligent, avis à l'indifférent. Considérations philosophiques, religieuses, historiques, éditions Benjamin Duprat. 1868 : Histoire des orientalistes de l'Europe, du XIIe au XIXe siècle, éditions Maisonneuve et Cie. 1873 : Cours complémentaire de géographie, histoire et législation des Etats musulmans à l'École spéciale des langues orientales vivantes, éditions Maisonneuve et Cie. 1877 : Notice biographique sur Henri Fournel, ingénieur en chef des mines, éditions Gauthier-Villars. 1878 : Histoire des philosophes et des théologiens musulmans (de 632 à 1258 de J.-C.), scènes de la vie religieuse en Orient, éditions Maisonneuve et Cie. 1879 : Laurent de l'Ardèche, ancien membre des Assemblées constituante et législative (1848-1849) : sa vie et son œuvre, Imprimerie administrative de Paul Dupont.

Décorations Décret du 18 janvier 1881. (1855)

Voir aussi Liens externes

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Orientaliste français Catégorie:Traducteur français du XIXe siècle Catégorie:Linguiste français Catégorie:Arabisant Catégorie:Traducteur depuis l'arabe vers le français Catégorie:Élève de l'Institut national des langues et civilisations orientales Catégorie:Enseignant à l'Institut national des langues et civilisations orientales Catégorie:Membre de la Société asiatique Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1881 Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Médjidié Catégorie:Naissance en avril 1824 Catégorie:Naissance à Orange (Vaucluse) Catégorie:Décès en mai 1894 Catégorie:Décès à Pontevès Catégorie:Décès à 70 ans