L'igue de Planagrèze est une cavité souterraine naturelle. Elle se développe dans le secteur de la Braunhie, sous le territoire de la commune de Caniac-du-Causse, dans le département du Lot dans la région Occitanie en France..

Situation L'igue de Planagrèze se situe dans la forêt de la Brauhnie. De Caniac-du-Causse prendre la route de Fontanes (D 42) sur environ. Prendre le chemin carrossable qui part à l'Est en face de la route de Poujade et de Las Combes. Un panneau de direction au bord de la route D42 indique le parking de l'igue. Le vaste orifice de l'igue se trouve à gauche du chemin à de la route à proximité de son grand panneau explicatif. Un chemin descend au fond d'une petite dépression boisée où l'orifice de la cavité est entouré d'un garde-corps métallique.

Toponymie Planagrèze signifie : grèze plate, grèze désignant la terre inculte.

Risques L'igue de Planagrèze présente plusieurs risques :

L'entrée et les puits présentent des dangers de chute mortelle en cas de franchissement des garde-corps pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques : notamment dans le puits d’entrée de de profondeur. Les eaux du Lac peuvent monter de plus de et envahir le fond du puits d'entrée (cote ). Risque de noyade dans la Rivière Suspendue et le Lac.

Géologie et Spéléogénèse alt=Carte géologique et hydrologique|vignette|516x516px|Schéma du Bassin versant de l'Ouysse et du Célé. Les calcaires de l'igue de Planagrèze se sont formés au jurassique supérieur. Différentes couches de roches sont visibles :

Près de la surface, des calcaires compacts beiges à pâte fine. Ils contiennent un niveau à gros cristaux trapézoïdaux de calcite qui surmonte un niveau à Astartes ; ils appartiennent au séquanien. Aux cotes et ,des calcaires en petits bancs entre deux joints corrodés. Jusqu'à la cote , un calcaire plus tendre jusqu'à un nouveau joint corrodé. jusqu'à la cote , la roche devient plus pâle et très cristallisée ; les joints sont rares et peu marqués sur une trentaine de mètres. Dans cette tranche, R. Séronie-Vivien note un calcaire à oolithes rares, riche en foraminifères (Trocholines et Valvucinelles).

Pour R. Séronie-Vivien, la tectonique en plissement de La Brauhnie est caractérisée par un axe synclinal est-ouest qui passe entre l'igue de Planagrèze et l'igue de L'Aussure.

Les zones de surface près de l'Igue de Planagrèze forme des lapiès avec un calcaire à pâte très cristallisée, qui parait plus propice à ce type de corrosion que les calcaires à pâte fine.

Hydrologie Le secteur de la Braunhie formant une dépression fermée joue le rôle d'impluvium, participe aussi au drainage souterrain avec des cavités comme Planagrèze. Les eaux de Planagrèze refont surface aux émergences de Saint-Sauveur et Fontbelle. Elles sont collectées par la partie sud-ouest du bassin versant de l'Ouysse et de la Dordogne.

La circulation pérenne des eaux dans l'igue de Planagrèze s'effectue : dans des galeries horizontales au niveau de la Rivière Suspendue qui coule vers le nord et en zone noyée à partir de la côte sous le Lac Terminal.

En période de crue, l'eau du lac remonte sensiblement, en , le Puits Maury était totalement noyé, l'eau ayant atteint la côte de la rivière (). Jean Lesur indique que lors d'une crue centennale, les eaux du Lac peuvent noyer la Rivière Suspendue, le Tuyau de Poêle et monter de plus de pour envahir le fond du puits d'entrée (cote ).

Description

Puits d'entrée L'igue est centrée sur une importante doline de diamètre : , occupée au Sud par un bosquet tandis que des arbustes bordent sa partie Nord et le muret du chemin.

Un garde-corps métallique entoure le puits d'entrée de qui présente un redan au bas duquel se trouve la première arrivée d'eau temporaire de la cavité. Le ruissellement se jette dans la cannelure de la seconde partie du puits de forme allongée. Un sol caillouteux à la cote conduit au nord à un ressaut de qui donne sur une salle nommée La Castine servant de perte aux écoulements. Un petit réseau remonte verticalement jusqu'à une lucarne impraticable à proximité de l'arbre servant traditionnellement à la fixation des cordes de spéléologie.

Vers la Rivière Suspendue L'igue se poursuit en remontant une courte pente argileuse au sud-est, par un puits de appelé le Tuyau de Poêle. Ce puits donne sur une dalle qui surplombe la Rivière Suspendue. Ce courant d'eau très calme se développe à la côte . L'eau s'étend sur 65 mètres environ dans une galerie en forme de conduite forcée terminée à l'amont par trois siphons, longs respectivement de , et plus de 150 mètres et séparés par des galeries émergées. Vers l'aval, l'eau s'engouffre dans un conduit étroit suivi d'une diaclase verticale, longue de 5 mètres environ, qui se poursuit par des puits très étroits et arrosés noyés à la cote −140 mètres.

Vers le Lac Terminal À l'extrémité aval de la Rivière Suspendue s'ouvre le Puits Maury, oblique et fractionné en six tronçons. Il débouche sur le Lac Terminal situé à l'étiage à la cote . Dans ce puits, vers la cote -155m, se présentent quatre puits parallèles, témoins probables du recul d'une cascade aujourd'hui fossile. Le Lac terminal a été plongé jusqu'à la profondeur de sans en atteindre le fond.

Historique des explorations

Le puits d'entrée alt=Portrait d'Édouard-Alfred Martel.|gauche|vignette|Édouard-Alfred Martel : le premier explorateur de l'igue de Planagrèze. Édouard-Alfred Martel explore le puits d'entrée de l'igue de Planagrèze le au lendemain de sa deuxième visite à l'igue de Viazac. Il décrit l'igue de Planagrèze dans son ouvrage les Abîmes.

Dans une première partie, il expose qu'en surface, l'igue en forme d'entonnoir est formée par un cloup profond . Pour lui, cette doline est le point bas d'une zone de 2 à de diamètre, fermé de tous côtés et il affirme que ce gouffre collecte toutes les eaux d'orages qui convergent vers lui..

Il présente le premier à-pic de , coupé à par un redan, comme une diaclase agrandie par l'érosion, rétrécie vers la base et terminée par une fente impénétrable à plus bas que le fond du premier puits. Il note que la partie supérieure du grand puits est forée et polie par l'eau en hélice, puis de façon verticale sous le redan. Le talus de débris au fond du gouffre, composé d'une brèche de cailloux, de terre, de branchages et d'ossements, présente selon lui la particularité de s'interrompre brusquement en forme de croissant sur toute sa largeur et sur de hauteur, à la verticale de l'orifice. Martel estime que seule une chute d'eau a pu entamer et défoncer cette brèche en accord avec la situation topographique du gouffre. Il conseille de déboucher la dernière fissure pour savoir si d'autres puits la continuent, ou si une couche marneuse imperméable interrompt la chute des eaux. Il s'est arrêté à en-dessous du bord du cloup, soit sous l'orifîce de l'igue.

Dans un renvoi de bas de page, il compare bizarrement la forme de Planagrèze avec celle du gouffre de Bèdes situé au sud de Gramat et voisin du gouffre des Vitarelles, qu'il a visité deux ans plus tôt.

En 1946, Guy de Lavaur tente de progresser dans l'exploration du gouffre, mais ne dépasse pas la base du puits d'entrée. Lors de cette sortie, il initie Jean Lesur aux techniques de l'époque : la descente à l'échelle de corde.

Des escalades dans le puits d'entrée montrent un petit réseau remontant qui débouche actuellement par un conduit impénétrable sur une petite ouverture proche du garde-corps et fermée par des barreaux.

La Rivière Suspendue et le Lac Terminal Le , Le Groupe Spéléologique du Quercy (GSQ) découvre, après escalade, le passage du Tuyau de Poêle qui nécessite d'être élargi. En 1956, après des travaux, le GSQ atteint la Rivière Suspendue à la côte . Le , ils atteignent le Puits Maury qui les mène au Lac Terminal à la cote .

Le Groupe Spéléologique Massat et Groupe Spéléologique de Corrèze s'associent pour explorer en plongée souterraine les siphons de la Rivière Suspendue. Le premier siphon, long de , et la galerie qui suit sont explorés les 1er et . Le , le deuxième siphon, long de , est franchi et le début du 3ème est entrepris sur . Les expéditions de 1973 sont contrariées par de mauvaises conditions météorologiques qui provoquent des crues de la rivière.

En 1973 et 1974, Le G.S. Corrèze élargi encore plus le tuyau de Poêle à l'explosif, afin de faire passer le matériel des plongeurs.

Enfin en , Le GSQ déverse sans résultat dans la rivière vingt kilogrammes de fluorescéine.

La topographie du siphon 2 est effectuée à la Toussaint 1978.

Les 5 et , au niveau de la dalle qui surplombe la rivière à côte , le Groupe Spéléologique et Archéologique d'Agen et le GSQ-Fumel ouvre à l'explosif un passage très étroit permettant un regard sur la cascade où se jette la Rivière. Ce passage étroit et vertical est dépassé en utilisant un narguilé et en colmatant temporairement l'évacuation de la rivière. La cote est atteinte avec un arrêt sur un nouveau passage étroit noyé.

Du 3 au , le club spéléologique A.S. Roto-Sports plonge le Lac Terminal. Le plongeur Denis Sablé s'équipe sur les arches au-dessus de l'eau. Il explore une grande galerie de 10 à de diamètre jusqu'à une profondeur de sans en atteindre le fond. De retour du 28 au , il atteint le fond du puits précédent à la profondeur de constitué d'une grande salle baptisée Salle du Collier avec une pente très argileuse et vers le nord une petite galerie de . La roche est couverte de concrétions en forme de choux-fleurs et d'argile.

Des topographies sont levées en 1957 (GSQ), 1963 (Jean Lesur), 1976 (G. S. Massat) et 2008.

À Pâques 2007, l'équipe PlongéeSout, rassemblant douze spéléologues et onze plongeurs allemand, anglais, suisses et français, reprend les plongées du Lac Terminal et de la Rivière Suspendue. Ils établissent une plateforme en bois au-dessus du Lac et atteignent la profondeur de sans atteindre le fond de la cavité. Dans la Rivière Suspendue, ils sont bloqués dans le 3ème siphon par un passage rétréci.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des cavités naturelles les plus profondes du Lot Liste des cavités naturelles les plus longues du Lot Causse de Gramat

Bibliographie .

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