La tentative de coup d'État de 2002 en République centrafricaine est un coup d'État militaire raté survenu en République centrafricaine (RCA) mené par des forces loyales au chef d'état-major démis François Bozizé, dans le but de renverser le président Ange-Félix Patassé. La tentative de coup d'État dure six jours, débutant le lorsque les forces rebelles attaquent la capitale, Bangui, et se terminant à la fin du mois, le , lorsqu'elles sont chassées et que le gouvernement reprend le contrôle de la capitale. Le gouvernement Patassé reçoit une aide cruciale du régime de Kadhafi en Libye, qui déploie 200 soldats libyens et une petite flotte de chasseurs pour leur porter secours. Ils sont également soutenus par le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, qui envoie plus d'un millier de combattants pour les aider. Selon Amnesty International, les forces gouvernementales et leurs alliés étrangers commettent de graves violations des droits humains pendant et après la tentative de coup d'État.

Contexte Depuis son indépendance en 1960 de la France jusqu'aux années 1990, la République centrafricaine est dirigée par des dirigeants autoritaires, chacun renversé lors de coups d'État militaires. Après la fin de la guerre froide en 1991, l'Occident devient moins tolérant envers les dictatures dans le monde en développement, dont le régime de Kolingba. Face à une pression internationale croissante, André Kolingba est contraint de démocratiser le pays en après des années de régime à parti unique. En 1993, les toutes premières élections multipartites du pays ont lieu, avec Ange-Félix Patassé remportant la majorité des voix.

Cependant, sa présidence est rapidement entachée par des troubles au sein de l'armée. Des factions dissidentes de l'armée tentent à plusieurs reprises de renverser le nouveau président, notamment en 1996 et 1997. Le chef d'état-major de l'armée, François Bozizé, contribue à réprimer ces mutineries. Après une troisième tentative de coup d'État en 2001, cependant, la loyauté de Bozizé envers le président est remise en question, avec des soupçons quant à son implication dans le complot. En conséquence, Bozizé est démis de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée le . Bien que Bozizé tente de résister à son renversement, il est finalement contraint à l'exil dans le sud du Tchad en novembre.

Tentative de coup d'État Le , les loyalistes de Bozizé mènent un raid sur la capitale, Bangui, dans le but de renverser le président Patassé. Des combats intenses engloutissent la capitale pendant six jours, du 25 au , alors que les forces rebelles affrontent les troupes gouvernementales. Les forces de Patassé, soutenues par 200 soldats libyens, des raids aériens de jets libyens et plus d'un millier de combattants du Mouvement de libération du Congo (MLC), repoussent finalement les rebelles et reprennent le contrôle de la capitale.

Lors de l'attaque initiale du , le porte-parole présidentiel Prosper Ndouba est pris en otage par les rebelles et détenu dans une zone située à 300 kilomètres au nord de Bangui, près de la frontière avec le Tchad. Il est libéré le .

Le , dans le district PK12 de Bangui, des dizaines à plus d'une centaine de ressortissants tchadiens sont tués par des membres de la Garde présidentielle et d'autres forces gouvernementales. Les estimations suggèrent que jusqu'à 120 civils tchadiens sont tués.

Pendant et après la tentative de coup d'État ratée, Amnesty International signale de graves violations des droits de l'homme, notamment des assassinats illégaux de civils non armés, des passages à tabac indiscriminés de centaines de personnes, et des incidents généralisés de violences sexuelles commises par les forces gouvernementales et leurs alliés.

À la suite de la tentative de coup d'État, le gouvernement Patassé intensifie sa répression contre la presse. Les journalistes qui osent rapporter de manière critique font face à du harcèlement, des menaces et des violences physiques. En conséquence, de nombreux journalistes pratiquent l'autocensure, évitant les critiques du gouvernement par crainte de représailles.

Le gouvernement prend également des mesures pour contrôler le flux d'informations en brouillant les diffusions des médias étrangers, notamment Radio France Internationale (RFI) et la station panafricaine Africa No. 1, les accusant de reportages biaisés.

Notes et références

Catégorie:Coup d'État ou tentative de coup d'État au XXIe siècle Catégorie:2002 en République centrafricaine Catégorie:Octobre 2002 Catégorie:Coup d'État en Centrafrique