Églantine Demay, née Léonie Marlet le dans le 10e arrondissement de Paris et morte par suicide le à Saint-Moritz en Suisse, est une danseuse de cancan et demi-mondaine française.

Elle est passée à la postérité grâce à l'affiche intitulée Troupe de , commandée à l'artiste Henri de Toulouse-Lautrec en et sur laquelle elle est censée figurer, bien qu'à cette date elle fût morte depuis plusieurs mois.

Biographie Jeunesse et famille Léonie Désirée Marlet Marlet naît en 1868 à Paris, fille de Désiré Louis Marlet, serrurier, et Placide Barbé, son épouse.Acte de naissance , , Paris , Archives de Paris.. Elle est la sœur aînée de Rose Marlet, future demi-mondaine et actrice sous le nom de Rose Demay. Leur père meurt en 1871 et leur mère, remariée en 1874, meurt quelques mois après avoir donné naissance à une troisième fille.

Si la presse d'époque prête parfois à Églantine et Rose Demay d'autres sœurs ou demi-sœurs parmi les personnalités (Alphonsine Demay, Marcelle Demay...), elles n'ont en réalité aucun lien de parenté.

Carrière Léonie Marlet adopte à partir de 1886 le nom de scène d'Églantine Demay. écrit le chroniqueur Jean Lorrain à son proposRaitif de la Bretonne [Jean Lorrain], « Pall-mall semaine », L’Écho de Paris, 15 août 1895, p. 2.. En , elle est l'une des premières élèves de l'école de chahut-cancan ouverte par la danseuse Nini Patte-en-l'air à Montmartre. et commence à se produire sur scène, notamment dans le tout nouveau cabaret du Moulin-Rouge. En 1894, elle danse en quadrille à Londres avec Nini Patte-en-l'air, Ténébreuse et Épi d'OrDavid Price, Cancan!, Cygnus Arts, Fairleigh Dickinson University Press, 1998..

Églantine Demay appartient par ailleurs au demi-monde et, pendant quelques années, son nom apparaît surtout dans la presse à l’occasion d’événements mondains, aux côtés d'autres courtisanes comme Liane de Pougy ou Valtesse de la Bigne. Elle développe une addiction à la morphineRamon Larive [Joris-Karl Huysmans], « Suicide dans le demi-monde », Gil Blas, 12 août 1895, pp. 1-2. et Jean Lorrain raconte qu'elle a inspiré un des chapitres du livre Les Possédés de la morphine, publié en 1892 par le journaliste Maurice Talmeyr.

En , en villégiature à Saint-Moritz, Églantine Demay se suicide en se défenestrant depuis sa chambre d'hôtel. Elle est retrouvée mourante au matin et décède après une agonie de plusieurs heures. Avant de mourir, elle a demandé à être enterrée à Paris. Elle est inhumée une semaine plus tard, en présence de quelques demi-mondaines, au cimetière parisien de Saint-OuenRegistre journalier d’inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen, Archives de Paris.. En , ses biens sont vendus aux enchères à Drouot.

Rose Demay, morte à Cannes en 1945, est enterrée au côté de sa sœur en 1946Registre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen (« venant de Cannes »), Archives de Paris..

La troupe de vignette|312x312px|Henri de Toulouse-Lautrec, Troupe de , 1896. En , Jane Avril écrit à l'artiste Toulouse-Lautrec dont elle est l'amie pour lui commander une affiche publicitaire. : la troupe, dite « de » doit se produire au Palace Theatre de Londres. Outre Jane Avril, le quadrille se compose des danseuses appelées Cléopâtre, Gazelle et Églantine, mais cette dernière ne peut être Églantine Demay, morte depuis cinq mois. De son côté, le peintre travaille d'après une photographie et choisit de placer les artistes dans un ordre qui ne suit pas la position de leurs noms sur l'affiche : de gauche à droite, Jane Avril (un peu à l’écart), Cléopâtre, Églantine et Gazelle.

Après quelques représentations, jugées fades par la critique londonienne, la troupe se sépare. Le nom de continue d'apparaître dans les années qui suivent parmi les artistes de cancan, confirmant que cette identité a été endossée par d'autres danseuses après la mort d'Églantine Demay.

Bien qu'Églantine Demay soit morte en 1895, son nom est, dans de nombreuses sources, associé à la troupe de et à l'affiche de Toulouse-LautrecŒuvre graphique de Toulouse-Lautrec : [exposition, Paris], Bibliothèque nationale, , [catalogue réd. par Jean Adhémar] ; [préf. de Julien Cain], Paris, Presses artistiques, 1951....

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Nom de scène Catégorie:Danseuse française du XIXe siècle Catégorie:Demi-mondaine Catégorie:Naissance en mai 1868 Catégorie:Naissance dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en août 1895 Catégorie:Décès à Saint-Moritz Catégorie:Décès à 27 ans Catégorie:Suicide par précipitation en Suisse Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen Catégorie:Henri de Toulouse-Lautrec Catégorie:Modèle du XIXe siècle Catégorie:Consommation de psychotropes