alt=Das Foto zeigt eine Straße mit mehrstöckigen Häusern auf beiden Seiten, aufgenommen bei Tageslicht unter blauem Himmel. Die Gebäude links und rechts haben helle oder pastellfarbene Fassaden, teils mit Schildern und Markisen. Im Vordergrund steht ein blaues Straßenschild mit der Aufschrift „Keupstr.“ über der Straße. Auf beiden Straßenseiten sind zahlreiche Autos parallel geparkt, darunter weiße, silberne und dunkle Fahrzeuge. Links im Bild befindet sich ein Döner-Imbiss mit der Aufschrift „Yaprak Döner“, daneben weitere Geschäfte mit auffälliger Beschriftung, unter anderem ein Laden mit rotem Leuchtschild „Chef“. Einige Fahrräder stehen am Rand. Bäume mit grünem Laub stehen beidseitig der Straße, ihre Kronen reichen teilweise über die Fahrbahn. Stromleitungen und Lichterketten spannen sich über die Straße hinweg. Die Perspektive zeigt die Straße in Tiefe und verjüngt sich leicht zum Horizont hin.|vignette|Keupstraße, n°19 à 21 / Schanzenstraße (2025) La Keupstraße (litt. « rue Keup ») est une rue de 890 mètres de long, située sur la rive droite du Rhin dans le quartier de Mülheim à Cologne.

Situation La rue Keupstraße commence à l'intersection de la Dünwwalder Straße avec la rue Mülheimer Freiheit, et se poursuit en un arc jusqu'à la Bergisch Gladbacher Straße, non loin de la place de Vienne. Elle se situe à proximité de Schanzen, un ancien quartier industriel du siècle, où se trouvent aujourd'hui plusieurs établissements culturels (le Kölner Schauspiel, l'ancienne usine E-Werk, etc.) et de jeunes entreprises, notamment du secteur des médiasSusanne Beyer, Die Glücklichen: Warum Frauen die Mitte des Lebens so großartig finden, 2021. Elle est coupée en deux par sa principale intersection avec le Clevischer Ring (qui fait partie de la Bundesstraße 8).

Origine du nom La Keupstraße est construite à la fin du XIXe siècle sous le nom de Wolfsstraße (la rue du loup). Elle est encore désignée ainsi dans le plan de Cologne datant de , mais renommée le d'après Maria Sibylle Petronella Keup (née Wolff)Origine des noms des rues de Cologne. Publié le 26 octobre 2025..

Maria Keup et son mari Kaspar Keup habitent au début de la Wolfsstraße et produisent des céréales. Les Keup vendent leurs terrains agricoles à des sociétés ferroviaires et à Guilleaume (un homme d'affaires allemand), et acquièrent par là une grande fortune. En , après la mort de son mari, Maria Keup, veuve et sans enfants, fait don d'argent ainsi que de sa maison avec jardin pour la construction de l'hôpital catholique des « Trois-rois ». En , soixante malades y sont déjà accueillisBernhard Kempkes, Köln-Mülheim in alten Bildern, 2002, p. 67. Après plusieurs extensions, on pose en la première pierre pour la construction d'une nouvelle extension. Jusqu'en , cet hôpital est le plus ancien de Mülheim, avant d'être détruit en . Depuis s'y trouve le Norbert-Burger-Seniorenzentrum (n°2a-4), une maison de retraite construite par l'architecte Gisbert Brovot, gérée par l'Arbeiter-Samariter Bundes (un groupe national d'organisations de santé).

Histoire alt=Handgezeichnete Karte von Mülheim mit einem gelb markierten Straßenverlauf|vignette|Tracé de la Keupstraße, de la rue Freiheit au cimetière protestant, avant son réaménagement ; relevé prussien (1836–)

Construction vignette|Cologne – Keupstraße, n° 97 à 99 Au temps de la construction de l'ancienne Wolfsstraße, le quartier actuel de Mülheim est une ville indépendante, qui est seulement rattachée à Cologne le . L'industrialisation au amène plusieurs entreprises métallurgiques à Mülheim, comme l'usine de céruse « Lindgens & Fils »Walter Roth, Hermann Stadlinger, Ernst Baum, Chemiker-Zeitung/Chemische Apparatur, volume 16, 1892, p. 690 en , l'usine de chamote « Martin & Pagenstecher », en le laminoir « Böcking & Cie », et en la fabrique de câbles métalliques « Felten & Guilleaume ». Les ouvriers qui y sont employés s'établissent pour la plupart à Mülheim, sur la rive droite du Rhin, donc là où se trouve la Wolfstraße.

La construction de la rue suit un chemin de campagne reliant Mülheim à Buchheim. Celui-ci commence à l'ouest au niveau de la rue Freiheit (rue de la Liberté), aujourd'hui rue Mülheimer Freiheit, et va au sud-ouest de la ville à travers les champs et les forêts. Le Schänzesweg (aujourd'hui « Schanzenstraße ») se trouve là où les habitants de Mülheim récoltent leur bois à brûler (leur « Schänzchen »). En dehors des limites de la ville, le cimetière évangélique existe déjà, là où aujourd'hui la Keupstraße rencontre la rue Bergisch-GladbacherGeschichtswerkstatt Mülheim, Geschichte und Gegenwart der Keupstraße, juin 2016, p. 5.

La Wolfsstraße est pensée comme partie prenante d'un quartier ouvrier. C'est pourquoi l'usine Carlswerk, créée par Franz Carl Guilleaume, fait construire dans la Keupstraße des logements à louer pour les ouvriers, bâtiments toujours existant aujourd'hui (n°97 à 117)Hiltrud Kier, Ulrich Krings, Stadtspuren: Denkmäler in Köln, volume 1, 1988, p.32; . Dans la partie avant de la rue, on construit aussi des maisons bourgeoises, dont beaucoup sont détruites par l'attaque aérienne du . La rue est aussi dès le début conçue comme un lieu pour des magasins et des lieux de production plus petits, en mettant l'accent sur les commerces de ressources quotidiennesJonuz, Schulze, Vielfalt als Motor städtischer Entwicklung. Das Beispiel der Keupstraße in Köln, 2011, p. 33-47.

Vers , le restaurant « Zur Erholung » de Jakob Saal se trouve dans la Keupstraße, aux numéros 53 et 55. Dans les bâtiments voisins, son frère Thomas Saal possède une boucherieBernhard Kempkes, Köln-Mülheim in alten Bildern, 2002, p. 69. En , le premier cinéma de Mülheim est ouvert au n°69 par l'aubergiste Josef Kühbach.

Bien que la Keupstraße soit à cette époque fleurissante économiquement, elle est perçue comme « malfamée », en raison de sa population prolétaire et de sa vie intense. vignette|Cologne – Keupstraße, n°19-21 / Schanzenstraße ()

Ère moderne vignette|Cologne – Keupstraße / Regentenstraße () vignette|Cologne – Keupstraße n°19-21 / Schanzenstraße () Après l'intégration de Mülheim à Cologne en , beaucoup de rues sont renommées pour éviter les redoublements. C'est pourquoi la Wolfstraße est renommée Keupstraße en , en reconnaissance de la donatrice Maria Sybilla Petronella Keup (*, † ).

Entre et la fin des années Geschichtswerkstatt Mülheim: Die Keupstraße - Geschichte und Geschichten, Köln, 2016, p.5, un tramway électrique passe à travers la Keupstraße. Ce tramway forme une ceinture périphérique passant par les rues Buchheimer, Mülheimer, la Keupstraße et la Montanusstraße, jusqu'à l'ancienne nouvelle gare de Mülheim, puis à travers la rue de Francfort pour retourner à la place de Vienne. Elle est exploitée par la société Mülheimer Kleinbahnen, existant de à Plum, Goldau, Mülheimer Straßengeschichte(n), Köln, 2023, p.56.

A partir de et dans les décennies suivantes, la rue est l'un des plus grands endroits de trafic de drogue de Cologne, et devient un point chaud social. Grâce au travail conséquent de prévention de la police, la culture de la drogue est refoulée du quartier. Dans les mêmes années, des migrants turcs louent de plus en plus de locaux vides. Depuis, la rue s'est développée en un centre de commerces et de services turcs.

Immigration L'image de la rue se transforme avant tout avec la vague d'immigration pendant le recrutement de travailleurs immigés à partir d'. Le dernier groupe d'immigrés qui reste dans la Keupstraße est composé en majorité de travailleurs immigrés d'origine turqueFelicitas Hillmann, Marginale Urbanität: Migrantisches Unternehmertum und Stadtentwicklung, 2011, p.123. Le départ des habitants d'origine allemande s'accélère à partir de , alors que l'entreprise Felten & Guilleaume entre dans une crise, et s'engage dans une conversion d'économie communale. Cela attire de nouveaux immigrés, et la part d'étrangers passe au-dessus de la moyenne de la ville. Depuis, la Keupstraße est couramment appelée « Petit-Istanbul », ou « l'Istanbul de Cologne »Bukow, Heck, Schulze, Yildiz, Neue Vielfalt in der urbanen Stadtgesellschaft, 2011, p.43. Un article du Zeit de explique : « les passants allemands son aussi rare que dans un village kurde »Ulrich Gineiger, Die Zeit, «Multikulti: Idyll mit Rissen», 17 mars 2008.

En , la ville de Cologne marginalise la Keupstraße dans une documentation comme un « cas désespéré », parce qu'à cause de la ségrégation sociale, un combat pour les lieux de travail et de loisir avait commencé entre les familles pauvres étrangères et allemandesStadt Köln, Dokumentation Keupstraße, 1999, p.12Marc Hill, Nach der Parallelgesellschaft: Neue Perspektiven auf Stadt und Migration, 2016, p.89. Rien que le fait que le taux de chômage soit deux fois plus haut parmi les immigrés et que leurs qualifications générales ne soient que la moitié de celles des autres, font percevoir les quartiers ou les rues à forte concentration migratoire, comme la Keupstraße à Cologne, avec un « flair oriental »Burcu Dogramaci, Migration und künstlerische Produktion, 2013, p.265.

Attentat à la bombe

La Keupstraße fait les gros titres nationaux lorsqu'elle est, le , le théâtre d'un attentat terroriste d'extrême-droite, avec une bombe tuyau remplie de clous. 22 personnes sont blessées, dont quatre gravement. Plusieurs magasins à proximité subissent des dégâts considérables. Un salon de coiffure est entièrement dévasté par la violence de la détonation. De nombreuses voitures garées sont endommagées par l'explosion et par les clous volant dans tous les sens.

Pendant de nombreuses années, il règne une grande confusion à propos du coupable, de son motif, et de la toile de fond. L'hypothèse de l'acte terroriste est tout d'abord repoussée par les enquêteursDie Keupstraße als Medienereignis 2004 − 2014. Sur: stadt-koeln.de. 16 mai 2014, publié le 30 juillet 2022. Les spéculations vont aussi bien de l'attentat xénophobe au règlement de comptes entre commerçants turcs. D'autres suppositions rapprochent l'attentat à l'explosif du conflit kurde en Turquie. En , le coupable se dévoile lui-même, et il devient clair que l'acte a été perpétré par le groupe terroriste d'extrême-droite Nationalsozialistischer Untergrund (NSU)Tanjev Schultz, NSU. Der Terror von rechts und das Versagen des Staates, Munich, 2018, Chapitre 5, p. 226–244, 257–263..

Un mois après l'attentat, Jürgen Roters, ancien chef administratif du district de Cologne et futur maire de la ville, se rend sur la scène du crime. Il commence sa visite par le salon de coiffure qui a été détruit par la bombe. Il dit au propriétaire : « C'est bientôt de nouveau mon tour ; appelez-moi et je serai votre premier client »"Roters sichert Anwohnern finanzielle Hilfe zu", Kölner Stadtanzeiger, 15 juillet 2004. Il tient sa parole et s'y fait couper les cheveux à la réouverture du salon en .

Une campagne du ministère fédéral de l'intérieur suscite à l'été de l'inquiétude. Des tracts en carton contre l'islamisme sont distribués dans la Keupstraße. Associations musulmanes comme conseillers municipaux de Cologne éprouvent comme un grand manque de sensibilité le fait que cette campagne commence délibérément dans la Keupstraße, où l'attentat a longtemps été attribué à des coupables islamistes"Kampagne gegen Islamismus startet am NSU-Tatort", Welt Online, 26 septembre 2012. vignette|Photo de groupe prise lors de la conférence de presse du rassemblement Birlikte – Debout ensemble