La Société patriotique bretonne est une association littéraire qui se réunit de 1780 à 1789 dans le château de Keralier, à Sarzeau en Bretagne.

Fondée en 1780 par Joseph-René de Sérent, Barthélemy-Pélage Georgelin et Marie-Madeleine de Quérangal, comtesse de La Goublaye de Nantois, elle réunit des hommes et des femmes de lettres et des personnalités importantes. C'est la société qui sollicite leur adhésion, dans toute la France. Si sa liste officielle comprend plus d'une centaine de membres, ses assemblées mensuelles, uniquement au printemps et en été, n'en réunissent le plus souvent qu'une trentaine, tous bretons. La société disparaît en 1789.

Histoire Fondation La Société patriotique bretonne, parfois appelée Société patriotique de Bretagne, est un salon littéraire organisé dans le château de Keralier, à Sarzeau, dans la presqu'île de Rhuys, sur le modèle des salons parisiens.

Elle est fondée par trois personnalités : Joseph-René, comte de Sérent (1726-1792), propriétaire du château de Keralier, Barthélemy-Pélage Georgelin (1740-1797), sénéchal de Corlay et Marie-Madeleine de Quérangal (1748-1793), comtesse de La Goublaye de Nantois. Le comte de Sérent, qui, d'abord voué à l'état ecclésiastique, succède à son père comme gouverneur de la presqu'île de Rhuys, est un esprit vif, instruit, qui se considère comme un libéral. Barthélemy-Pélage Georgelin est avocat au Parlement de Bretagne puis sénéchal de Corlay, succédant à son frère aîné. Cultivé, il se pique de poésie et cherche à correspondre avec les auteurs de son temps, dont Voltaire. Marie-Madeleine de Quérangal, épouse de Rodolphe de La Goublaye, comte de Nantois est également poétesse. Ils fondent tous trois la Société patriotique bretonne en .

Organisation vignette|redresse|Poème de Fanny de Beauharnais en remerciement de son admission dans la Société patriotique bretonne. Mercure de France, . La société est présidée par le comte de Sérent, tandis que Georgelin est son secrétaire. La comtesse de Nantois, qui porte le titre de dame associée est la principale animatrice. Les adhérents sont divisés en deux , la et la . Chaque est divisée en trois : les , les et les d'un côté, les , les et les de l'autre.

Les six réunions annuelles au château de Keralier (une fois par mois de mars à septembre, quand les chemins de la presqu'île de Rhuys sont carrossables) sont appelées , le château lui-même étant rebaptisé . Ce vocabulaire s'inspire de la République romaine, mais, malgré ce registre particulier, la société patriotique bretonne ne s'occupe pas de politique. Les participants déclament des poésies et lisent des textes, parfois énigmatiques, à la gloire de la société et de ses membres.

Les fondateurs recrutent eux-mêmes des membres et cherchent à faire adhérer des personnalités de la France entière, y compris des femmes que la comtesse de Nantois recrute par courrier, par exemple Fanny de Beauharnais. En 1783, la société a et 123 à la fin de l'année 1784, mais la liste qui en est dressée paraît contestable. Il n'est pas sûr qu'ils soient tous conscients de leur enrôlement et ni d'Alembert ni madame Necker, par exemple, ne sont jamais venus au château de Keralier. Lors des six séances annuelles, les membres présents sont entre trente et cinquante, tous venus de Bretagne, beaucoup des environs.

Georgelin et la comtesse de Nantois écrivent différents textes en vers. Georgelin complimente ainsi le roi de Prusse (), Necker, différentes dames, Buffon, comparé à Voltaire (), Christophe-Michel Ruffelet (égal selon lui de Bossuet), La Chalotais et d'autres encore. En 1782, la société décerne un diplôme à Christophe-Michel Ruffelet, dans lequel elle le félicite, lui qui . et proclame qu'elle .. Quand la société admet en son sein le poète quimpérois Olivier Morvan en 1784, il écrit une Ode sur l'établissement de la Société patriotique en Bretagne, publiée en septembre dans L'Année littéraire. Il y dépeint une Bretagne barbare jusqu'à l'époque d'Anne de Bretagne, puis subissant une nouvelle éclipse jusqu'à la fondation de la société :

Apogée et déclin Le , le Mercure de France publie un texte de Fanny de Beauharnais en remerciement de son admission dans la société patriotique bretonne. L'année 1785 est celle de l'apogée. Gorgelin publie à Rennes un texte intitulé . Il voudrait créer une véritable académie et l'installer à Rennes. Ce projet n'aboutit pas et, dès 1788, les participants sont moins nombreux, tandis que les opinions politiques du comte de Sérent et de Georgelin, emporté par l'élan révolutionnaire, divergent.

La fidélité de la société au roi et à l'Église lui vaut critiques et railleries. En 1788, Sébastien François Bonnard du Hanlay publie un petit livre intitulé Yorick ou le voyageur breton de 1788. C'est une satire des fêtes données au chateau de Keralier, désigné dans le livre sous le nom de château de Kerker, ridiculisant leur cérémonial..

La Société patriotique bretonne cesse d'exister à la fin de l'année 1789. Ses trois fondateurs ont des destins différents pendant la Révolution française. Le comte de Sérent, après divers démêlés avec Joseph Lequinio, ancien membre de la Société patriotique bretonne, maire de Sarzeau et futur conventionnel, meurt à Vannes en 1792. La comtesse de Nantois part en émigration en 1792 avec son mari et meurt en 1793. Georgelin préside la rédaction des cahiers de doléances dans la sénéchaussée de Corlay en 1789, est juge au tribunal de Pontivy en 1790 et administrateur du département du Morbihan en 1792 avant de mourir à Guingamp en 1798. Les archives de la Société patriotique bretonne semblent avoir disparu.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . .

Articles connexes Christophe-Michel Ruffelet Louise-Félicité de Keralio

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