La tentative de coup d'État de 2025 au Bénin survient le lorsque des soldats des Forces armées du Bénin dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri annoncent à la télévision nationale le renversement du président béninois Patrice Talon, à la suite d'une attaque contre la résidence de celui-ci dans la capitale économique, à Cotonou.

Ces militaires échouent finalement à prendre le pouvoir.

Contexte Au moment du coup d'État, le président Patrice Talon, en fonction depuis 2016, doit quitter ses fonctions à la suite des élections prévues en . En , deux associés de Talon sont condamnés à 20 ans de prison en 2024 pour complot contre l’autorité de l’Etat et corruption selon le verdict de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Déroulement gauche|vignette|redresse|Le président Patrice Talon visé par la tentative de coup d'État.

Dans les premières heures du , des éléments des Forces armées béninoises lancent une attaque contre la résidence de Talon à Cotonou. Des troupes saisissent la Société de radio et de télévision du Bénin, la résidence du général de division Abou Issa et celle du colonel Gomina Faizou, et déclarent à la télévision d'État (Bénin TV) que Talon est Ils annoncent également la suspension de la Constitution et des institutions, et s'identifient comme le Comité militaire pour la refondation (CMR) dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri.

Les soldats invoquent la gestion du pays par Talon (mauvaise gérance supposé, monopolisation économique par un petit groupe) comme raison du coup d'État.

Après l'annonce, le signal de la télévision d'État et de la radio publique est coupé.

Le CMR annonce ensuite que toutes les frontières sont fermées et que tous les partis politiques sont suspendus. Pendant ce temps, des soldats loyaux à Talon affirment qu'il est sain et sauf, mais sa localisation reste inconnue, et que l'armée régulière du pays.

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Bakari, déclare à Reuters qu', et qu' Des tirs sont signalés près de Cotonou, notamment près du port et de la zone présidentielle, et des hélicoptères sont observés au-dessus de la zone. Romuald Wadagni, ministre béninois des Finances, déclare que la situation est .

Les putschistes contrôlent toujours la télévision d'État à , mais selon l'armée béninoise, ils n'ont pas pris le contrôle du bureau présidentiel ni de la résidence de Talon, et des témoins à Cotonou signalent des coups de feu dans certaines parties de la ville. Le ministre de l'Intérieur, Alassane Seidou, déclare que les Forces armées ont contrecarré la tentative de coup d'État à .

Dans la journée, la force aérienne nigériane mène des opérations de renseignement et de bombardement contre les militaires putschistes. Des soldats pénètrent également dans le pays, après « deux requêtes du gouvernement béninois. » Ces opérations sont conduites par le chef d’état-major des armées nigérianes, le général Olufemi Oluyede. Dans la soirée, la CEDEAO annonce déployer des éléments de sa force en attente au Bénin, pour soutenir « le gouvernement et l'armée républicaine du Bénin. » En plus du Nigéria, ces soldats viendront du Sierra Leone, de Côte d'Ivoire et du Ghana. Le camp militaire de Togbin, qui est un des centres des putschistes, est bombardé par l'aviation nigériane.

Selon le colonel béninois Tevoédjrè, des membres des forces spéciales françaises venus d'Abidjan ont contribué à soutenir l'armée béninoise contre les mutins. Des sites de traçage des vols montrent un avion de renseignement français volant au-dessus de Cotonou durant la tentative de coup d'état. Le président Emmanuel Macron confirme avoir apporté « un appui essentiellement en termes de renseignement et d'observation. »

Le chef d'état-major de l'armée de terre — le général Abou Issa — et le chef de la garde nationale — le colonel Gomina Faizou — qui avaient été pris en otage par les mutins dès le début du putsch, sont libérés par les soldats loyalistes durant la nuit.

Bilan humain Selon le gouvernement béninois, les affrontements entre les mutins et la Garde républicaine devant la résidence de Patrice Talon ont fait des victimes des deux côtés, sans en préciser le nombre exact. Le gouvernement fait également mention du décès de l'épouse du directeur du cabinet militaire du président dans un autre assaut des putschistes.

Arrestations et Action judiciaire Au soir du dimanche , une douzaine de militaires avaient été arrêtés, dont des auteurs de la tentative de putsch. À cette date, le lieutenant-colonel Pascal Tigri était toujours en fuite. Le nombre de participants à la tentative de coup d’État, et donc le nombre de ceux en cavale, était encore inconnu.

Le physicien théoricien Dine Ousmane Samary est détenu depuis les événements. La société française de Physique appelle à sa libération en précisant que le chercheur a été arbitrairement arrêté pour le fait que son frère, militaire, est mis en cause dans la tentative de coup d'État.

Dans le sillage de la tentative de coup d’État, les autorités ont procédé, le vendredi , à des interpellations et à l’émission de mandats d’arrêt visant trois figures de l’opposition. Sont notamment concernés Candide Azannaï, homme politique et opposant au pouvoir, ainsi que l’influenceur anti-occidental Kémi Séba, visé par un mandat d’arrêt international. L’opposant Sabi Sira Korogoné figure également parmi les personnalités par ces décisionshttps://www.rfi.fr/fr/afrique/20251212-b%C3%A9nin-arrestation-de-candide-azanna%C3%AF-opposant-politique-et-ex-ministre-de-la-d%C3%A9fense https://www.jeuneafrique.com/1749167/politique/benin-mandat-darret-contre-kemi-seba-lancien-ministre-candide-azannai-arrete-a-cotonou/.

Réactions internationales L'ambassade de France à Cotonou déclare sur le réseau social X que près de la résidence du président et appelle ses ressortissants présents au Bénin à rester à leurs domiciles. L'ambassade des États-Unis à Cotonou exhorte les citoyens américains présents dans le pays à éviter Cotonou et notamment les zones proches du complexe présidentiel. L'Union africaine déclare sur le réseau social X qu'elle la tentative de coup d'État. Elle appelle les militaires à rentrer dans leurs casernes. La CEDEAO condamne et dit .

Événements récents (2025-2026) En , le président de la Commission de l'Union africaine a condamné avec fermeté la tentative de coup d'État, réaffirmant le soutien à l'ordre constitutionnel et appelant au dialogue et à la paix au Bénin.

Le Parlement de la CEDEAO a également adopté une résolution condamnant fermement la tentative de coup et soutenant le déploiement des forces en attente pour défendre la constitution du Bénin.

Après-coup politique Lors des élections législatives de au Bénin, les partis d’opposition n’ont remporté aucun siège au Parlement selon les résultats provisoires, les formations favorables au président Talon remportant la totalité des 109 sièges.

Ces évolutions interviennent dans un climat politique marqué par la tentative de coup d'État, les réformes électorales de 2024 et la préparation de l’élection présidentielle de 2026.

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Coup d'État ou tentative de coup d'État au XXIe siècle Catégorie:Décembre 2025 Catégorie:2025 au Bénin Catégorie:Coup d'État au Bénin Catégorie:7 décembre