Félix Gazier, né le dans le et mort pour la France à Bouchavesnes dans le département de la Somme, le , est un professeur de lettres et écrivain français du début du . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Jeunesse et formation Félix Augustin Gazier, né le au N 123 de la rue Saint-Jacques à Paris (adresse du lycée Louis-le-Grand), est le fils d'Augustin Gazier (1844-1922), professeur de littérature à la Sorbonne et de Louise Elisa Marie Roguet (1849-1913). Ses parents ont neuf enfants, parmi lesquels l'archiviste paléographe Georges Gazier.

Il commence sa scolarité au collège Rollin et la poursuit au lycée Montaigne puis au lycée Louis-le-Grand. Il obtient la licence ès lettres en et l'agrégation de lettres en . En 1899, pendant l'affaire Dreyfus, il adhère à la Ligue de la patrie française, antidreyfusarde, qui s'est constituée en opposition à la Ligue des droits de l'homme.

De à , il fait son service militaire au 102 régiment d'infanterie où il côtoie Henry Peyre de Bétouzet. Sorti caporal, il fait assidûment les périodes d'exercice et gagne les galons de sergent en 1902, de sous-lieutenant en 1905 et de lieutenant de réserve en 1909.

Professeur de lettres et éditeur de l'œuvre de Blaise Pascal Après son succès à l'agrégation de lettres en 1904, il est nommé professeur au lycée de Chambéry, l'année suivante au lycée de Dijon et en 1907 à Valenciennes.

Le , il épouse Victorine Louise Gonnet (1885-1965) à Versailles. Le couple a deux enfants, Albert Gazier (1908-1997), militant syndical, député socialiste et ministre dans plusieurs gouvernements après la Seconde Guerre mondiale et Geneviève Gazier (1909-1995). En 1909, il est nommé professeur de première au lycée Pothier à Orléans.

Baignant aux côtés de son père dans une famille janséniste qui cultive la mémoire de Blaise Pascal et des figures de Port-Royal, il travaille à une thèse de doctorat sur l'histoire littéraire des Provinciales et se voit confier par Léon Brunschvicg qui a publié les trois premiers volumes de l'œuvre de Pascal, le travail d'édition de la suite des écrits théologique de Pascal entre 1654 et sa mort. Avec le mathématicien Pierre Boutroux chargé des textes scientifiques, il travaille pendant 10 ans à la réalisation d'une imposante série en 8 volumes et quelque trois mille pages publiée en 1914. L'avertissement du quatrième volume précise le rôle de chacun dans l'établissement des tomes IV à XI : « M. Brunschvicg garde ainsi la responsabilité de l’édition ; mais, pour ces huit volumes, le travail et le mérite de l’exécution reviennent à peu près entièrement, d’une part à M. Pierre Boutroux qui a édité l’œuvre mathématique de cette période, d’autre part à M. Félix Gazier qui a eu, pour tout le reste des écrits et des documents, la charge de procurer le texte et le commentaire ». Dans l'avertissement du Génie de Pascal, publié en 1924, Léon Brunschvicg écrit encore : « En dehors des textes qui touchent au problème de la Roulette, la charge de ces huit volumes avait été supportée par notre collaborateur Félix Gazier, tué à Bouchavesnes en 1916. Mais nous n’avions pu obtenir de sa modestie qu’il acceptât d’en rédiger lui-même l’Introduction ».

Capitaine d'infanterie tué au combat pendant la Première Guerre mondiale En , lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il est rappelé à l'activité comme lieutenant à la compagnie du 40 régiment d'infanterie territoriale. Fin , il est envoyé avec des renforts, comme adjoint au capitaine commandant le bataillon au 331 régiment d'infanterie dans les tranchées d'Argonne. À partir de , il commande la compagnie en et en mars, il est promu au grade de capitaine. En , il est cité à l'ordre de la division et reçoit la croix de guerre avec une étoile d'argent : « Sous un violent bombardement, a dirigé avec courage et sang-froid le sauvetage de ses hommes ensevelis et la réparation des tranchées bouleversées par l'explosion d'une mine allemande ; a été contusionné par des projections de pierre et des éclatements de bombe ». Henry Peyre de Bétouzet rapporte que dans ce bombardement Félix Gazier a eu le tympan perforé et « s'obstine, tout infirme qu'il est, à conserver son commandement ».

En , son régiment quitte la zone de combat de Vauquois pour le front de la Somme. Le , lors d'une contre-attaque à Bouchavesnes, sa compagnie fait une cinquantaine de prisonniers. Alors qu'il observe, à la jumelle, la retraite ennemie, Félix Gazier est mortellement atteint d'une balle.

Sa citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « officier du plus noble caractère, d'une énergie admirable, donnant sans cesse à sa compagnie l'exemple du courage et du dévouement. Blessé en , puis le , a refusé d'être évacué. Le a repoussé victorieusement l'attaque d'un ennemi supérieur en forces, entraînant ses hommes par son irrésistible élan en faisant de nombreux prisonniers. Glorieusement tombé sur le parapet qu'il venait de franchir ».

Inhumé sur le champ de bataille, sa sépulture n'a pas été retrouvée.

Œuvres principales

Édition commentée des œuvres de Blaise Pascal, avec Léon Brunschvicg et Pierre Boutroux

Distinctions

, à titre posthume, arrêté du

Hommages Le nom de Félix Gazier est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 du lycée Pothier à Orléans, du lycée Vaugelas à Chambéry, du lycée Louis-Le-Grand et de la Sorbonne à Paris. Léon Brunschvicg dédie son livre Le génie de Pascal, publié en 1924, à la mémoire d'Émile et de Pierre Boutroux, d'Augustin et de Félix Gazier.

Bibliographie

Références

Liens externes

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