vignette|Une vue aérienne de la bande de Gaza en mai 2005 montre les colonies israéliennes (en bleu), avant leur démantèlement dans le cadre du retrait israélien de Gaza. L’occupation israélienne de la bande de Gaza désigne le contrôle militaire et administratif qu'exerce Israël sur ce territoire palestinien, dans le cadre du conflit israélo-palestinien.

En 1956, la bande de Gaza passe sous occupation militaire israélienne pendant quatre mois lors de la crise de Suez. Israël la capture de nouveau le à l’issue de la guerre des Six Jours. Les Nations unies, de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains, la Cour internationale de justice, l’Union européenne, la Cour pénale internationale ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale et des experts en droit considèrent que la bande de Gaza demeure toujours sous occupation militaire israélienne, Israël conservant un contrôle direct sur l’espace aérien et maritime, six des sept points de passage terrestres, une zone tampon à l’intérieur du territoire ainsi que le registre de la population palestinienne. Israël, les États-Unis et certains experts juridiques, militaires et diplomatiques estiment au contraire qu’Israël a mis fin au contrôle effectif requis par la définition juridique de l’occupation lors du retrait de ses colons et de ses troupes au sol en 2005. Israël maintient toutefois un blocus sur la bande de Gaza, limitant la circulation des personnes et des marchandises.

Histoire Première occupation israélienne de la bande de Gaza (1956-1957) Le est établi par la Ligue arabe durant la guerre israélo-arabe de 1948. À l’issue du conflit, la bande de Gaza constitue le seul territoire de l’ancien mandat britannique placé sous l’autorité du gouvernement de toute la Palestine.vignette|Chars israéliens à Gaza en 1956.|gauche vignette|Le nouveau maire de Gaza, R, prononçant un discours à la cérémonie d’inauguration du conseil municipal de Gaza, le 26 novembre 1956 (sous occupation israélienne). En 1956, l’Égypte bloque le golfe d’Aqaba, nationalise le canal de Suez et en interdit l’accès à la navigation israélienne, menaçant ainsi le jeune État d’Israël et enfreignant les termes de la Convention de Constantinople de 1888, à laquelle le khédivat d'Égypte n'a pas été invité. En réaction, Israël, la France et le Royaume-Uni envahissent la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, déclenchant la crise de SuezDenis Lefebvre, Les secrets de l'expédition de Suez.1956, éd. Perrin, 2010..

Sous la pression internationale, les forces franco-britanniques se retirent avant la fin de l’année 1956. L’armée israélienne se retire à son tour en , mettant fin à quatre mois d’occupation du Sinaï et de la bande de Gaza.

L’occupation israélienne donne lieu à de multiples massacres de civils : massacre de Khan Younès (275 à 472 tués et disparus) et Rafah (de 110 morts à 220 morts et disparus), ainsi qu’ailleurs dans la bande de Gaza. La résistance à l’occupation est matée par de nombreuses arrestations.. L’armée israélienne se retire de Gaza, sous la pression des États-Unis, le 7 mars 1957J.-P. Filiu, , 160.. Au total, la première occupation israélienne de Gaza se solde par une forte répression (couvre-feu, rafles, violations de domicile) et de 930 à , sur une population d’environ J.-P. Filiu, , 162-163..

Après ces massacres, le photographe américano-israélien Moshe Marlin Levin documente la vie locale à travers des photographies de propagande en couleur mettant en avant l’activité commerciale, la propreté des lieux et l’accueil favorable réservé à la présence israélienneDo these photos taken in 1956 show a peaceful Gaza under Israeli occupation.

Colonisation et administration militaro-civile israélienne (1967-1994)

vignette|Soldats israéliens organisant une arrestation massive de Palestiniens, à la recherche d'activistes, pendant l'insurrection gazaouie de 1967-1971 (guerre des Quatre Ans). En 1967, face aux menaces israélienne envers la Syrie en raison de son soutien aux Palestiniens, le chef d'État égyptien, Gamal Abdel Nasser, fait fermer le détroit de Tiran, et déploie des troupes aux frontières. Israël attaque alors l’Égypte, déclenchant la guerre des Six Jours. Les États arabes voisins sont rapidement défaits, et Israël occupe de nombreux territoires arabes et met fin à l’administration égyptienne de la bande de Gaza. Un est alors mis en place afin d’administrer les populations civiles de la Cisjordanie, de la bande de Gaza, de la péninsule du Sinaï et de la partie occidentale du plateau du Golan. gauche|vignette|Construction par les Nahal de la colonie de Netzarim, dans la bande de Gaza sous occupation israélienne, novembre 1972. Cette administration s’appuie sur la quatrième Convention de Genève, qui fixe le cadre juridique du régime militaire dans les territoires occupés. Durant cette période, l’ONU et de nombreuses sources désignent ces zones sous le nom de « territoires arabes occupés ». L’occupation suscite une résistance vive à Gaza, aux dimensions de guérilla et de désobéissance civile mêlées, qui est appelée guerre de Quatre Ans. À l’issue, après la campagne de repression menée par Ariel Sharon, la colonisation israélienne du territoire est lancéeJean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Paris : Fayard, 2024, collection « Pluriel », , 187-214..

En 1982, à la suite du traité de paix entre l’Égypte et Israël, Israël renonce à la péninsule du Sinaï et crée l’Administration civile israélienne pour superviser la gestion de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Retrait israélien partiel en 2005 vignette|Retrait des colons israéliens de Tel Katifa, 17 août 2005. Bien que le « désengagement » d’Israël de la bande de Gaza soit proposé pour la première fois en 2003 par le Premier ministre Ariel Sharon et adopté par le gouvernement et la Knesset en 2004 et 2005, le retrait des troupes au sol et le démantèlement unilatéral effectif des colonies a lieu en 2005. Cette décision rencontre une forte opposition de l’opinion publique israélienne : en , un référendum montre que 65 % des électeurs s’opposent au plan de désengagement. Le plan s'accompagne toutefois de l'indemnisation et du relogement des rapatriés.

Israël conserve également le contrôle totales des frontières terrestres, des eaux territoriales et de l'espace aérien, raison pour laquelle le retrait israélien ne met pas fin à l'occupation israélienne selon les observateurs étrangers.

2005–2007 En , Israël retire de manière unilatérale ses colons et ses troupes au sol de la bande de Gaza. Le contrôle de la frontière Gaza–Égypte est transféré à l’Égypte, tandis que l’Autorité palestinienne (AP), dominée par le Fatah, obtient la gestion du passage de Rafah. L’accord de Philadelphie de 2005 entre Israël et l’Égypte confie officiellement le contrôle de la frontière à l’ÉgypteA New Reality on the Egypt-Gaza Border (Part I): Contents of the New Israel-Egypt Agreement Brooke Neuman, Washington Institute for Near East Policy, 19 September 2005. À partir de , un gouvernement technocrate dirigé par le Fatah supervise les Forces de sécurité nationale palestiniennesCurrent Palestinian Government Structure (Factsheet) MIFTAH, 3 December 2005. De à , le passage de Rafah est conjointement contrôlé par l’Égypte et l’Autorité palestinienne, avec la surveillance des activités côté Gaza par l’Union européenne à partir du FAQs EU BAM Rafah. Accessed September 2015. Les tensions entre le Fatah et le Hamas s’intensifient après la victoire de ce dernier aux élections de 2006Alone and Broke, Hamas Struggles to Rule New York Times, 7 April 2006. Le Hamas crée sa « Force exécutive » dirigée par Jamal Abou Samhadana, militant de premier plan. Le président Abbas et les commandants du Fatah refusent de se soumettre au gouvernement de l'Autorité palestinienne dirigé par le Hamas"Hamas coup in Gaza" International Institute for Strategic Studies, Volume 13, Issue 5; June 2007The Impact of Semi-Presidentialism on Governance in the Palestinian Authority (pdf) pp. 6, 9, 10-11, 16-17. Francesco Cavatorta and Robert Elgie. Parliam Affairs (2009). (Also in HTML version) p. 6: "the PA has a president-parliamentary form of semi-presidentialism"; p. 9: "The Basic Law of the Palestinian Authority is the equivalent of an interim constitution"; p. 11: ", the semi-presidential structures of the 2003 amended Basic Law highlighted and accelerated divisions between Hamas and Fatah ... Hamas offered Fatah a grand coalition, but Fatah refused"; p. 17: "The semi-presidential structure of the 2003 amended Basic Law was the source of this destabilising period of competition within the executive ... The creation of two competing centres of power with equal popular legitimacy raised the political stakes within the system as both actors tried to undermine the position of other."TIMELINE: Key events since 2006 Reuters, 20 June 2007. Soutenu par la communauté internationale et plus ou moins toléré par Israël, Abbas et le Fatah bénéficient du versement de l’aide financière internationale, tandis que l’Autorité palestinienne et le parlement dominés par le Hamas sont boycottés. vignette|Situation du blocus israélo-égyptien de la bande de Gaza en 2012.