En France, au Moyen Âge et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, une est une ville administrée par un prévôt royal ( seigneurial) qui représente le roi ( le seigneur local).

Présentation Le seigneur local, représenté par le prévôt, est soit un laïc, tel le roi, soit un ecclésiastique, tel un évêque. Le prévôt de la ville porte parfois le titre de châtelain ou de vicomte dans le nord de France ou celui de bayle ou de viguier dans le Midi.

Au contraire d'une ville de commune () jurée ou d'une ville de consulat (), une ville de prévôté n'est pas une ; et, bien qu'elle puisse être dite , elle reste une . Elle n'est pas une : elle n'est pas elle-même une seigneurie. Les habitants de la ville ont des franchises fiscales et pénales que le prévôt doit respecter. La ville possède des biens communs et peut en acquérir de nouveaux.

D'ordinaire, les franchises résultent d'une charte octroyée tant par le seigneur local que son prévôt. La charte de Lorris, en Gâtinais, sert de modèle pour plus de trois-cents villes ou bourgs ; donnée par puis confirmée par en , elle deviendra la .

Le plus souvent, à la différence d'une ville de commune jurée ou d'une ville de consulat, une ville de prévôté n'a pas de , d' en titre et permanents. Dans ce cas, pour l'administration de la justice, le prévôt doit parfois s'adjoindre un certain nombre de notables () pris parmi les habitants. D'autre part, pour prendre certaines décisions importantes intéressant la ville, par exemple celles relatives aux biens qu'elle possède, le prévôt doit convoquer l'assemblée générale des habitants afin de recueillir leur avis. Parfois, l'assemblée peut nommer un ou plusieurs syndics afin de suivre l'affaire.

Plus rarement, une ville de prévôté a un . Parfois, un telle ville de prévôté est dite . Mais, contrairement au corps de ville d'une ville de commune jurée, celui-ci d'une ville de bourgeoisie reste subordonnée à l'autorité du prévôt. C'est le cas, par exemple, de Paris où l'administration et la justice sont partagées entre le prévôt de prévôt de Paris, représentant du roi, et le prévôt des marchands, chef du corps de ville comprenant quatre échevins.

Une ville de prévôté est considérée comme n'étant pas une commune proprement dite. Ainsi, c'est parce que Lorris n'est qu'une ville de prévôté qu'il est affirmé qu'elle n'est pas une commune. Il en est de même de Paris dont il est affirmé qu'elle n'est pas une commune.

Exemples Les villes de commune jurée ne se rencontrent que dans le nord et le sud-ouest de la France ; et les villes de consulat, qu'en Provence et en Languedoc ainsi d'ailleurs qu'en Corse. Au contraire, les villes de prévôté sont présentes dans tous le royaume, bien qu'elles se rencontrent surtout dans le centre, l'ouest et le sud-ouest. Elles sont nombreuses dans le domaine royal des premiers Capétiens en raison de leur réticence à y créer des communes proprement dites. Outre Paris et Lorris, sont considérées comme des villes de prévôté : Orléans, Blois, Châteaudun, Chartres, Senlis et Beauvais ; en Anjou, Angers ; dans le Maine, Le Mans ; en Touraine, Tours ; en Berry, Bourges et Châteauroux ainsi que Aigurande, Argenton, La Châtre, Saint-Benoît-du-Sault et Sain-Marcel ; en Bourgogne, Sens, Mâcon et Auxerre ainsi que Chablis et Tonnerre ; en Champagne, Reims et Châlons ; en Languedoc, Beaucaire ainsi que Le Puy et Mende ; en Bourbonnais, Saint-Pourçain ; Lyon ; Saintes. Certaines villes de prévôté deviennent des villes de consulat : c'est le cas de Béziers dès .

Origine C'est à l'historien français Augustin Thierry (-) qu'est due la distinction des du Nord de la France, des du Midi et des du Centre. Elle a notamment été reprise systématisée et diffusée par Adhémar Esmein (-).

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Articles connexes Commune (Moyen Âge) Ville de bourgeoisie Ville de commune Consulat (Ancien Régime) Charte de franchises

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