Nicolas Potier, seigneur de Novion, de Villebon, Champlatreux et autres lieux (1618 - ) est un magistrat français, successivement conseiller du Roi en tous ses conseils en 1637, président à mortier du Parlement de Paris en 1645 et Premier président en 1678..

Biographie En 1648, lors de la Fronde parlementaire, Potier a été au nombre des parlementaires à demander des réformes radicales de l’État.. Son arrestation, le , avec celle de Pierre Broussel, provoque une émeute rue de l'Arbre-Sec et le soulèvement de la Journée des barricades qui marque le début de la Fronde. Adversaire déclaré du cardinal Mazarin, il a proposé au Parlement de lui appliquer l’arrêt de 1617 qui prononçait la peine capitale contre tout étranger qui accepterait le ministère..

Une fois réconcilié avec Mazarin, après la translation du Parlement à Pontoise, le , il a reçu, en récompense de son obéissance à la cour, la charge, en 1656, de secrétaire des ordres du Roi, dont il s’est démis l'année suivante. Sévèrement blâmé par ses anciens amis, il s’est alors fait leur persécuteur et a rendu des arrêts sévères contre eux. Il a eu, à ce sujet, un vif échange de propos avec le Grand Condé qui l’accusait d’abandonner ses amis pour un intérêt payé. Novion l’ayant menacé de se plaindre au Parlement, le Prince répliqua :

Nommé Premier président du Parlement de Paris, en 1678, en remplacement de Guillaume de Lamoignon, le Roi l’a gratifié d’une somme de et d’un brevet de retenue de pareille somme sur sa charge de premier président. De grands talents et de beaucoup d’éloquence, il a été député par le Parlement de Paris, le , pour complimenter Michel le Tellier, qui venait d’être promu Chancelier de France. La harangue qu’il a prononcée à cette occasion a été conservée par Duchesne.. Toutefois, sa réception à l'Académie française, le , au siège d’Olivier Patru, est, selon l’auteur de l’histoire de ce corps, : il et son discours de réception a été . Directeur au moment de l’affaire Furetière, il a convoqué ce dernier chez lui, avec les commissaires désignés par l’Académie, mais l’académicien réfractaire ne s’y est pas rendu.

Il n’a pas tardé à abuser de son autorité. L’aristocratie a fait d'un de ces abus un scandale dit « affaire du bonnet. » : le Parlement de Paris donnait une audience solennelle pour la réception du comte de Châlons. Potier de Novion, contrairement aux usages établis, resta couvert en faisant l’appel des pairs et ne se découvrit que lorsqu’il en vint aux princes du sang. Au moment d’opiner, les pairs avaient l’habitude de se découvrir, mais voyant ce qui venait de se passer, le duc d’Uzès, excédé, enfonça son chapeau et opina couvert avec un air de défi. Tous les pairs l’imitèrent, et tous allèrent se plaindre au roi, qui désireux de se ménager les parlementaire et pas fâché de rabaisser la haute noblesse, n’est pas intervenu dans cette affaire..

Louis XIV ayant été saisi de nombreuses plaintes à son sujet, à la suite de plusieurs faux en écriture qu’il avait commis, il a été contraint de démissionner de ce poste en 1689. Le duc de Saint-Simon, qui avait de bonnes raisons de lui en vouloir pour sa trahison, relate ainsi cet épisode :

Propriétaire du château de Villebon-sur-Yvette, il l'agrandit par deux ailes. Le , il a obtenu de l’archevêque de Paris d’ériger Villebon en paroisse, contre dédommagement au curé de Palaiseau. Sa veuve, Anne-Catherine Gallard, quant à elle, a mis au goût du jour le château de Courances, en ouvrant la cour d'honneur et en faisant démolir le mur et le portique d'entrée. Il a également très brièvement été châtelain de Neauphle, son petit fils André Potier IlI de Novion lui ayant cédé par devant notaire les terre, seigneurie et châtellenie de Grignon, les terres et seigneuries de Thiverval, Saint-Germain-de-Morainville et Mormoulin, le , avec tous les droits, justices, mouvances et censives en dépendant. Mort en sa maison de Grignon, moins de sept mois après cette vente, il a été inhumé, le , en l’abbaye d’Issy près de Paris. Son portrait a été gravé, notamment en 1652 par Theodoor van Merlen II, et figure dans les galeries de Versailles.

Annexes Ascendance & postérité Nicolas Potier était le fils d'André Potier (-), seigneur de Novion et de Villebon., président au Parlement de Paris, et de Catherine Cavelier, fille de Jean Cavelier, conseiller au Parlement de Rouen, puis lieutenant général de la même ville, et de Marie Margas.

Il avait une sœur, Catherine Potier (-1649), mariée le à Paris avec Jacques Jubert (1616-1656), seigneur de Bouville et de Saint-Martin aux Buneaux, conseiller du roi au Parlement de Normandie (1637), puis de Paris 1641, maître des requêtes ordinaires de son hôtel (1641), intendant du Berry, conseiller d'État (1647), dont postérité.

Armoiries D'azur à trois mains d'or au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur...

Notes et références Notes

Références

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