La liberté de la presse au Burkina Faso est régi par plusieurs textes et lois. Elle est promue et régulée par le Conseil supérieur de la communication. Historique La liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression. Même si dans beaucoup de cas la liberté de presse et la liberté d'expression sont confondues, elles sont quand même différentes. La liberté d’expression est un droit individuel, universel et fondamental qui permet à chaque individu de penser, de s’exprimer et de communiquer sans crainte de censure ou de répression. Elle englobe le droit d'opinion et de croyance ;le droit à l'information, etc. La liberté de presse est dérivée de la liberté d'expression. Elle est spécifiquement attachée aux médias et vise à garantir aux médias (écrits, audiovisuels ou numériques) la possibilité de recueillir, de traiter et de diffuser de l’information sans interférence indue des pouvoirs publics.
Dans plusieurs pays d'Afrique à l'instar du Burkina Faso, la liberté de presse est reconnu avec la vague d'indépendance de ces États. Ainsi, le Burkina Faso adopte en 1959, la loi n°20/AL du . Cependant, le paysage médiatique a été totalement sous la couverture du pouvoir publique avec la création de Carrefour africain puis Sidwaya, la Radio Nationale et la Télévision Nationale. En 1973, est créé le quotidien L'Observateur paalga, premier média privé.
La liberté de la presse au Burkina Faso a été fortement ébranlée depuis sa création à cause de la répétition d'état d'exception du pays suite à des coups d'État ou des insurrections ou encore à travers des lois restrictives. Cependant, les cas emblématiques se sont déroulés pendant des périodes d'État de droit, notamment le cas Norbert Zongo sous le régime du président Blaise Compaoré. Aujourd'hui, sous la transition du capitaine Ibrahim Traoré, la liberté de la presse est mise à mal, avec des médias suspendus ou fermés définitivement, des journalistes et chroniqueurs enlevés, etc. Cela est constaté sur l'indice de la liberté de presse du pays qui se détériore et affichait 1,96 sur 4 en 2023 contre 2,21/4 en 2022.
Cadre légal La liberté de la presse est reconnue dans la première constitution du Burkina Faso par la loi n°20/AL du . Après le coup d’État du 15 octobre 1987, il a été adopté l'ordonnance n° AN VII 049/PF/PRESS du portant code de l’information. Le , il a été adopté en conseil des ministres un projet de loi structurant : le Code de la presse et de la communication audiovisuelle au Burkina Faso, qui répondra, selon les autorités, au mieux aux réalités et défis du moment. thumb|La devanture du Conseil supérieur de la communication, Ouagadougou, le 12 août 2019
L'organe de surveillance du paysage médiatique au Burkina Faso est régulé par le Conseil supérieur de la communication (CSC). Il a le pouvoir de perquisition selon l'article 55 de la nouvelle loi.
Cas emblématiques thumb|Mémorial Norbert Zongo Assassinat de Norbert Zongo Au Burkina Faso, le cas le plus emblématique lorsqu'on parle de liberté de presse, c'est le cas Norbert Zongo. Journaliste d'investigation et directeur du journal L'Indépendant, Nobert Zongo est assassiné le avec trois de ses compagnons. Leurs corps sans vie et calcinés ont été retrouvés près de Sapouy, dans le sud du Burkina Faso. L'affaire liée à cet assassinat est l'affaire David Ouédraogo, sur laquelle Norbert Zongo enquêtait, ce chauffeur du frère cadet du président Blaise Compaoré, accusé de vol et assassiné dans les locaux de la présidence.
Sanctions Les sanctions se sont accentuées avec les différents régimes démocratiques et de transitions depuis l'avènement du terrorisme et des coups d'État. Ces dernières années, plusieurs médias ont été suspendus définitivement ou temporairement, y compris les médias internationaux. Aussi, certains journalistes et chroniqueurs ont été enlevés. Tous accusés de communiquer pour les groupes armés terroristes qui sèment le chaos dans le pays et qui ont fait déjà des milliers de morts ; ou d'être contre la vision et les efforts des autorités.
Certaines de ces sanctions sont contenues dans la loi organique n°041-2023/ALT portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de la communication dans le chapitre 7 : sanctions et recours. Il y a aussi la loi n°085-2015/CNT portant modification de la loi n°057-2015/CNT portant régime juridique de la presse écrite au Burkina Faso.
Notes et références
* Catégorie:Liberté d'expression