Léglise Nossa Senhora dos Remédios (en français : Notre-Dame des Remèdes) est une église située à Cabaceira Grande, dans la baie de Mossuril, dans le district de Mossuril de la province de Nampula.., au nord du Mozambique. Construite en 1579, elle est considérée comme la plus ancienne église d’Afrique subsaharienne encore en activité.

Description L’église Notre-Dame des Remèdes se trouve à Cabaceira Grande, l’une des plus anciennes colonies portugaises sur le continent au Mozambique, juste en face de l’île de Mozambique, un site du patrimoine mondial. La distance jusqu’à l’île de Mozambique est d’environ trois kilomètres à vol d’oiseau.. Notre-Dame des Remèdes est isolée à quelque distance de la ville, sur le rivage bordé de mangroves. de la baie de Mossuril... L’accès à l’église se fait par une route de terre depuis le village de Mossuril ou depuis la plage de Chocas Mar.

À proximité de l’église se trouve le Palais d’Été du gouverneur, construit en 1765, et Cabaceira Pequena, lieu historique où le navigateur portugais Vasco de Gama aurait approvisionné ses navires en 1498. Cela montre l’importance historique de Cabaceira Grande, l’un des plus anciens établissements européens dans l’hémisphère sud.

L’église présente un plan rectangulaire, avec devant la nef un narthex (aussi appelé atrium ou galilée couverte) qui précède l’entrée principale. On y accède par deux épais arcs en plein cintre de chaque côté.. Ce porche, élément architectural typique des églises coloniales portugaises adaptées au climat tropical, remplit la double fonction de protéger les fidèles des pluies et de créer un espace de transition entre le profane et le sacré. Le clocher n’est pas sur l’église elle-même mais au-dessus du porche, constituant une « fausse façade » avancée. C’est un double clocher en arc en plein cintre, couronné de pinacles ornés de boules sur des socles parallélipipèdes. Il ne reste plus qu’une des deux cloches. Entre les deux arcs, des frises verticales flanquées de nageoires encadrent une petite niche où se trouve une image de dévotion surmontée d’une croix. Cet ensemble décoratif est caractéristique de l’architecture religieuse du , et les reliefs d’inspiration indo-portugaise sont similaires à ceux de l’église de Dauli (1583) dans les environs de Baçaim. Le toit plat du porche forme une terrasse protégée par deux balustrades latérales. La nef est couronnée à chaque coin par des pinacles pyramidaux. Toutes les façades sont plâtrées et blanchies à la chaux, d’un blanc resplendissant sous le soleil tropical.

La porte principale est en bois sculpté de style indien, décorée d’éléments floraux. Elle s’inscrit dans un encadrement en arc en plein cintre posé sur des colonnes. Elle est encadrée de deux fenêtres rectangulaires à barreaux verticaux, qui comportent à l’intérieur des volets à charnières en bois, permettant la ventilation naturelle si nécessaire dans ce climat équatorial. La nef unique possède un plafond plat en bois et un haut chœur, également en bois, avec une balustrade, qui permettait aux notables d’assister aux cérémonies religieuses depuis une position privilégiée. À gauche en entrant se trouve le baptistère abritant une cuve baptismale du XVIIe siècle, avec un bol circulaire sur un pied cylindrique.

À l’intérieur de l’église, sur le maître-autel, se trouve un retable indo-portugais sculpté en bois doré à la feuille d’or, de style baroque joanin. Il possède six colonnes dont le fût en spirale est décoré d’éléments végétaux sculptés. Les colonnes reposent sur des socles parallélépipèdes et sont couronnés de chapiteaux corinthiens. Au centre du retable se trouve une niche en arc entourée d’une décoration abondante de feuillages et de volutes dorées, typique du baroque portugais exubérant du règne de Dom João V. Selon l’auteure et muséologue Maria Madalena de Cagigal e Silva, ce retable constitue, avec la chaire de la chapelle du palais de São Paulo et le retable sculpté de l’église Nossa Senhora da Saúde, tous deux situés sur l’île de Mozambique, les trois œuvres d’art les plus précieuses de cette région.

Historique L’église a été construite en 1579, sur ordre du gouverneur portugais Pedro de Castro, qui fut capitaine général de Sofala et du Mozambique entre 1577 et 1582, pour les frères Dominicains qui possédaient un couvent sur l’île de Mozambique voisine. À l’origine, elle s’appelait Notre-Dame du Rosaire. une dévotion chère à l’Ordre des Prêcheurs qui y a fondé la première communauté chrétienne sur le continent en Afrique de l’Est.

Il est parfois indiqué qu’elle fut la première église construite au Mozambique. Ce n’est pas vrai, car la chapelle Nossa Senhora de Baluarte, située sur l’île de Mozambique, est antérieure, elle date de 1522. Cependant, il est vrai que Notre-Dame des Remèdes fut l’une des premières églises construites sur le continent au Mozambique et le premier temple que les Dominicains y construisirent.. C’est la plus ancienne église d’Afrique subsaharienne encore en usage aujourd’hui.

Son histoire s’inscrit dans le contexte de l’expansion portugaise dans l’océan Indien, qui transforma cette région en un carrefour stratégique des routes commerciales reliant l’Europe aux richesses de l’Asie. Lorsque les Dominicains, un ordre religieux fondé par saint Dominique de Guzmán en Espagne au XIIe siècle, décidèrent de construire ce temple en 1579, l’île de Mozambique voisine fonctionnait déjà comme capitale du vaste territoire en Afrique de l'Est sous domination portugaise, un point de passage obligatoire pour les navires rejoignant l’Inde et l’Extrême-Orient. Le choix de Cabaceira Grande pour l’implantation de l’église n’était pas accidentel. Cette localité côtière, située sur le continent en face de l’île de Mozambique, était l’endroit où les Portugais exploitaient des fermes agricoles et des élevages, fournissant une nourriture indispensable à la population insulaire. La présence d’une communauté européenne bien établie et la nécessité d’évangéliser les populations locales ont justifié la construction d’un temple capable de servir à la fois aux colons et aux Africains nouvellement convertis.

Au cours des siècles suivants, l’église traversa des périodes de splendeur et de déclin. Le gouverneur Baltazar Manuel Pereira do Lago, le même qui ordonna la construction du Palais d’Été à proximité, fit restaurer l’église en 1765 ou 1767. En 1854, à la suite d’une violente tempête tropicale, d’autres réparations furent nécessaires pour assurer l’intégrité de la structure. En 1885, le nom de l’église changea de Notre-Dame du Rosaire en Notre-Dame des Remèdes, une invocation mariale associée à la guérison et à la protection. L’église fut classée en 1943. Elle fut restaurée en 2013. Elle continue d’être utilisée activement comme lieu de culte, si bien que les visiteurs doivent respecter les calendriers des célébrations religieuses et le caractère sacré du lieu. L’intérieur peut être visité lorsque l’église est ouverte, généralement pendant la journée.

Notes et références

Liens externes .

Catégorie:Édifice religieux catholique Catégorie:Édifice religieux achevé en 1579 Catégorie:Édifice religieux au Mozambique Catégorie:Bâtiment au Mozambique Catégorie:Architecture coloniale portugaise