Les relations bilatérales entre le Cambodge et la Thaïlande remontent au XIII siècle, durant l’époque angkorienne. À partir du XIV siècle, le royaume thaï d’Ayutthaya éclipse progressivement l’Empire khmer déclinant. L’établissement du protectorat français sépare ensuite le Cambodge de la Thaïlande moderne au tournant des XIX et XX siècles. Les relations diplomatiques entre les deux États contemporains sont établies le .

Les relations entre les deux pays demeurent complexes. L’absence de délimitation complète de leur frontière a entraîné un , notamment autour du temple de Preah Vihear, porté devant la Cour internationale de justice en 1962 mais qui connaît encore des affrontements militaires en 2008 et 2011. Les conflits internes du Cambodge dans les années 1970 et 1980 débordent fréquemment sur la Thaïlande, qui accueille des réfugiés tout en apportant un soutien indirect aux Khmers rouges dirigés par Pol Pot. Aujourd’hui, la Thaïlande exerce une domination économique sur son voisin plus pauvre et figure parmi les principaux investisseurs au Cambodge.

Bien que les relations soient globalement pacifiques, les populations des deux pays conservent un certain degré d’inimitié, et leur patrimoine culturel commun nourrit une rivalité nationaliste marquée, souvent exprimée par des querelles en ligne portant sur l’origine et l’appropriation de cet héritage. Ces tensions ont parfois dégénéré en violences attisées par le nationalisme. Parmi les épisodes notables figurent l’attaque de l’ambassade thaïlandaise à Phnom Penh en 2003, qui entraîne une dégradation diplomatique décidée par la Thaïlande. Cette dernière réduit également ses relations en 2009 en réaction au soutien apporté par le gouvernement cambodgien à l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra. De son côté, le Cambodge rompt à deux reprises ses relations diplomatiques (par la fermeture de son ambassade à Bangkok), en 1958 et 1961, dans le contexte du conflit autour de Preah Vihear.

En 2025, de violents affrontements éclatent entre la Thaïlande et le Cambodge le long de leur frontière disputée, faisant plus d'une centaine de morts et entraînant le déplacement de plus de 270 000 personnes.

Notes et références

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