Concetto Pettinato, né le à Catane et mort le à Este, est un journaliste, écrivain et homme politique italien.

Reporter et journaliste de profession, il exerce de façon continue son activité sous le régime fasciste et durant la République sociale italienne (RSI) au cours de laquelle il adopte cependant une attitude critique vis-à-vis de Mussolini. Après-guerre, il s'investit en politique en devenant l'un des dirigeants du Mouvement social italien (MSI). Figure de l'« aile gauche » avec Giorgio Pini, il finit par quitter le parti avec ce dernier pour fonder le Regroupement social républicain (RSR).

Biographie

Formation journalistique Né en 1886 à Catane de Carmelo et Maria Biraghi, Concetto Pettinato part étudier à Rome, puis retourne dans sa ville natale pour obtenir un diplôme de droit. S'intéressant au journalisme, il collabore au quotidien milanais La Perseveranza et au Giornale di Sicilia de Palerme, avant d'entreprendre un voyage à travers l'Europe en 1910, qui le conduit à vivre en Russie, en France, en Pologne et en Turquie.

En tant que correspondant bénévole, il envoyait des articles depuis ces lieux à Alfredo Frassati, directeur et propriétaire de La Stampa à Turin. Devenu correspondant pour le journal piémontais, il s'installa à Paris en 1914, puis en Pologne. En , il participa à la Première Guerre mondiale comme sous-lieutenant au sein du Haut Commandement de l'Armée, responsable du bureau d'information . En 1918, il fut réintégré au quotidien turinois et envoyé en Hongrie, au moment de la révolution de Béla Kun.

L'adhésion au fascisme En 1920, il se trouve à Berlin comme correspondant spécial, avant de retourner à Paris, puis en Allemagne en 1926. Cette année-là, il adhère au Sindacato fascista dei giornalisti. En 1930, il est à Madrid pour couvrir, pour le compte de La Stampa, les premiers signes de la guerre civile espagnole puis durant la décennie de l'instauration du régime nazi, figure parmi les signataires des lois raciales fascistes. En 1941, il est appelé à collaborer avec l'Ente Italiano per le Audizioni Radiofoniche (EIAR).

Durant la République sociale italienne : directeur de La Stampa Après la chute de Benito Mussolini le , l'armistice et la naissance de la République sociale italienne (RSI), Pettinato fut nommé directeur de La Stampa par Mussolini en . Le journal lui permit d'exposer de façon directe sa vision révolutionnaire et anticapitaliste de la nouvelle République. Dans son article « La Repubblica e i lavoratori » (4 janvier 1944), il accusa le « fascisme monarchique » et la « bourgeoisie capitaliste » d'avoir circoncis les aspirations populaires du régime : « Rangée aux côtés du régime au moment où elle se croyait perdue, dès que la paix sociale recommença à régner dans le pays, la bourgeoisie capitaliste n'eut d'autre pensée que celle de contraindre le fascisme, en l'entravant […] »Par la suite, à la manière de Barna Occhini à la même période, il dressa sans détours un parallèle entre la Russie soviétique et la nouvelle République de Mussolini, les deux luttant sur des fronts parallèles contre les puissances capitalistes et « ploutocratiques » : « Nous ne devons pas, toutefois, perdre de vue que la guerre avec la Russie est une guerre entre conceptions rivales, non entre conceptions antithétiques. Le véritable ennemi est, pour nous comme pour la Russie, le capitalisme libéral, le régime de l'exploitation illimitée du travail et du profit illimité du capital. Si nous savons rester dans cet ordre d'idées, si nous savons convaincre nos travailleurs que la république sociale sera demain leur bien, leur domaine matériel et spirituel, nous aurons avec nous tout le peuple, par adhésion spontanée et j'ose dire immédiate […] »Le , il publia le célèbre éditorial « Se ci sei, batti un colpo », dans lequel il mettait directement en cause Mussolini dans la tournure des événements : les dernières actions militaires avaient abouti à un résultat désastreux et l'Italie de la RSI semblait désormais « saisie » par les Allemands, qui détenaient tous les pouvoirs.

Le , il publia un autre éditorial, intitulé « L'assente », dans lequel l'Italie était qualifiée d'« absente » en raison de son rôle de plus en plus modeste sur la scène internationale. Cette fois, le régime ne toléra aucune critique : en mars, Pettinato fut démis de ses fonctions et déféré devant la commission de discipline du Parti républicain fasciste (PFR).

La période d'après-guerre : néofasciste de « gauche » Après la Libération, Pettinato se cacha à Milan, mais fut arrêté le et jugé à Turin. Condamné à 14 ans de prison pour collaboration, il fut libéré suite à l'amnistie Togliatti, promulguée la même année. En , il rejoignit le Mouvement social italien (MSI), dont il devint membre du Comité central et promoteur de diverses initiatives. Avec Giorgio Pini et Ernesto Massi, il devint l'une des figures de proue de l'« aile gauche » révolutionnaire du parti. En 1948, il se présenta aux élections, mais ne fut pas élu.

Le , il fut condamné à quatre mois de prison pour apologie du fascisme par le magistrat de Syracuse, mais acquitté par le même tribunal en 1951. En 1952, Pettinato démissionna du MSI suite au changement de ligne politique impulsé par le secrétariat du parti, un changement qu'il considérait comme une dérive réactionnaire, conservatrice et pro-atlantique. Il participa, avec Giorgio Pini, à la fondation d'un nouveau mouvement politique , le Regroupement social républicain (RSR), se plaçant directement dans la filiation du « socialisme national » de la République sociale italienne (RSI) et du Manifeste de Vérone. Il collabora en outre au bimensuel du parti, La Prima Fiamma, puis participa, en 1957, à la fondation du Parti national du travail (Partito Nazionale del Lavoro), toujours avec Pini et l'ancien secrétaire adjoint du MSI, Ernesto Massi.

À partir de 1957, il devint un collaborateur régulier de la troisième page d'Il Tempo. Il mourut à Este le .

Postérité C’est ainsi qu’Indro Montanelli se souvenait de lui dans la rubrique Opinioni - La Stanza di Montanelli du Corriere della Sera, le , suite au rappel d’un lecteur qu’il avait cité le célèbre article de Pettinato « Se ci sei, batti un colpo! » :

Publications

Il delfino di Kavak, Firenze, Bemporad, 1921 A Parigi con i francesi, 1930 Il senso della Spagna, Alpes, Milano, 1930 Dialoghi moderni, Treves, Milano, 1932 Gli intellettuali e la guerra, Ginevra, 1942 (Edizione di cento esemplari fuori commercio) Gli intellettuali e la guerra, La Stampa, Torino, 1944 (ristampa della edizione ginevrina fuori commercio), Gli intellettuali e la guerra, Settimo Sigillo, Roma, 1997 Questi Inglesi, Milano, Bertieri Editore, 1944 Purgatorio, Roma, L'Arnia, 1949 La lezione del medio evo, Milano I.S.L.I. 1940, Cappelli Bologna 1951 (2ª ed.) Rosso di sera, Milano, Ceschina, 1959 Scritto sull'acqua, Milano, Ceschina, 1963 Tutto da rifare, Milano, Ceschina, 1966 Bandiera a mezz'asta, Giovanni Volpe editore, Roma, 1970 Francesi e tedeschi, Giovanni Volpe Editore, 1972 Se ci sei, batti un colpo... 100 articoli de «La Stampa» per la storia della RSI, Lo Scarabeo, Bologna.

Notes et références

Liens externes

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