Georges Le Turcq (Paris, - Paris, ) est un joaillier et orfèvre français, figure importante de la période Art nouveau. Il est reconnu pour sa maîtrise de l'émail plique-à-jour et sa collaboration professionnelle avec le joaillier Julien Duval.

Biographie Georges Le Turcq naît en 1859. Il est le fils de Victor Le Turcq, fabricant de métal, et de Pauline Hachin, peintre sur éventails. Son grand-père, François Le Turcq, est né François Fiquemont mais a été légitimé par la suite, adoptant le patronyme Le Turcq.

Carrière Le Turcq étudie à l'École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il y rencontre son camarade Julien Duval, avec qui il nouera un partenariat professionnel important.

Duval et Le Turcq (1885–1894) En 1885, Le Turcq et Duval fondent la maison « Duval et Le Turcq » au 113 boulevard de Sébastopol. Les associés se fixent un programme précis : « créer du nouveau » plutôt que de suivre les styles de bijouterie traditionnels. La maison expose à l'Exposition universelle de 1889 à Paris, où elle présente des pièces comportant des émaux mats et des émaux sur paillons. Leurs créations représentant des orchidées et des papillons connaissent un succès particulier durant cette période.

Le partenariat produit plusieurs œuvres notables : Médaille Vierge des Catacombes (1891) : Modelée d'après la plus ancienne représentation connue de la Vierge Marie trouvée dans les catacombes romaines, cette médaille religieuse se distingue par son épaisseur, contrastant avec les médailles fines typiques de l'époque. Elle remporte un immense succès commercial, se vendant en grande quantité en France et à l'étranger. Bracelet Gaulois (1890) : Ce bracelet est créé selon une technique d'estampage. Il arbore des motifs patriotiques, notamment le coq gaulois et le gui.

En 1892, Le Turcq et Duval visitent Pforzheim, en Allemagne, pour y étudier l'industrie de la bijouterie. Ils coécrivent un rapport sur l'état de l'industrie et la formation professionnelle, présenté à la Chambre syndicale de la bijouterie, dans lequel ils plaident pour la création d'une école professionnelle en France.

Travail indépendant Le partenariat est dissous en 1894 et les deux joailliers continuent à travailler indépendamment. Le Turcq installe son atelier au 13 rue des Petits-Champs. Le , il dépose un nouveau poinçon de maître composé de ses initiales et d'un « bonnet d'âne » stylisé.

vignette|Bracelet Faust de Georges Le Turcq (1895). L'une de ses œuvres indépendantes les plus significatives est le bracelet Faust, créé en 1895 pour commémorer la 1000 représentation de l'opéra Faust de Charles Gounod à l'Opéra de Paris. Le Turcq collabore avec le médailleur Vernier pour créer la pièce en utilisant un procédé de frappe. Le bracelet se compose de médaillons ciselés représentant des personnages de l'opéra, dont Marguerite, Faust (représenté jeune et vieux), Méphistophélès et Valentin.

Le Turcq continue de produire des bijoux caractérisés par l'élégance du design. Un exemple notable de cette période est une bague en or (vers 1900) conservée au . Le corps de bague, serti d'un pavé de diamants, s'incurve vers le haut et se divise en deux au-dessus d'une perle baroque afin de dissimuler la monture ; le motif intègre des feuilles remplies d'émail plique-à-jour vert translucide.

Le Turcq réalise également des dessins pour d'autres grandes maisons de joaillerie. En 1903, il crée une aiguière en or ciselé avec émail vert pour Boucheron, et il produit des pièces pour le joaillier Antony Beaudoin. Il est connu pour avoir été un fournisseur de l'actrice Sarah Bernhardt, bien qu'il ne soit pas explicitement nommé dans ses mémoires.

Style vignette|Bagues de Georges Le Turq (). La production de Le Turcq est associée au style Art nouveau (ou « Modern Style »), caractérisé par des lignes abstraites et des thèmes naturalistes. Influencé par l'art japonais, il intègre souvent la flore et la faune dans ses créations.

Sa technique notable est l'émail plique-à-jour, qui permet à la lumière de traverser l'émail, imitant ainsi le vitrail. Le joaillier et historien de l'art Henri Vever note que Le Turcq a continué à exécuter de la « belle joaillerie » et des pièces émaillées intéressantes jusque dans les années 1900.

Vie privée Pendant l'affaire Dreyfus, Le Turcq signe une protestation soutenant le colonel Picquart, figure clé dans la révélation de la condamnation injustifiée d'Alfred Dreyfus.

Le Turcq meurt le Acte de décès à Paris , n° 473, vue 11/31..

Références

Sources

Liens externes

Articles sur Georges Le Turcq par Jean-Jacques Richard

Catégorie:Naissance en janvier 1859 Catégorie:Naissance dans l'ancien 12e arrondissement de Paris Catégorie:Orfèvre français du XIXe siècle Catégorie:Orfèvre français du XXe siècle Catégorie:Joaillier français Catégorie:Art nouveau en France Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des arts décoratifs Catégorie:Décès en mars 1940 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 81 ans