Les prochaines élections générales espagnoles devraient avoir lieu le au plus tard, afin d'élire les 350 députés ainsi que 208 des 266 sénateurs de la des Cortes Generales.

Contexte Scrutin précédent Les résultats des élections générales anticipées du 23 juillet 2023 dessinent un parlement sans majorité. Bien qu'en tête et en forte hausse, le Parti populaire (PP) d'Alberto Núñez Feijóo n'est pas en mesure de former une majorité suffisante pour gouverner. Le Parti socialiste (PSOE) du président du gouvernement Pedro Sánchez progresse également mais l'alliance parlementaire qui le soutenait ne dispose plus d'assez de sièges pour assurer sa reconduction. La capacité à gouverner dépend ainsi du parti indépendantiste catalan Ensemble pour la Catalogne (Junts)....

vignette|Alberto Núñez Feijóo le 27 septembre 2023, pendant son débat d'investiture. Faute de majorité claire et tenant compte du résultat des urnes, le Roi propose le la candidature d'Alberto Núñez Feijóo à l'investiture du Congrès des députés. Le président du PP échoue lors des deux votes organisés successivement les et ...

Gouvernement de coalition

vignette|Pedro Sánchez applaudissant avec ses collègues socialistes après avoir reçu l'investiture le 16 novembre

Le , désigne Pedro Sánchez comme candidat à l'investiture.. Ayant conclu trois semaines plus tard un accord de coalition avec l'alliance de partis Sumar de la ministre du Travail Yolanda Díaz., il s'entend la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). puis Junts. au début du mois de pour recueillir le soutien de leurs députés en échange du vote d'une loi d'amnistie pour les personnes mises en cause dans l'organisation du référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017, qu'il avait défendue quelques jours auparavant.. Il s'assure ensuite le soutien d'autres partis nationalistes périphériques EH Bildu., BNG., EAJ-PNV. et CCa..

Le , Pedro Sánchez obtient effectivement l'investiture du Congrès dès le premier vote.. C'est la première fois depuis Mariano Rajoy en 2011 qu'un candidat à l'investiture l'emporte à la majorité absolue.. Il dévoile la composition de son gouvernement de 22 ministres le ..

La majorité constituée par Pedro Sánchez se révèle cependant assez fragile. Ainsi le gouvernement est-il incapable de faire adopter le budget de l'État ou de faire ratifier sa trajectoire financière pluriannuelle, ce qui le contraint à faire fonctionner les services publics sur la loi de finances pour 2023.. À la fin du mois d', Ensemble pour la Catalogne annonce la rupture de son accord avec le gouvernement, lui reprochant le manque d'avancées dans la mise en œuvre de leur entente..

Affaires et scandales autour de Pedro Sánchez En et , l' « affaire Koldo » met Pedro Sánchez en difficulté. Deux de ses hommes de confiance, les ex-secrétaires à l'Organisation du Parti socialiste ouvrier espagnol José Luis Ábalos et Santos Cerdán, ainsi que l'ancien conseiller ministériel Koldo García, sont accusés par la justice d'avoir perçu des pots-de-vin en échange de l'attribution de marchés publics. Ce scandale, qui amène au placement de Santos Cerdán. puis José Luis Ábalos en détention provisoire., crée un choc dans l'opinion et au sein du Parti socialiste, revenu au pouvoir en grâce une motion de censure votée dans le sillage de la condamnation du Parti populaire dans une affaire de corruption..

Cette affaire n'est pas la seule à toucher Pedro Sánchez de près, puisque son épouse Begoña Gómez ainsi que son frère David sont mis en examen pour trafic d'influence., et le procureur général de l'État est condamné en pour violation du secret judiciaire alors que le gouvernement avait défendu son innocence.. En , Pedro Sánchez avait un temps envisagé de démissionner en raison de l'information judiciaire ouverte contre son épouse, avant de décider de rester au pouvoir..

Alors que ces différents scandales de corruption ont déjà affaibli Pedro Sánchez et le Parti socialiste, le mois de est marqué par plusieurs accusations de harcèlement sexuel au sein du PSOE, dont une vise l'ancien collaborateur de Sánchez au palais de la Moncloa Paco Salazar. La réaction attentiste de la direction du parti, qui reste silencieuse pendant plusieurs mois, est vivement critiquée en interne..

Polémique sur les listes électorales Au début de l'été , Alberto Núñez Feijóo accuse Pedro Sánchez d'avoir mené une opération d'« ingénierie électorale » par l'application d'une disposition de la loi relative à la mémoire démocratique de 2022, appelée « la loi des petits-enfants » ().. Elle permet aux descendants, nés à l'étranger, d'Espagnols ayant dû s'exiler pour des motifs politiques d'obtenir la nationalité espagnole, donc le droit de vote, une circulaire du ministère de la Justice reconnaissant la condition d'exilé « à tous ceux ayant quitté le territoire national entre le et le » et qui peuvent le prouver.. Vox saisit alors la commission électorale centrale (JEC) pour qu'elle suspende l'inscription des naturalisés en vertu de la « loi des petits enfants », mais cette dernière rejette cette requête tout en décidant de solliciter la rédaction d'une circulaire du bureau des listes électorales pour déterminer de manière rigoureuse dans quelle commune les nouveaux électeurs doivent être inscrits..

Le parti d'extrême droite dépose un recours devant le Tribunal suprême, qui interdit le l'inscription sur les listes électorales les personnes en cours de naturalisation et suspend le droit de vote pour celles déjà inscrites, allant à l'encontre des réquisitions du ministère public.. La JEC renonce peu après à déposer un recours et appelle le bureau des listes électorales à réviser celles-ci en lien avec les consulats pour déterminer précisément les personnes concernées..

Mode de scrutin L'Espagne dispose d'un parlement bicaméral : les Cortes Generales, composé d'une chambre basse, le Congrès des députés (), et d'une chambre haute, le Sénat (). Les députés comme les sénateurs sont élus pour quatre ans... Le scrutin pour leur renouvellement se tient après la publication du décret de convocation des électeurs au Bulletin officiel de l'État (BOE)., sauf dans le cas d'une répétition électorale : le délai de tenue du scrutin est réduit à et la durée de la campagne officielle passe de 14 à sept jours..

Depuis , le vote des expatriés est facilité. Les Espagnols de l'étranger reçoivent automatiquement l'ensemble de la documentation électorale, et n'ont donc plus à la demander aux autorités consulaires. Ils peuvent télécharger les bulletins de vote en ligne et disposent de sept jours pour voter physiquement dans leurs consulats..

Pour le Congrès des députés vignette|Le palais des Cortès, siège du Congrès des députés. Le Congrès des députés est composé de pourvus au scrutin proportionnel plurinominal à listes fermées dans 52 circonscriptions correspondant aux 50 provinces du pays ainsi qu'aux villes autonomes de Ceuta et de Melilla. Le nombre de députés qui leur est alloué est variable en fonction de leur population, avec néanmoins un minimum de deux sièges par province, à l'exception des villes autonomes qui n'ont chacune en tout qu'un seul siège et pour laquelle les élections se tiennent donc de facto au scrutin uninominal majoritaire à un tour..

Après décompte des voix, les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt dans chacune des circonscriptions. Ne peuvent prétendre à la répartition des sièges que les listes ayant franchi le seuil électoral de 3 % des suffrages exprimés. Dans la pratique, ce seuil se révèle plus élevé dans les circonscriptions ayant peu de sièges à pourvoir. Il est ainsi en réalité de 25 % dans les provinces ne comptant que trois sièges. Le vote blanc est reconnu et comptabilisé comme suffrage exprimé, ce qui élève légèrement le seuil réel par rapport à un système classique où ils ne sont pas reconnus.

Pour le Sénat vignette|Le palais du Sénat, siège du Sénat. Le Sénat est composé de dont 208 élus au scrutin direct, les 58 restants étant élus par les parlements des .

Les sénateurs élus par la population le sont au scrutin majoritaire plurinominal dans 59 circonscriptions plurinominales correspondant aux provinces du pays et à Ceuta et Melilla, à l'exception des deux communautés autonomes archipélagiques. Les principales îles des archipels des Baléares et des Canaries sont en effet dotées de leurs propres circonscriptions. Il y a ainsi quatre sénateurs pour chacune des 47 provinces de la péninsule, trois sénateurs pour les îles de Grande Canarie, Majorque et Tenerife, deux sénateurs respectivement pour Ceuta et Melilla, et un sénateur pour les îles de Minorque, Fuerteventura, La Gomera, Ibiza-Formentera, El Hierro, Lanzarote, et La Palma.. En fonction de la circonscription, chaque électeur peut voter pour plusieurs candidats : trois dans les circonscriptions provinciales, deux dans les îles à trois sièges et un seul dans les circonscriptions à un et deux sièges..

Les assemblées législatives des communautés autonomes désignent aussi des sénateurs, à raison d'un de droit par communauté, plus un siège supplémentaire par tranche d'un million d'habitants. Le nombre est de ce fait variable en fonction de l'évolution démographique. Il était de 58 en . Ces élections indirectes ont lieu pour chaque assemblée communautaire peu après leurs renouvellements, et ne coïncident donc pas nécessairement avec les élections au scrutin populaire.

Investiture du président du gouvernement Les élections sont suivies du vote d'investiture du président du gouvernement. Le roi d'Espagne, après avoir consulté les représentants des partis politiques ayant obtenu une représentation parlementaire, propose un candidat. Le roi choisi le plus souvent le dirigeant du parti ou de la coalition arrivée en tête, mais aucune disposition légale ne l'y oblige. Pedro Sánchez avait ainsi vu sa candidature proposée par le monarque en février 2016, malgré la deuxième place obtenue à l'époque par le Parti socialiste ouvrier espagnol...

Le candidat désigné expose le programme politique du gouvernement qu'il entend former devant le Congrès des députés, puis sollicite sa confiance. Si l'assemblée, par un vote à la majorité absolue de ses membres, lui accorde cette confiance, le monarque le nomme président du gouvernement. Dans le cas contraire, le candidat se soumet, quarante-huit heures plus tard, à un nouveau vote de confiance, où la majorité simple est cette fois suffisante. Le dirigeant d'un parti ou d'une coalition ne disposant pas de la majorité absolue peut dans ce cas obtenir l'investiture en négociant l'abstention d'un nombre suffisant de députés. En cas d'échec du candidat, la procédure est recommencée. Toutefois, si aucune investiture ne survient dans un délai de deux mois à compter de la tenue du premier vote d'investiture, le roi doit prononcer la dissolution du Congrès des députés et convoquer de nouvelles élections. La campagne électorale étant réduite d'une semaine dans cette configuration depuis une réforme de 2016, le scrutin se tient 47 jours après la dissolution des Cortes..

Campagne Principales forces politiques