La Gestapo de la rue de la Pompe est une officine de la Gestapo, installée au 180, rue de la Pompe dans le entre les mois , dans les derniers mois de l'occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous la direction de Friedrich Berger, elle traque les réseaux et mouvements de Résistance. Elle est responsable de nombreuses arrestations, tortures, exécutions et déportations.
Historique
À partir du mois d', pour faire face au contexte militaire d'imminence du débarquement des Alliés et de montée en puissance de la Résistance, Friedrich Berger (1911-1960), un espion allemand, constitue et dirige à Paris une équipe d'une quarantaine d'auxiliaires de la police allemande pour traquer les mouvements et réseaux de Résistance.
L'équipe ainsi constituée est connue comme la « Gestapo de la rue de la Pompe », à Paris, dont le siège est au .
Cette officine est rattachée à la Gestapo du 11 rue des Saussaies et à celle du 31 bis avenue Foch, également dans le .
Les auxiliaires de police allemande sont pour la plupart Français et souvent anciens trafiquants du marché noir qui ont accepté de collaborer après leur arrestation. Dans l'ensemble, les recrues sont des repris de justice condamnés pour escroquerie, vol ou parfois crime de sang. Ce sont des malfrats collaborateurs, plutôt que des nazis fanatiques.
La Gestapo de la rue de la Pompe a joué un rôle important dans la traque des résistants dans les derniers mois de l'occupation allemande avant la Libération de la France.
En effet, elle est responsable de la neutralisation de plusieurs réseaux et mouvements de Résistance.
Outre des expéditions à Roanne, Lille et Péronne, le groupe procède à des arrestations de résistants des réseaux ou mouvements suivants : « Les Cloches des Halles », « Phalanx », « N.A.P. », « Voix du Nord », « Libération-Nord », « O.C.M. », « F2 », « M.L.N. », « Résistance polonaise », « Organisation juive de combat », « Groupe de Chelles et de Draveil », « Jeunesses catholiques combattantes ».
Selon l'historienne Marie-Josèphe Bonnet:
Le la bande quitte la rue de la Pompe pour emménager au 42 avenue Victor-Hugo dans le arrondissement de Paris.
Le la Gestapo parisienne quitte Paris pour l'Allemagne et poursuit en chemin son activité d'arrestations, de déportations et d'assassinats à Sainte-Menehould, Celles-sur-Plaine, Saint-Dié, Provenchères, Bernardvillé, Raon-l'Etape.
Organisation des lieux La Gestapo occupe trois niveaux de l'immeuble :
le rez-de-chaussée utilisé pour interroger et torturer les détenus. Il comprend deux chambres, un grand salon, une cuisine et une grande salle de bains, dont la baignoire est installée près de l'entrée. le étage (juste au-dessus) utilisé pour loger le trio du chef Friedrich Berger avec ses deux maîtresses, les sœurs Denise et Hélène Delfau. la cave où deux grandes pièces recouvertes d'un plancher servent de prison à de nombreux résistants. Cette cave est desservie par un escalier intérieur de l'appartement du rez-de-chaussée.
Un garde armé se tient devant l'entrée et il faut passer devant les concierges pour accéder à la porte d'entrée de l'appartement du rez-de-chaussée qui se trouve face à l'escalier de l'immeuble.
Méthodes d'interrogatoires L'acte d'accusation du procès de la Gestapo de la rue de la Pompe en 1952 s'ouvre par le constat suivant : .
Dès leur arrivée rue de la Pompe, les détenus - hommes comme femmes - sont accueillis par un déchaînement de violence de la part des Gestapistes, et parfois de leur chef lui-même.
Pour obtenir des aveux des résistants (leur identité, leurs fonctions, leur place dans le réseau, le nom et l'adresse de leurs chefs, le nom et l'adresse de leurs camarades résistants, leurs prochains rendez-vous...), de multiples moyens de torture sont utilisés. La plupart subissent des coups de poings, de pieds, et de nerfs de bœuf, des brûlures avec des torches de papier ou cigarettes, et quasi systématiquement le supplice de la baignoire ; les Gestapistes remplissent d'eau la baignoire sur laquelle flottent des glaçons et y plongent la tête des détenus nus à plusieurs reprises jusqu'à leur suffocation. Quelques détenus sont victimes de sévices sexuels, d'écartèlement, ou encore de pendaison par les mains...
Ces méthodes sont poussées si fortement, que trois résistants meurent sous la torturePlus précisément, deux détenus meurent sous la torture (Jean Desbordes et Maurice Loebenberg), tandis qu'un troisième détenu meurt des suites de la torture (Wladimir Kaczorowski).. Beaucoup d'autres sont blessés, parfois grièvement et à vie, sans compter les traumatismes psychologiques.
Sort des détenus après leur passage rue de la Pompe Après quelques heures ou quelques jours au 180 rue de la Pompe, peu de détenus sont relâchés et un seul parvient à s'évaderLa seule personne ayant réussi à s'évader de la Gestapo de la rue de la Pompe est le colonel Raymond Sarton du Jonchay, grâce à l'aide de la cuisinière qui fait diversion.. La plupart sont internés dans les prisons gérées par l'occupant allemand, particulièrement dans celle de Fresnes.
Les détenus sont ensuite déportés en camp de concentration en Allemagne (163 hommes et femmes), particulièrement via le convoi I.264 vers Buchenwald et Ravensbrück, mais également via les convois I.199 vers Mauthausen, I.240 vers Dachau, I.265 vers Buchenwald et I.281 vers Cologne.
Poursuites judiciaires après-guerre
Procès La Gestapo de la rue de la Pompe fait l'objet d'un procès devant le Tribunal militaire permanent de Paris qui se tient du au au Palais de justice de Paris.
Vingt-trois personnes sont inculpées de trahison, espionnage, assassinat et association de malfaiteurs. L'acte d'accusation stipule que ce groupe a collaboré entièrement avec les services allemands du 11 rue des Saussaies et, surtout, du 31 bis avenue Foch (section VI).
Lors du procès, seuls quatorze inculpés sont dans le box des accusés. L'un des inculpés comparaissant, Georges Guicciardini, est défendu par le célèbre avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour.
Le procès est particulièrement dense puisque cent soixante seize témoins passent à la barre et le dossier comprend cotes.
Par ailleurs, il se tient dans le contexte de la guerre froide, où les préoccupations liées à la Seconde Guerre mondiale apparaissent secondaires.
Jugements A l'issue du procès, les jugements sont rendus le .
Parmi les quatorze inculpés "comparaissant" jugés contradictoirement :
8 sont condamnés à la peine de mort (Georges Favriot, Raoul Fouchet, Adrien Guicciardini, Georges Guicciardini, Georges Gorisse, Théodore Leclercq, Fernand Poupet, et René Vaugeois). Georges Guicciardini meurt de manière naturelle le à la prison de Fresnes ; René Vaugeois, Adrien Guicciardini et Georges Gorisse voient leur peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité le , puis en vingt ans ; Raoul Fouchet obtient que son jugement soit cassé pour violation des droits de la défense (à la suite de son expulsion lors de l'audience du ) ; Les 3 condamnés à mort dont la peine n'a été ni commuée ni cassée, à savoir Fernand Poupet, Georges Favriot et Théodore Leclercq, sont fusillés le . 3 sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité (François Guicciardini, Jacques Reymond, Edmond Roger) ; 1 est condamnée à vingt ans de travaux forcés (Denise Delfau) ; 1 est condamné à cinq ans de bagne (Arthur Wenzel) ; 1 est acquitté (Walter Kley).
Parmi les neuf inculpés "en fuite" jugés par contumace :
7 sont condamnés à mort par contumace (Friedrich Berger, Pascal Forni, Manuel Stcherbina, Rachid Zulgadar, Mario Stanziano, Karl Kleindienst, et Otto Mayer).
Mémoire L' a été votée à l'unanimité par le conseil d’arrondissement du du sous la référence 2016 DAC 516.
Voici le texte de la plaque .
Cette plaque ne semble pas avoir été apposée depuis.
Liste des membres
La Gestapo de la rue de la Pompe est constituée d'une quarantaine d'auxiliaires de la police allemande, sous la direction de Friedrich Berger, dont voici les principaux membres, listés par ordre alphabétique :
Chef NomAnnées de vieSurnomMétier/origine/liensRôle dans la Gestapo de la rue de la PompeSuiteFriedrich Berger1911-1960Sartorius, RedyAllemand, militaire, espion, trafiquantconstitue et dirige l'antenne de la Gestapocondamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite, mort libre
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