Thomas-Joachim Hébert, né en 1687 et mort le à Paris, est un célèbre marchand mercier français.
Biographie Par son mariage en 1714 avec Louise Desgodets, fille d'Antoine Desgodets, et veuve du marchand mercier Nicolas Guillaume Dau[s]tel (mort en 1713), que Thomas Joachim Hébert entre dans le négoce d'objets d'artisanat d'art de haute qualité et de luxe. À cette époque, il possède boutique quai de la Mégisserie, non loin de la place Dauphine et du marchand Edme-François GersaintRose-Marie Herda-Mousseaux (dir.), La Fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au siècle, Paris, Musée Cognacq-Jay, catalogue d'exposition, 2018, ..
Après le décès de sa première épouse en 1724, il se marie avec Marie-Jeanne Legras, également fille de marchand mercier. On peut trouver dans sa boutique des meubles, mais aussi des pendules, des gemmes et beaucoup de porcelaines orientales, entre autresVincent Bastien, « Hébert, Thomas Joachim », notice biographique sur la base Agorha..
Dans les années 1720, Hébert passe commande de meubles à l'atelier d'André-Charles Boulle. Parmi les autres ébénistes travaillant pour Hébert on compte aussi Bernard II Van Riesen BurghJean Vittet, « Le marchand Thomas-Joachim Hébert (1687–1773) et l'ébénisterie de son temps », in: Stéphane Castellucio (dir.), Le Commerce du luxe à Paris aux et siècles. Échanges nationaux et internationaux, Berne, Peter Lang, 2009, Carolyn Sargentson, Merchants and Luxury Markets: The Marchands Merciers of Eighteenth-Century Paris, Londres, Victoria and Albert Museum, 1996..
Vers 1736, il déménage sa boutique rue Saint-Honoré, non loin du Palais-Royal, désormais appelée Au Roy de Siam. Témoin indirect de ce succès, Voltaire cite l’enseigne du magasin dans sa vaste correspondance« Lettre de Voltaire à l’abbé Moussinot, le 5 juin 1737 », in: Les Vraies Lettres de Voltaire à l’abbé Moussinot, 1875, ..
En 1740, il est chargé de la prisée lors de l'inventaire des biens de Louis IV Henri de Bourbon-Condé. Sa boutique est citée dans le roman à succès de l'époque, Thémidore (1745) de Claude Godard d'Aucour.
Vers 1750, il fournit en meubles estampillés Van Riesen Burgh le ministre Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, et certains de ces meubles peuvent être encore de nos jours identifiés dans des collections comme venant de ce marchand. Peu après, il cède sa boutique à Lazare Duvaux Christie's New York, 2 November 2000, lot 231, « a pair of lacquer encoignures »..
En , Thomas Joachim Hébert s’oriente vers une nouvelle activité par l’acquisition d’une charge de « conseiller secrétaire du Roi », qui lui assure des revenus substantiels jusqu’à son décès, le , dans une maison rue des Moulins, butte Sainte-Anne, paroisse Saint-Roch à Paris.
Il fut dès 1737 l'un des grands fournisseurs officiels de la Cour de Louis XV à Versailles, par l’intermédiaire de l’administration des Menus-Plaisirs et de celle du Garde-Meuble de la Couronne.
Thomas Joachim Hébert avait marié en 1751 sa fille Marie Margueritte à M. Dufour, fils de la première femme de chambre de la Dauphine, Marie-Josèphe de Saxe, dans un contrat signé à Versailles : le duc de Luynes consigne le fait dans ses Mémoires en observant qu'elle est « la fille du fameux Hébert, marchand au palais, laquelle aura beaucoup de biens »Pierre Verlet, Le Commerce des objets d’art et les marchands merciers à Paris au siècle, Annales ESC. Histoire, Sciences Sociales 13.1, janvier-mars, 1958, ..
Notes et références
Liens externes
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