Jean Fernel ou Jean François Fernel (en latin ), est un médecin français, né vers 1506 à Montdidier dans la Somme, mort le à Paris. Il était aussi astronome et mathématicien.

Biographie

Il commence par étudier avec passion les mathématiques et l'astronomie, se livre ensuite à la médecine, et acquiert bientôt une telle célébrité qu' le nomme premier médecin du roi. Fernel enseigne les mathématiques au collège des Lombards et publie un ouvrage sur cette science (De proportionibus, 1526), ainsi que deux livres d’astronomie (Monalosphaerium et Cosmotheoria, 1528). Il tente de mesurer un arc d'un degré sur la surface terrestre.

Abandonnant sa chaire de philosophie, peut-être sur les instances de son beau-père, il se consacre entièrement à la médecine. Il est reçu docteur de la faculté de Paris en 1530 et y professe en 1534. Sa renommée de praticien lui vaut de soigner Diane de Poitiers, de Navarre et Catherine de Médicis ; il les guérit.

Premier médecin du Roi, il l'accompagne au Siège de Calais (1558). Après leur retour à Fontainebleau, la femme de Fernel l'y rejoint mais décède subitement, ce qui lui cause un profond chagrin. Malade, il meurt à Paris environ un mois après ; sa tombe était à l'église Saint-Jacques-la-Boucherie. Ils laissent deux filles, dont l'ainée est mariée avec un certain Barjot, président du conseil du roi et maître des requêtes ; l'autre se mariera avec Gilles de Riant, président à mortier au parlement de Paris..

Fernel traita son élève Guillaume Plançon en ami et le prit pour commensal. Plançon écrit la première version des œuvres de FernelLyon, Veyrat, in-8°.. Il est aussi l'auteur des notes et de la vie de Fernel, qui précède les traités, dans les premières éditions.

Contributions scientifiques Universa medicina Fernel, un des plus célèbres médecins de son siècle, est l'auteur dUniversa medicina, où il classe méthodiquement les connaissances médicales. Cet ouvrage comprend trois parties. Sept livres traitent de la physiologie, décrivant les différentes parties du corps et leurs usages, les éléments et les tempéraments divers, les esprits et la chaleur interne, les fonctions et les humeurs, et enfin la génération. Trois livres traitent de la pathologie ; Fernel y décrit les maladies, leurs causes, leurs signes et symptômes, le pouls et les urines. Sept livres traitent de la thérapeutique, décrivant des cas de guérison, la saignée, les purgatifs, l'usage et l'action des médicaments.

thumb|left|Jean Fernel|upright=0.75 On reconnaît à Fernel la création du terme « physiologie ». Mais on doit surtout remarquer, comme le fait Sherrington, que son ouvrage de physiologie est le premier traité dans ce domaine depuis Galien (plus de treize siècles). Il devient la référence, et ne deviendra démodé qu'après l'acceptation de la théorie de la circulation du sang de HarveySherrington, ..

Quant à la pathologie, Fernel, écrit Cumston, Fernel, en tant que précurseur, s’oppose donc à la médecine nouvelle de Michel Servet, Paracelse, André Vésale, tout en réformant le classique Galien, dont il modifie profondément la pathologie. En première instance, il définit la maladie comme une « affection » du corps vivant (morbus est affectus contra naturam corpori insidens), ensuite, bien qu’il distingue les maladies des parties similaires des maladies des parties organiques, il prend un soin particulier à rappeler que la maladie affecte la substance entière (affectus totius substantiæ). Il établit aussi une distinction, que personne n’avait faite avant lui, entre l'« affection » maladie et l'« affection » symptôme.

Autres ouvrages Dans son traité De abditis rerum causis, 1548, Fernel décrit les maladies épidémiques, endémiques, virulentes et contagieuses dont la syphilis, l’éléphantiasis et la rage, très négligées par la littérature médicale de son temps. Il développe une doctrine étiologique selon laquelle les maladies contagieuses épidémiques et pernicieuses ne se propagent que s’il existe des prédispositions dans la population. Enfin il crée le terme de physiologie et s’intéresse à la « chaleur innée », que nous appelons aujourd'hui température corporelle.

Publications Jean Goulin cite 87 éditions des œuvres de Fernel sans prétendre toutes les connaître.

Sélection Les œuvres de Fernel sont en latin. Astronomie , Paris, 1526 Cosmotheoria, 1528 — Numérisation e-rara

Médecine De naturali parte medicinae, 1542 (en ligne, l'édition de 1551) De abditis rerum causis, 1548 (en ligne, l'édition de 1607) Des choses cachées des choses. De abditis rerum causis 1548, édition critique et traduction du latin par Jean Céard, Paris, Les Belles Lettres, coll. Les classiques de l'humanisme n° 56, 680 p., 2021 , 1548 Universa medicina, 1567 Édition de 1656 à Utrecht sur Google Livres , trad. A. D. M., 1646 Les sept livres de la thérapeutique universelle de Jean Fernel, trad. Jean du Teil, 1655 Therapeutices universalis ; seu medendi rationis, libri septem. Quam totius medicinae tertiam decit partem, ad praxim perutilem et necessariam, 1571 Édition de 1581, Francfort Febrium curandarum methodus generalis, 1577

Listes d’œuvres Charles Scott Sherrington, « List of editions of the writings of Jean Fernel », , dans The Endeavour of Jean Fernel, CUP Archive, 1946 Liste d’œuvres en ligne sur Gallica

Hommages En 1935, l'Union astronomique internationale a donné le nom de Fernelius à un cratère lunaire. Collège Jean Fernel, rue Gambetta, Clermont (Oise). Il y a une rue Jean Fernel à Amiens.

Notes

Annexes Bibliographie Victor de Beauvillé, Histoire de la ville de Montdidier, , Paris, Didot, 1857 : Jean Fernel Pierre Bayle, Dictionnaire Historique et Critique, Nouvelle Édition, Tome 6, pp.422-432, Paris, Desoer, 1820 : Fernel sur Google Livres

John M. Forrester et John Henry, Jean Fernel's On the hidden causes of things : forms, souls, and occult diseases in Renaissance medicine, , , Brill, 2005 Paul Mazliak, Jean Fernel, premier physiologiste de la Renaissance, Hermann éditeur (collection Histoire des sciences), Paris, 2016 ; 164 p. Jean-Paul Pittion, « Jean Fernel (1497-1558), médecin d’ : vie et œuvre », dans Marie Viallon-Schoneveld (dir.), Médecine et médecins au : actes du IXe colloque du Puy-en-Velay, Saint-Etienne, PU de Saint-Etienne, 2002, . Version remaniée en ligne, 2 avril 2009 Guillaume Plançon, « Joanni Fernelli vita », dans Universa medicina, Utrecht, Gisbert à Zijll, 1656 Jacques Roger, Jean Fernel et les problèmes de la médecine de la Renaissance, Paris, Éd. du palais de la Découverte, 1960 (Non consulté) Scévole de Sainte-Marthe, « Iean Fernel », dans Éloges des hommes illustres, qui depuis un siècle ont fleuri en France, Paris, 1644 Charles Scott Sherrington, The Endeavour of Jean Fernel, CUP Archive, 1946 — Aperçu sur Google livres

Liens externes

Jean Fernel notice bio-bibliographique dans le site de la Biu Santé. Jean Fernel dans la Banque d'images et de portraits de la Biu Santé. Jean Fernel dans le site data.bnf.fr.

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