Elie Laure, né le à Castres (Tarn) et décédé le à La Flèche (Sarthe), est un résistant et général de l'armée française.

Origines familiales et études Élie, Louis, Marie Laure naît le à Castres, dans le Tarn, au sein d’une famille de militaire. Son père, Victor Laure, issu du rang, est alors capitaine en premier dans le régiment d’artillerie. Il n’a strictement aucun lien de parenté avec le général d’armée Émile Laure (1881-1957), nommé secrétaire général du cabinet du Maréchal Pétain, chef de l’État français, le .

A la retraite, soucieux de donner une solide instruction et une bonne éducation à ses trois garçons, son père Victor Laure décide de se retirer en 1904 à La Flèche afin qu’ils puissent étudier au Prytanée militaire. Comme ses deux aînés, Henri et Louis, Elie Laure est admis au Prytanée d’abord comme élève externe en classe de sixième en 1910, puis en qualité d’interne en 1915.

Première Guerre mondiale La France est alors en guerre. Comme nombre de ses camarades du Prytanée, Elie Laure a hâte de servir son pays. Dès qu’il en a la possibilité, il s’engage comme volontaire pour la durée de la guerre à la mairie de La Flèche le au titre du bataillon de chasseurs à pied. Affecté ensuite au bataillon de chasseurs à pied, il est promu chasseur de classe le et termine la guerre avec cette unité.

Entre-deux-guerres Affecté au bataillon de chasseurs à pied le , il y est promu successivement caporal le puis sergent le . Il est ensuite affecté au bataillon de chasseurs à pied le , puis au bataillon de chasseurs alpins le . Il réussit le concours d'entrée à l’École militaire de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) le , pour y suivre une formation d'élève officier. A la sortie de cette école, il est nommé sous-lieutenant le . Affecté au régiment d’infanterie, il est promu au grade de lieutenant le . Il se porte volontaire pour combattre au Maroc et rejoint le régiment étranger le , y obtenant la Croix de guerre des TOE avec citation à l'ordre de l'armée le . Il quitte le régiment étranger le . Après un séjour en métropole, il rejoint le le régiment de tirailleurs algériens en Afrique du Nord.

Promu au grade de capitaine en 1934, il est affecté deux années plus tard au régiment de tirailleurs algériens à Tlemcen, en Algérie.

Seconde Guerre mondiale C’est avec le régiment de tirailleurs algériens qu’il entre en campagne le . Il obtient la Croix de guerre 39-45 avec une deuxième citation. Blessé, il est fait prisonnier à Vertus, dans la Marne, le . Il s’évade du Feldlazarett le et, non guéri de ses blessures, il rejoint son unité de retour à Tlemcen. Nommé au grade de chef de bataillon le , il est affecté au régiment d’infanterie à Montpellier. Par suite de la dissolution de l’armée d’armistice, il est placé en disponibilité le .

Dès sa mise en congé, il rejoint la Résistance comme chef départemental de l’Organisation de Résistance de l'Armée (O.R.A.) de la Meuse, sous le pseudonyme « Dulac ». Il a pour mission de l’organiser car, si les résistants sont actifs depuis , ils agissent souvent isolément et en ordre dispersé. Il réunit les différents maquis et prend la tête du groupement « Argonne ». Le maquis Argonne est l’auteur d’actes de sabotages sur les routes, les voies ferrées, les lignes téléphoniques…

Après avoir participé à la libération de Clermont-en-Argonne, il est nommé commandant d’armes de la place de Verdun le . Promu lieutenant-colonel le , il prend provisoirement le commandement du régiment d’infanterie qui devient en 1946 la demi-brigade dont il devient le commandant en second.

En reconnaissance de l’action du chef de bataillon Laure au cours du second conflit mondial, la ville de Clermont-en-Argonne a rebaptisé une de ses artères : « Boulevard Général Laure ». Il sort du conflit avec une nouvelle citation sur sa Croix de guerre 39-45, ainsi que la Médaille de la Résistance.

Après 1945 Affecté comme commandant en second au Prytanée militaire le , le colonel Élie Laure est désigné pour en prendre le commandement l’année suivante, responsabilité qu’il va exercer pendant trois ans. Il y retrouve l’atmosphère de sa jeunesse passée à l’ombre des clochers du Prytanée et s’attache à lui donner son empreinte : c'est sous son commandement que les tables de marbre, recensant les noms de tous les anciens élèves morts en 39-45, sont inaugurées dans la Cour d'honneur du Prytanée, le .

A l’issue de ses quatre années passées à la tête du Prytanée, le colonel Élie Laure est affecté à la division blindée, dont il prend le commandement de l’Infanterie le , avant de partir à nouveau en Algérie à Blida où il obtient une quatrième citation et la Croix de la Valeur militaire.

En 1957, le colonel Élie Laure, atteint par la limite d’âge, est admis à la retraite avec le grade de général de brigade, totalisant près de quarante ans de service.

Durant sa retraite, il s’implique dans la vie de La Flèche en devenant le premier président de l’Aéroclub de La Flèche Sarthe-Sud, de 1961 à 1964. Il reste également très actif au sein de l'Association des Anciens Elèves du Prytanée (AAEPNM), devenant le premier conservateur du Musée du Souvenir du Prytanée, inauguré en . C'est lui qui remet au Prytanée, au nom de l'AAEPNM, les plaques de marbre recensant les noms des anciens élèves morts en Algérie, le .

Le général Élie Laure, commandeur de la Légion d’honneur, s’éteint à son domicile, 28 rue de la Paix à La Flèche, le . Il repose au cimetière Saint-Thomas de la ville.

Distinctions

(décret du ) (2 citations) (1 palme) (1 citation) (décret du )

(agrafe « Maroc »)

(agrafe « Algérie ») Médaille commémorative de Haute-Silésie ribbon|50px Médaille commémorative de Haute-Silésie sans cadre|50x50px Médaille de la Paix du Maroc

Notes et références

Catégorie:Naissance en juillet 1900 Catégorie:Naissance à Castres Catégorie:Élève du Prytanée national militaire Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Résistant français Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Décès en novembre 1972 Catégorie:Décès à 72 ans Catégorie:Décès à La Flèche Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Titulaire de la croix de la Valeur militaire Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Titulaire de la croix du combattant volontaire 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale