Gilles Breton (né le à Québec et décédé en 2025 à Québec) est un pianiste québécois.

Décrit dès son enfance comme un « jeune prodige canadien-français » par Le Soleil, il reçoit une formation musicale approfondie en piano, qui constitue le socle de l’ensemble de son parcours artistique. Après des débuts précoces en concert, il poursuit son perfectionnement en Europe au cours des années 1950, notamment en Suisse, où il est membre de l’ensemble Festival Strings Lucerne. Sa formation est appuyée par des bourses d’études, dont une du Conseil des arts du Canada.

De retour au Québec, Gilles Breton mène une carrière marquée par l’accompagnement, la direction musicale et l’harmonisation chorale. Il collabore à de nombreux projets du milieu choral et audiovisuel et travaille notamment à la Radio-Canada, où il intervient comme pianiste et directeur musical dans diverses productions.

Biographie

Formation musicale précoce (enfance)

Gilles Breton naît le 31 mars 1934 dans la paroisse Saint-Cœur-de-Marie, à Québec La paroisse Saint-Cœur-de-Marie était située sur la Grande Allée, à Québec. Son église, aujourd'hui disparue, a été désacralisée en 1997 puis démolie en 2019..

Alors qu’il fréquente l’Académie Sainte-Marie des Sœurs du Bon-Pasteur, il commence l’étude du piano vers l’âge de six ans et demi. Il reçoit ses premières leçons de la R. Sœur Marie du Saint-Sacrement. Selon l’abbé Alphonse Tardif, qui assure temporairement sa direction musicale en 1944, cette première formation contribue notamment au développement de son oreille et de son sens du rythme .

Enfant prodige

L’Encyclopédie canadienne classe Gilles Breton parmi les pianistes prodiges canadiens et précise qu’il est né à Québec .

En mars 1944, alors qu’il est âgé de neuf ans, Le Soleil lui consacre un article intitulé « Gilles Breton est un jeune prodige canadien-français ». L’abbé Alphonse Tardif, qui dirige alors temporairement le jeune pianiste, y souligne sa sensibilité musicale, sa mémoire et sa facilité, ainsi que son intérêt pour Mozart, Beethoven, Bach et les compositeurs romantiques et modernes

Le même mois, Breton est annoncé en récital au Palais Montcalm, sous les auspices de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec. Il est alors âgé de neuf ans

Été 1945 — Accompagnement d'Arthur LeBlanc Gilles Breton accompagne le violoniste Arthur Leblanc dans une sonate de Mozart, à la salle des promotions de l'Université Laval, à Québec.

En mars 1946, à l’âge de douze ans, Breton se produit avec l’Orchestre symphonique de Québec au Palais Montcalm. Il y interprète le concerto en ré majeur de Mozart .

En juillet 1946, à l’âge de douze ans, Breton obtient son lauréat en piano avec grande distinction ainsi qu’une bourse de solfège de l’Académie de musique .

Le 17 juillet 1946, Breton participe à un concert d’été avec l’Orchestre symphonique de Québec au Stade municipal de Québec. Il y interprète comme soliste le Concerto du Couronnement de Mozart, pour piano et orchestre .

Formation musicale et concerts adultes conduisant à la période Radio-Canada

Après ses premières études musicales auprès des religieuses du Bon-Pasteur, Gilles Breton poursuit sa formation auprès de l'abbé Alphonse Tardif, à Lévis .

Il poursuit sa formation à l'École normale de musique de Montréal, puis étudie au conservatoire de musique de Zurich auprès de Max Eger .

En 1955, à l'âge de 21 ans, Gilles Breton effectue un premier séjour en Europe comme boursier du gouvernement provincial .

En avril 1959, Gilles Breton, alors domicilié à Sainte-Foy, obtient une bourse du Conseil des arts du Canada pour la poursuite de ses études dans le domaine des arts .

À partir de juin 1959, Breton séjourne de nouveau en Europe. Il passe environ sept mois et demi à Lucerne et à Zurich, en Suisse, où il retrouve certains de ses anciens professeurs, en rencontre de nouveaux et poursuit son travail musical .

En 1960, il est de nouveau engagé comme membre du Festival Strings Lucerne pour une série de concerts en Allemagne, en Scandinavie et en Italie .

Durant cette période, il participe aux tournées du Festival Strings Lucerne en Suède, en Norvège, en Italie et en Allemagne. Pianiste de formation, Breton y joue également du clavecin. Dans un entretien accordé à Monique Duval, il indique que la musique de chambre constitue son genre musical préféré et mentionne notamment son intérêt pour l'œuvre de Beethoven .

À son retour au Québec en 1960, Breton envisage de se consacrer notamment à l'enseignement et de donner des concerts au Québec et ailleurs. Il manifeste également son intérêt pour la radio et la télévision .

Le 14 juillet 1957, Gilles Breton se produit avec son frère Langis Breton, violoniste, dans un récital diffusé de 18 h 30 à 19 h au réseau français de Radio-Canada, depuis les studios de Québec .

Le programme comprend des œuvres de Liszt, Beethoven, Granados, Kreisler, Martinů et Chopin .

11 février 1970 — La Bohème — Gilles Breton se produit avec le 'Trio Gilles Breton', formé de Gilles Breton, Jean Rousseau et Phil Gagnon ; — l'émission La Bohème, diffusée à la télévision de Radio-Canada, est réalisée par François Provencher.

Radio-Canada — Cent mille chansons (1970–1971)

À partir de septembre 1970, Gilles Breton assure la direction musicale de Cent mille chansons, une nouvelle série télévisée de Radio-Canada réalisée à Québec par François Provencher. La série couvre différents répertoires, de l’opéra et de l’opérette à la comédie musicale, à la musique tzigane et aux folklores canadien et étranger, et prévoit des enregistrements dans différents lieux de la région de Québec .

Épisodes documentés (sélection)

9 septembre 1970 — Félix Leclerc, au Petit-Cap, à Saint-Joachim-de-Montmorency .

21 octobre 1970 — Clairette et Jean-Loup Chauby, à l’Auberge des Gouverneurs, avec le trio de Gilles Breton .

28 octobre 1970 — Pauline Julien .

23 décembre 1970 — Michel Conte .

27 janvier 1971 — Claude Léveillée et Jean-Pierre Ferland .

4 mars 1971 — Georges Moustaki, pour la seconde partie de son spectacle .

24 juin 1971 — Édith Butler et Les Goélands .

Engagement choral et contexte institutionnel

Le Chœur V’là l’Bon Vent est fondé à Québec en 1958 par Gilles Julien et François Provencher, dans un contexte de structuration du mouvement choral québécois. Cette fondation marque le point de départ d’un ensemble appelé à jouer un rôle durable dans la diffusion de la chanson québécoise, comme en témoignent les sources encyclopédiques canadiennes et les fonds d’archives institutionnels couvrant ses premières décennies d’activité.

Période d’activité attestée auprès du chœur La collaboration de Gilles Breton avec le Chœur V’là l’Bon Vent débute en septembre 1966, lorsque François Provencher l’invite à se joindre à l’ensemble comme pianiste accompagnateur. Gilles Breton accepte cette invitation, amorçant une relation artistique et professionnelle qui s’inscrit dans la durée et marque profondément l’histoire du chœur.

Au fil des années, Gilles Breton joue un rôle essentiel dans l’encadrement musical de l’ensemble, contribuant à la continuité artistique du Chœur V’là l’Bon Vent et à la mise en valeur de son répertoire choral et de chanson francophone. Sa présence s’inscrit dans une période de développement et de structuration de l’ensemble, tant au Québec qu’à l’occasion de projets d’envergure.

La presse témoigne de cette implication à partir du début des années 1970. En février 1973, le quotidien Le Soleil indique que la continuité des activités du chœur est assurée au Québec à la suite du départ de François Provencher pour un séjour de travail à l’étranger, sous la direction de Diane Lapierre, avec l’appui de musiciens associés à l’ensemble« La chorale V’là l’Bon Vent continue son petit bonhomme de chemin en chantant », Le Soleil, 8 février 1973, Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

La fonction de Gilles Breton comme pianiste accompagnateur est explicitement mentionnée par la presse en janvier 1975. Un article du quotidien Le Soleil souligne sa participation à l’encadrement musical du Chœur V’là l’Bon Vent dans le cadre de la préparation d’une nouvelle saison de concerts, confirmant son rôle au sein de l’organisation musicale de l’ensemble à cette période« Une année importante s’annonce pour le chœur V’là l’Bon Vent », Le Soleil, 24 janvier 1975, Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

1989 — Gilles Breton est pianiste du chœur Les Loriots de Cap-Rouge, alors dirigé par Carole Bellavance .

En septembre 2001, Gilles Breton accompagne au piano le chœur La Clé des Saisons, alors placé sous la direction musicale de François Provencher. Le chœur compte à sa création une quarantaine de choristes.

Grand Chœur du 400e anniversaire de Québec (2008)

2008 — Dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de Québec, François Provencher participe à la formation du Grand Chœur, réunissant 400 voix. L'ensemble présente cinq grands concerts à guichets fermés, dont deux au Palais Montcalm .

2014 — Une présentation consacrée au Grand Chœur Félix-Leclerc indique que François Provencher et Gilles Breton en sont alors à leur deuxième expérience de ce type, après le « Grand Chœur des 400 Voix » présenté lors du 400 anniversaire de Québec en 2008 .

Chœur de la Capitale (2009–2016)

La présence de Gilles Breton comme pianiste accompagnateur du Chœur de la Capitale est notamment attestée lors d’un concert présenté le 7 décembre 2014 à l’Oratoire Saint-Joseph de Québec, sous la direction musicale de François Provencher .

2017 — Le Chœur de la Capitale est alors placé sous la direction musicale de Lise Châtigny et accompagné au piano par Ginette Ferland lors du concert-bénéfice « Musique au cœur », présenté le 26 novembre à l’église La Nativité de Notre-Dame, à Québec .

Grands concerts

Le Grand Chœur Félix-Leclerc – 500 voix chantent Félix (2014)

8 et 9 juin 2014 — Le Grand Chœur Félix-Leclerc présente au Palais Montcalm, à Québec, un concert consacré au répertoire de Félix Leclerc, à l'occasion du centenaire de sa naissance. Formé à l'invitation de François Provencher, le grand chœur réunit 500 voix, soit 400 adultes et 100 enfants. Jean-Clément Bergeron, Céline Binet, Lise Châtigny et Odette Lord participent à la direction de l'ensemble .

2014 — Gilles Breton et François Provencher assurent la production des concerts du Grand Chœur Félix-Leclerc. Cette collaboration est présentée l'année suivante comme précédant la production des concerts du Grand Chœur Claude-Léveillée .

20 septembre 2014 — Une supplémentaire du Grand Chœur Félix-Leclerc est présentée à l'église de La Nativité de Notre-Dame, à Beauport, sous la direction musicale de Gilles Breton, pianiste .

Parcours international et Vaison-la-Romaine

vignette|300px|Théâtre antique de Vaison-la-Romaine, l’un des lieux des soirées des Choralies.

Déjà engagé dans un parcours européen depuis les années 1950, avec sa formation en Suisse et ses tournées au sein du Festival Strings Lucerne, Gilles Breton poursuit au fil des décennies une activité internationale comme pianiste accompagnateur. Il accompagne des rassemblements et des chorales dans l’Ouest canadien ainsi qu’au Japon, en France, en Belgique, en Suisse, en Tunisie, au Maroc et au Sénégal .

Vaison-la-Romaine, en Provence, constitue l’un des lieux récurrents de ce parcours. Gilles Breton participe à plusieurs reprises aux Choralies, rencontre de chant choral organisée dans cette ville depuis 1953 .

Les Choralies constituent un rendez-vous du chant choral en France et en Europe. Elles réunissent tous les trois ans plus de 4 000 choristes et musiciens pendant une dizaine de jours, notamment lors de soirées présentées au Théâtre antique. Vaison-la-Romaine porte le label de « Cité Chorale Européenne » .