Ignacia Zeballos Taborga ( – ) est une couturière et épicière bolivienne qui s'engage dans l'armée pendant la guerre du Pacifique. Après dix mois de service dans l'armée régulière, elle rejoint le service d'ambulances de l'armée, précurseur de la Croix-Rouge bolivienne. Elle est surnommée la « Mère du soldat bolivien » pour les soins qu'elle prodigue aux blessés et reçoit le titre d'Héroïne méritoire de la patrie. De nombreux monuments et distinctions à travers le pays portent son nom.
Jeunesse Ignacia Zeballos Taborga est née le à La Enconada (aujourd'hui Warnes, dans le département de Santa Cruz), en Bolivie, de Antonia Taborga et Pedro Zeballos. Elle a un frère, Daniel, et une sœur, Matilde. Elle est veuve à deux reprises et donne naissance à une fille de son second mari, Blan (ou Blanco).
Carrière Après la mort de son second mari, Zeballos s'installe à La Paz, où elle travaille comme couturière. En 1876, lors des coups d'État menés par Hilarión Daza pour renverser le président Tomás Frías, elle participe à l'incendie du Palacio Quemado puis s'enfuit vers la côte bolivienne, où elle ouvre une épicerie. Au début de la guerre du Pacifique, elle vit à Puno avec sa fille, mais retourne à La Paz après l'invasion chilienne du port d'Antofagasta en 1879. À La Paz, elle apprend que le gouvernement a donné l'ordre de rassembler des armes et des munitions pour défendre le pays. Vêtue de l'uniforme de son défunt mari, Zeballos s'engage dans le bataillon Colorado des Fusils de l'Est () de l'escadron Velasco et chevauche avec les troupes jusqu'à Tacna.
Participant à la bataille d' et aux expéditions d'Ite et de Moquegua, Zeballos sert dans l'armée pendant dix mois, aidant les rabonas (infirmières, porteuses d'armes et de munitions) et les soldats, pour lesquels elle sert comme chargeuse de fusils. Après dix mois de service sans solde, le général Eliodoro Camacho lui accorde une solde de trente bolivianos (Bs) et la promeut au sein des Ambulances de l'Armée (). Son salaire passe alors à trente-deux shillings par mois. Elle est l'une des premières infirmières à porter l'emblème de la Croix-Rouge au combat. En , après dix-huit mois de service, Zeballos écrit au président Narciso Campero pour lui demander l'autorisation de retourner à Puno afin de prendre des nouvelles de sa jeune fille et réclamer son arriéré de salaire.
Son service se distingue par ses soins aux blessés, mais aussi par son attention portée aux enfants des rabonas. Après la fin des combats, elle parcourt également le champ de bataille à la recherche des blessés afin de les protéger des forces chiliennes qui inspectent régulièrement les corps des morts, cherchant à égorger les survivants. À la fin de la guerre, la Convention nationale bolivienne de 1880 proclame Zeballos Héroïne méritoire de la Patrie (), lui confère le titre honorifique de Colonel de la Santé et lui décerne une médaille d'or avec une pension à vie de quarante Bs. par mois.
Mort et héritage Zeballos décède le à La Paz et est inhumée avec les honneurs militaires au Panthéon des Nobles de La Paz. En 1948, le président Enrique Hertzog baptise l'École nationale des infirmières en son honneur. En 1982, sa dépouille est transférée dans un monument érigé en sa mémoire près de Warnes, à un rond-point situé au nord de la route de Montero. Lors de l'approbation du transfert, les Forces armées boliviennes la proclament « Mère du soldat bolivien ». En 2016, le gouvernement de Yapacaní créé un prix récompensant la plus haute distinction dans le domaine de la santé ou de la recherche, qui porte son nom.
Références
Citations
Bibliographie
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