Les relations entre Israël et le Somaliland se concrétisent en 2025 lorsque l'État du Moyen-Orient devient le premier État membre de l'ONU à reconnaître officiellement l'indépendance et la souveraineté de cette république sécessionniste qui s'était autoproclamée en 1991La république de Chine (Taïwan) a reconnu le Somaliland en 2023, mais elle n'est pas membre de l'ONU..

Historique Le Somaliland proclame unilatéralement son indépendance en 1991, au moment où la République de Somalie sombre dans le chaos, après la chute du régime militaire de l’autocrate Mohamed Siad Barre. Par ailleurs, la Somalie, comme la majorité des pays musulmans, ne reconnaît pas l'État d'Israël..

La reconnaissance en tant qu'État indépendant et souverain du Somaliland par Israël intervient le , alors qu'aucun autre État ne reconnaît cette région sécessionniste. À ce sujet, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, indique que cette reconnaissance s'inscrit dans l'esprit des accords d'Abraham, visant à normaliser les relations de l'État avec des pays arabes, notamment le Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Maroc.

Le , le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar se rend à Hargeisa pour rencontrer le président Abdirahman Mohamed Abdullahi au palais présidentiel. La présidence du Somaliland considère cette visite comme un acte « historique... (qui) confirme le bilan démocratique et sécuritaire du pays ».

Enfin, début , cette reconnaissance n’a pas eu d’effet d’entraînement et aucun autre pays n’a reconnu le Somaliland, alors que les Émirats arabes unis et l’Éthiopie ont déjà conclu des accords avec le paysBrendon Novel, « La reconnaissance du Somaliland par Israël, une décision à double tranchant », Orient XXI, 6 février 2026.. Elle suscite néanmoins d’importants espoirs d’investissements étrangersThéophile Simon, « Les espoirs et les craintes du Somaliland après la reconnaissance d’Israël », Afrique XXI, 18 mai 2026., tandis que cette reconnaissance prolonge l’alignement du Somaliland sur la politique étrangère des États-Unis.

Le ministère israélien des Affaires étrangères annonce le , la nomination de Michael Lotem comme premier ambassadeur d’Israël au Somaliland. Le 19 mai, Mohamed Hagi, ambassadeur somalilandais en Israël, annonce que l‘ambassade sera établie à Jérusalem<ref>Sean Matthews, « Somaliland recognises Jerusalem as capital of Israel and will open an embassy », Middle East Eye, 19 mai 2026.</ref>.

Réactions à ces relations diplomatiques Cette nouvelle provoque une vague de désapprobations de la part du pays concerné, la Somalie, mais également de nombreux acteurs locaux, majoritairement musulmans, comme l'Union africaine, Djibouti, l'Égypte, la Turquie et la Palestine, et l’organisation de l'unité africaine.. L’Union africaine rappelle par la suite alors « son attachement à l’intégrité territoriale de la Somalie ». Le président américain Donald Trump minimise ces réactions en déclarant : .

Au sein de la population du Somaliland, musulmane et conservatrice, cette reconnaissance par Israël provoque des réactions diverses. Dans la capitale Hargeisa, la nouvelle a été accueillie par d'importantes manifestations de joie. Mais dans la région nord d'Awdal, des manifestations hostiles à Israël et au gouvernement somalilandais ont éclaté. Parmi les raisons avancées par ces opposants, la solidarité avec les habitants de la bande de Gaza . Mais aussi la crainte de devenir une cible des rebelles yéménite houthis, alors que l'armée israélienne assume compter sur le fait que ses nouvelles relations avec le Somaliland lui permettront d'utiliser son territoire dans sa guerre contre ces derniers.

Analyse Cette reconnaissance entre dans la stratégie israélienne dite de la périphérie : s’allier ou soutenir les pays non-arabes et les minorités de la région (comme l’Iran d’avant la révolution de 1979 ou les Kurdes).

Selon , Orient XXI, Le Monde'' et le président somalien, Israël est intéressé par ces relations diplomatiques car il cherche un lieu pour déporter les survivants du génocide à Gaza et pour renforcer sa politique de et d'invisibilisation de ses crimes envers les Palestiniens.Helen Lackner, « Pourquoi Israël a-t-il reconnu le Somaliland ? », Orient XXI, 2 février 2026.. Pour sa part, Brendon Novel, expert de la région de la mer Rouge, juge cette hypothèse , même si c’est à partir de celle-ci que les deux pays ont commencé leurs négociations. Il est également avancé par la Somalie le projet d'établissement de bases militaires au Somaliland par Israël, dans le golfe d'Aden afin de profiter de la position stratégique du Somaliland à l’entrée de la mer Rouge et près du Yémen. Toutes ces affirmations sont fermement démenties par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, Abdulrahman Duale Adan : « Ces allégations sans fondement visent à induire la communauté internationale en erreur et à saper les progrès diplomatiques du Somaliland ». Si ces hypothèses sont répandues, aucune contrepartie offerte par le Somaliland n’est connue fin . Si cette reconnaissance place le Somaliland dans l’alliance entre Israël et les Émirats arabes unis, elle l’expose à des risques de déstabilisation de la part des adversaires d’Israël, dont les houthistes.

Notes et références

Notes

Références

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