Farīd ad-Dīn , parfois surnommé Attar de Nishapur, est un poète mystique persan (v. 1145 - mort entre 1190 et 1229), né et mort à Nichapour (Khorassan), où se trouve son tombeau.
Biographie vignette|gauche|Mausolée de Farīd al-Dīn ʿAṭṭār à Nichapour.
Comme pour nombre de saints soufis (ou chrétiens) du Moyen Âge, sa vie transparaît surtout à travers des récits hagiographiques. On sait cependant qu'il a vécu à Nishapour, la ville de Omar Khayyâm, qui était alors un centre urbain important et florissant du nord-est iranien..
Son père était un commerçant aisé et respecté, qui possédait plusieurs commerces de drogues, épices et parfums à Nishapur. Son fils suivit sa trace et travailla sa vie durant comme apothicaire et parfumeur (Attâr), dans le commerce hérité de son père. À l'image de nombreux autre soufis, la dénomination de sa profession deviendra son nomAnnemarie Schimmel, Mystical dimensions of Islam, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2011 , 542 p. p. 84.. Il semble bien avoir conservé cette profession durant toute sa vie et l'avoir ainsi conciliée avec une vie religieuse vers laquelle il s'est senti attiré déjà enfant, et avec la pratique du soufisme, menant de front ses activités professionnelles et littéraires. Il a sans doute beaucoup voyagé, bien qu'on ne sache rien de vraiment précis sur ces déplacements.
Les traditions ultérieures feront de Attar un de ces martyrs de l'amour divin exécutés par les tenants de l'orthodoxie religieuse ou, dans son cas, par l'envahisseur mongolHellmut Ritter, « ʿAṭṭār », in Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2010.. Si cette mise à mort par les Mongols reste incertaine, elle montre bien en quelle haute estime Attar était tenu en IranAnnemarie Schimmel, Mystical dimensions of Islam, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2011 , 542 p. p. 302-308..
Œuvre vignette|gauche| agenouillé devant le sultan Mahmûd de Ghaznî. Extrait des Six Poèmes, Iran du Sud, 1472 (British Library, Londres). Attar a écrit plusieurs ouvrages moraux et mystiques, dont le plus célèbres est le (« La Conférence des oiseaux »).
Le Langage des oiseaux En persan, Manteq-ot-teyr, ce qui veut dire littéralement « langage des oiseaux ». Ce titre a été diversement traduit : Le langage des oiseaux (Garcin de Tassy) ; La Conférence des Oiseaux (Nouri, H. Gougaud, J.-C. Carrière), mais c'est un contre-sens ; ou encore Le Cantique des Oiseaux (Leili Anvar).
Le livre raconte l'histoire de tous les oiseaux du monde qui se lancent à la recherche de la Simorgh (oiseau mythique qui apparaît dans les légendes de l'Iran antique et qui niche sur le — montagne mythique ). La Sîmorgh est un oiseau solaire et royal ; matrice de tout le créé et par laquelle la vie continue sur terre. Au prix d'efforts gigantesques qui découragent la plupart d'entre eux, certains arrivent à traverser les sept vallées qui mènent jusqu'au trône de Simorgh. Ce voyage est une expression poétique de l'itinéraire mystique du soufisme iranien, doctrine selon laquelle Dieu n'est pas extérieur à l'univers ou en dehors de lui, mais bien dans la totalité de l'univers. À l'issue de leur périple, c'est leur moi profond que découvrent les voyageurs, ce qui est exprimé par le plus beau jeu de mots de l'histoire de la poésie persane : parmi les milliers d'oiseaux qui ont entrepris le voyage, seuls trente parviennent à la fin du voyage et trente oiseaux se dit en persan, « si morgh ». Simorgh et les si morgh se confondent donc et l'homonymie illustre que les oiseaux ne voient dans la Simorgh que le reflet d'eux-mêmes.
Autres écrits On lui doit aussi le (« Le Mémorial des Saints (ou Amis de Dieu) »), importante compilation des vies de soixante-douze saints soufis.
Le Elâhi nâmeh (« Le Livre divin ») offre plusieurs anecdotes religieuses et profanes de haute tenue.
Le Mosibat nâmeh (« Le Livre de l'épreuve ») raconte l'histoire de l'âme enfermée en elle-même, et qui finit par voir que sa véritable nature est dans le secret divin. On lui attribue le Khosrow nameh, appelé aussi Gol o Khosrow, qui présente de fortes similitudes avec Khosrow et Shirin de Nezami, sans que l'on puisse affirmer lequel a inspiré l'autre.
Quant au Pend-namèh (« Le Livre des conseils »), c'est un bref ouvrage qui présente essentiellement des règles morales assez sèches, mais qui a connu une grande popularité.
Attar est aussi l'auteur d'une importante œuvre lyrique, rassemblée dans un Divan de ses poèmes, ainsi que du Asrâr nâmeh (« Le Livre des secrets »).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Traductions en français
Autour de
Traductions
Adaptations
Adaptation musicale Symorgh, Conte lyrique et philosophique, musique d'Yves Guicherd, livret de Nathalie Labry et Gérard-Henry Borlant, création le au Théâtre Passage vers les Étoiles (Paris).
Études
Articles connexes Masnavi Littérature persane Djalâl ad-Dîn Rûmî, Nizami, Sanaï, Fuzûlî Soufisme
Liens externes
Conférence de Leili Anvar sur le Cantique des oiseaux (vidéo)
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