Antoine de Pas, marquis de Feuquières, né en 1648, mort en 1711, est un militaire français, gouverneur de Verdun (1688), lieutenant général des armées du roi (1693). Combattant d'une grande pénétration et d'une grande valeur, mais d'une mentalité discutable, il n'obtient pas le bâton de maréchal de France, et n'est plus employé après la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697). Il est l'auteur de Mémoires où il fait part de ses réflexions sur l'art militaire.

Biographie vignette|alt=Drapeau blanc. Grande croix blanche semée de fleurs de lys d'or.|droite|redresse=0.60|Drapeau de la compagnie colonelle du régiment du Roi.

Famille

Il naît le à Paris au sein de la famille de Pas. Il est le fils d'Isaac de Pas, marquis de Feuquières, lieutenant général des armées du roi, gouverneur de Verdun, et d'Anne-Louise de GramontÉtienne Pattou, « Seigneurs & Familles de Pas (en Artois) », sur racineshistoire.free.fr, 9 février 2020 (consulté le 6 septembre 2020)..

Guerre de Dévolution

À , il entre dans le régiment du Roi. En 1667, il sert en tant qu'enseigne dans la guerre de Dévolution. Il est aux sièges de Douai, de Tournai, de Courtrai et d'Audenarde. Il est blessé au siège de Lille. Il gravit les échelons de la hiérarchie jusqu'au grade de capitaineJules de Pas de Feuquières, « Vie de monsieur le marquis de Feuquières », dans Mémoires de monsieur le marquis de Feuquières, sur archive.org, Londres, Denoyer, 1736, I, et ..

Guerre de Hollande

En 1672, débute la guerre de Hollande. Feuquières remet sa compagnie pour devenir aide de camp de son parent, le duc de Luxembourg. Il est brièvement colonel d'un régiment de cavalerie allemand. En 1674, il sert à la bataille de Seneffe et à la levée du siège d'Audenarde. Le , le roi lui donne le régiment d'infanterie Royal-La MarineJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ..

vignette|alt=Grande croix blanche partageant le drapeaux en quatre. Deux carrés (en haut à gauche et en bas à droite) sont jaune orangé. Les deux autres sont violets|droite|redresse=0.60|Drapeau d'ordonnance du régiment de Feuquières.

En 1675, il prend part au combat d'Altenheim. En 1676, il sert, sous le maréchal de Créquy, aux sièges de Condé et de BouchainJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. Le , le roi lui donne le régiment d'infanterie de Rambures, qui devient régiment de FeuquièresLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, sur archive.org, Paris, Corréard, 1851, III, 335.. En fin de campagne, il livre un combat près de Bâle. En 1677, il sert sur le Rhin. Il prend part au siège de Fribourg. En 1678, passé dans l'armée de Flandre, il est au siège de Gand et à celui d'YpresLouis Susane, , 357..

vignette|alt=Gravure couleur. Au premier plan, les généraux à cheval sur une hauteur. En contrebas, vaste panorama de bataille. Dans le lointain, une ville.|gauche|redresse=1|Bataille de Saint-Denis (1678).

Combattant sous le maréchal de Luxembourg, il va s'illustrer à la bataille de Saint-DenisJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. Guillaume d'Orange attaque le , quatre jours après la signature du traité de paix. Feuquières couvre le quartier du roi à la tête de son régiment, de deux autres bataillons et d'un régiment de dragons. Placé hors de la ligne, près de l'abbayeJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ., son petit corps encaisse le choc d'une colonne bien supérieure en nombre. Il se retrouve . Il réussit à contenir tout l'effort de l'ennemi assez longtemps pour permettre au quartier du roi de se retirer avec équipages. Feuquières peut ensuite organiser sa propre retraiteJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. L'ennemi tente de lui interdire le pont sur l'Obrecheuil. Il lui pour aller rejoindre l'armée de l'autre côté du défilé. Il s'arrête au débouché de ce défilé, sous un terrible feu. Il ne recule pas. Il est enfin secouru par un bataillon des Gardes françaises, qui l'aide à repousser l'ennemi. Feuquières est blessé. La bataille, qui fait , est la dernière de la guerre de Hollande.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg vignette|alt=Gravure couleur. À droite, le Rhin. Au centre, la ville fortifiée. Tout autour, les campements des Français.|droite|redresse=1|Siège de Philippsburg (1688).

Le , à la mort de son père, Antoine de Pas devient marquis de Feuquières et gouverneur des ville et citadelle de Verdun et pays VerdunoisOlivier Juvernay, Oraison funèbre de haut et puissant seigneur Isaac de Pas, marquis de Feuquiere, sur gallica.bnf.fr, Metz, Antoine, 1688, 21 .François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, sur books.google.fr, Paris, Boudet, 1776, XI, 210.. Le , il est nommé brigadierLouis Susane, , 356, .. À l'automne, dans la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il sert sous le Dauphin au siège de Philippsburg. Le , il mène une opération de représailles à Neuburg, et une autre deux jours plus tard à Louis Susane, , 358.. Les deux garnisons sont massacrées. Ces exactions lui valent d'être taxé de cruautéJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. Le , il est fait maréchal de camp. Le commandement de son régiment passe à son frère, Jules de Pas, comte de FeuquièresLouis Susane, , 359.. Sur la fin de la campagne de 1689, le marquis de Feuquières reçoit ordre de se porter en Piémont. Le , sous Catinat, à la bataille de Staffarde, il commande l'infanterie. Durant l'hiver, il est gouverneur de la place de PignerolJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ..

Conscient de sa valeur, Feuquières n'est pas toujours convaincu de celle de ses supérieurs. II est accusé d'avoir, à diverses reprises, manœuvré pour les mettre en difficultéYves Coirault, dans Saint-Simon, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 1983, II, 185, ..

vignette|alt=Gravure noir et blanc. Vue cavalière d'une ville entièrement ceinte de remparts. Les principaux édifices sont représentés, ainsi que les batteries de canons, les reliefs, les voies et les cours d'eau, dont le Gesso.|droite|redresse=1|Coni (Cuneo en italien), dans le Piémont, à la confluence de la Stura di Demonte et du Gesso.

Durant la campagne d'Italie, en , le siège de Coni en fournit un exemple. Feuquières est placé sous les ordres de Vivien L'Abbé de Bulonde, lieutenant général, qui est chargé d'assiéger ConiBiographie des hommes illustres de la noblesse française, sur books.google.fr, 1864, .. L'affaire tourne au désastreLettre de Nicolas Catinat à Guillaume Catinat, sieur de Croisille, , Mémoires et correspondance du maréchal de Catinat, sur books.google.fr, Paris, Costes, 1820, II, , .. Bulonde s'affole, lève le siège. Feuquières est soupçonné d'avoir fait échouer l'entreprise de Bulonde pour se venger d'avoir été dépossédé du commandementJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .Saint-Simon, , 1983, II, 185.. Le , signe l'ordre d'arrêter Bulonde. Celui-ci est enfermé à Pignerol, puis à la Bastille, et l'on ignore toujours la date de sa mort, et s'il est mort libre ou en captivitéBiographie des hommes illustres de la noblesse française, , ..

vignette|alt=Gravure. Des troupes alliées viennent du centre soutenir l'aile droite. Première attaque française par le sud-ouest. Deuxième attaque par le sud-est. Attaque française sur l'est des retranchements alliés.|gauche|redresse=1|Bataille de Neerwinden (1693).

Feuquières n'en est pas à son coup d'essai. Les généraux d'armée répugnent à le prendre sous leurs ordres. En 1692, le maréchal de Lorges s'y risque pourtant. Il va le regretter, dit Saint-Simon, gendre de Lorges. Lors de la campagne du , Feuquières n'obéit pas à l'ordre de retraite donné par le maréchalJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ..

Le , Feuquières est fait lieutenant général des armées du roi. Il sert sous le maréchal de LuxembourgJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. Selon Saint-Simon, le , à la bataille de Neerwinden, il est . Selon son frère Jules, il aurait eu . Après la mort de Luxembourg en , le marquis de Feuquières sert en Flandres sous le maréchal de Villeroy, favori du roi, réputé pour son incapacité« Maréchal de Villeroy », sur reflexcity.net (consulté le 6 septembre 2020).Antoine de Pas de Feuquières, Mémoires de monsieur le marquis de Feuquières, , I, 122.. La paix est signée à Ryswick en Jules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ..

Loisir forcé

Il n'obtient pas le bâton de maréchal de FranceVoltaire, Siècle de , sur archive.org, Paris, Charpentier, 1874, , 186.. En 1701, lorsque se déclenche la guerre de Succession d'Espagne, il n'est pas employé. Il comble son en écrivant ses Mémoires, qui sont un traité de l'art militaire.

Il meurt à Paris le Jules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ., .

Mariage et descendance

En 1694, le marquis de Feuquières épouse Marie Madeleine Thérèse Geneviève de Monchy d'Hocquincourt (1669-1737« Georges II de Monchy », sur pagedhistoire.com (consulté le 4 septembre 2020).), fille de de Monchy, marquis d'Hocquincourt, lieutenant général des armées du roi, chevalier de ses ordres, gouverneur de PéronneJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, ., Montdidier et Roye, et de Marie Molé, petite fille du maréchal d'Hocquincourt« Charles de Monchy », sur pagedhistoire.com (consulté le 4 septembre 2020)., nièce d'Armand de Monchy, évêque-comte de Verdun. De leur union naissent : Antoine Charles de Pas, marquis de Feuquières (mort en 1728Yves Coirault, dans Saint-Simon, , 1983, II, 185, .), mestre de camp d'infanterie, marié en 1727 à Marguerite Paule de Gruel d'Ourouer ; Pauline Corisande de Pas de Feuquières (morte en 1742), mariée en 1720 avec Joachim Adolphe de Seiglière, marquis de Soyecourt, seigneur de TilloloyYves Coirault, dans Saint-Simon, , 1983, II, 185, ..

Portraits

Pour Saint-Simon, Feuquières est un militaire , mais un qui n'a et qui ne peut s'entendre avec personne.

Mémoires

De 1730 à 1735, une vingtaine d'années après la mort du marquis de Feuquières, ses réflexions sur l'art militaire paraissent à Amsterdam et à Paris sous le titre Mémoires sur la guerre, dans trois éditions. Jules de Pas, comte de Feuquières, le frère du marquis, dénonce une . Il ne voit dans ces éditions que des compilations décousues à partir de . Il ne voit dans la troisième qu'un .

Aussi procède-t-il lui-même à une quatrième édition, établie d'après le manuscrit original que lui a confié son frère avant de mourirJules de Pas de Feuquières, « Vie… », , I, .. Pour bien marquer l'authenticité de cette édition, il change le titre, qui devient : Mémoires de monsieur le marquis de Feuquières, lieutenant général des armées du roi ; contenant ses maximes sur la guerre et l'application des exemples aux maximes. Nouvelle édition, revue et corrigée sur l'original ; augmentée de plusieurs additions considérables ; ensemble d'une Vie de l'auteur donnée par monsieur le comte de Feuquières, son frère, et enrichie de plans et de cartes. Cette édition paraît à Londres en 1736, chez Pierre Dunoyer, en quatre volumes in-12, avec des cartes et des plans, dont celui de la bataille de NeerwindenNotice FRBNF30432806, sur catalogue.bnf.fr..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Mémoires et correspondance du maréchal de Catinat, sur books.google.fr, Paris, Costes, 1820, I, . Saint-Simon, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 1983, II, 185 ; 1985, IV, 7 .

Articles connexes Armorial des familles de Picardie Manassès de Pas de Feuquières Isaac de Pas de Feuquières Régiment de Béarn

Liens externes

Mémoires de monsieur le marquis de Feuquières (éd. 1736), sur archive.org, tome I, tome II, tome III, tome IV.

Catégorie:Naissance à Paris au XVIIe siècle Catégorie:Général français du XVIIe siècle Catégorie:Militaire français de la guerre de la Ligue d'Augsbourg Catégorie:Théoricien militaire Catégorie:Mémorialiste français du XVIIIe siècle Antoine Catégorie:Naissance en avril 1648 Catégorie:Décès en janvier 1711 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 62 ans