Les manifestations en Iran depuis 2025, aussi appelées par certains révolution iranienne de 2026, débutent le lorsque des manifestations de masse éclatent dans plusieurs villes d'Iran, dans un contexte de crise économique et de mécontentement à l'égard du gouvernement. Bien que déclenchées par l'inflation, la hausse des prix alimentaires et la forte dépréciation du rial iranien, les protestations évoluent en un mouvement plus large réclamant la fin du régime actuel.. Ces manifestations sont les plus importantes depuis la révolution de 1979....
La vague de manifestations est déclenchée par une situation économique qui se dégrade rapidement. L'inflation bondit à 48,6 % en et à 42,2 % en décembre, mettant à rude épreuve les budgets des ménages. Le , le rial atteint sa valeur la plus basse (1,45 million pour un dollar américain), valeur qui se voit augmentée par le gouvernement à 1,38 million le dans une tentative de contrôler le mécontentement de la population. Cela n'a aucun effet, et le , le rial bat de nouveau son plus bas historique (atteignant 1,5 million pour un dollar américain), provoquant une forte hausse des prix, y compris des denrées alimentaires et d'autres biens essentiels.. L’Iran subit les effets des sanctions rétablies en septembre par l’ONU, à l’initiative de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, à la suite de son refus, depuis la guerre israélienne de , de coopérer sur le nucléaire. Ces mesures, qui s’ajoutent aux sanctions américaines rétablies en 2018 après le retrait de Donald Trump de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, restreignent significativement le commerce international du pays.
Initialement concentrées dans les quartiers commerciaux de Téhéran, les manifestations s'étendent à de grandes villes telles qu'Ispahan, Chiraz et Machhad. Dans la capitale, les manifestations se concentrent autour du Grand Bazar, où des commerçants organisent des grèves exigeant une intervention gouvernementale. Ils sont rapidement rejoints par d’autres secteurs : comme celui des travailleurs des transports, puis par les étudiants. À mesure que les manifestations prennent de l'ampleur, des manifestants dans plusieurs villes scandent des slogans exigeant des changements politiques. Des symboles du gouvernement et des gardiens de la Révolution sont attaqués, tandis que des images partagées sur les réseaux sociaux montrent les forces de sécurité utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants....
L'ampleur des manifestations augmente à partir du à la suite d’un appel de Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran, invitant la population à scander des slogans à les 8 et . Des dizaines de milliers de personnes manifestent. En réaction, le gouvernement iranien interrompt l'accès à Internet à partir du et aux services téléphoniques sur l'ensemble du territoire national, dans une tentative de contenir les protestations.... Il accuse également les États-Unis et Israël d'alimenter les manifestations. La répression qui suit cause selon diverses ONG, et même selon des propos d’employés du ministère de la Santé rapportés par le Time, soit un nombre de morts dépassant celui de toute autre manifestation ou agitation en Iran depuis des décennies et rappelant le chaos qui a entouré la révolution de 1979.
Les manifestations reprennent le .
Contexte économique
L’Iran subit les effets des sanctions rétablies en septembre par l’ONU, à l’initiative de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, à la suite de son refus, depuis la guerre israélienne de , de coopérer sur le nucléaire. Ces mesures, qui s’ajoutent aux sanctions américaines rétablies en 2018 après le retrait de Donald Trump de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, restreignent significativement le commerce international du pays.
Par ailleurs, plusieurs analyses mettent en cause la corruption endémique et la mauvaise gestion économique, aggravées par un système de double taux de change favorisant les détournements massifs sans enrayer l'inflation. Pour tenter de contourner les sanctions, le gouvernement a encouragé un système financier s'appuyant sur des banques privées et des fondés de pouvoir liés aux décideurs politiques, qui peuvent spéculer sur les échanges de marchandises et de devises. Une vingtaine d'entreprises bénéficient ainsi d'un accès privilégié au cours officiel de la monnaie, cinq fois plus élevé que le taux du marché. Ces mécanismes contribuent à une concentration du pouvoir économique entre les mains d’acteurs proches des cercles dirigeants, favorisant des situations de rente et l’aggravation des inégalités sociales. D'après l’économiste iranien Saeed Laylaz : « Les sanctions ont bien eu un effet sur l’économie, mais pas au point d’expliquer la situation actuelle. C’est l’interventionnisme du gouvernement dans l’économie qui a rendu la situation incontrôlable ». D'autres mettent en cause le rôle des experts néolibéraux auprès des gouvernements iraniens depuis les années 1990, qui ont permis la dégradation des services publics au profit du privé et l'augmentation des inégalités sociales. Environ un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le magazine Forbes dénombrait en 2021 plus de 250 000 millionnaires en dollars.
vignette|gauche|Inflation annuelle en Iran sur la période 2016-2025. L'effondrement de la monnaie nationale, le rial, à la fin de l'année 2025 amplifie les difficultés auxquelles sont confrontées les commerçants. Le pays est également confronté à une hyperinflation : en quelques mois, le prix du fromage a augmenté de 140 %, le pain sangak de 250 % et le lait de 50 %.
L'Iran est enfin confronté à une grave crise énergétique, amplifiée par une sécheresse historique. Le pays a connu en 2025 sa pire sécheresse depuis des décennieshttps://www.ouest-france.fr/monde/iran/secheresse-en-iran-les-reservoirs-deau-alimentant-la-capitale-presque-a-sec-9643cafa-e0e2-11f0-ba14-a010db31b80d, conduisant le gouvernement à envisager de déplacer la capitale hors de Téhéran. Les coupures d'eau et d'électricité sont devenues courantes.
Le , le cours du rial s'effondre, passant d'environ pour un euro le à environ de rial pour un euro le lendemain..
Déroulement
Premières manifestations au bazar
Le , des groupes de commerçants et de marchands du centre commercial Alaeddin à Téhéran et d'autres centres commerciaux, dont celui de Charsou, font grève en fermant leurs boutiques. Simultanément, des rassemblements de protestation se forment autour de ces lieux, et des images et vidéos de fermetures généralisées de magasins circulent sur les réseaux sociaux. Selon des rapports, les manifestants invoquent la hausse du taux de change du dollar et l'instabilité du marché, avertissant que la persistance des conditions conduira à la faillite de nombreuses petites et moyennes entreprises. Certains rassemblements s'étendent dans les rues environnantes, y compris la .
D'autres personnes se sont jointes aux commerçants pour protester contre les conditions économiques de la rue Jomhuri. Ailleurs, les commerçants de fer en Iran ferment leurs boutiques dans des protestations similaires contre la monnaie dévaluée. Au moment où les manifestations commencent, la valeur du rial iranien chute à un niveau record de 1,45 million par dollar américain avant de légèrement rebondir à 1,38 million. Le rial a perdu environ 40 % de sa valeur depuis la guerre Iran-Israël des Douze Jours, en partie à cause de la chute des revenus pétroliers issus des sanctions américaines. Le taux d'inflation annuel augmente à 42,2 %. Les manifestations sont d'abord déclenchées par des commerçants vendant des produits électroniques dans le centre de Téhéran et qui ferment leurs magasins. Les médias d'État révèlent des images floues de manifestations initialement plus modestes de commerçants.
Des vidéos et des témoignages oculaires montrent des groupes de commerçants scandant des slogans contre la mauvaise gestion économique et, dans certains cas, exprimant des sentiments anti-gouvernementaux. Les manifestants scandent également « Forces de l'ordre, soutien, soutien », appelant les forces de sécurité à soutenir les manifestations. Les principales revendications des manifestants comprennent la stabilisation des taux de change, la gestion des difficultés économiques des commerçants, la création d'un environnement commercial prévisible et la prévention des pertes causées par la volatilité des marchés. Aucun affrontement n'est signalé avec les forces de sécurité ce jour-là et le mouvement reste pacifique.
Les manifestations se poursuivent jusqu'à leur deuxième jour, le , et s'étendent à plusieurs parties de Téhéran, y compris au bazar. Les commerçants et marchands ferment leurs commerces et se rassemblent dans les rues pour protester contre l'effondrement sans précédent du rial et la forte hausse des prix de la monnaie et de l'or. Les manifestants s'opposent aux conditions économiques et à la gestion gouvernementale, invoquant la baisse du pouvoir d'achat et la hausse du coût de la vie. Des vidéos partagées en ligne montrent des rassemblements continus autour de Lalehzar, Chaharsouq et Jomhuri Street, les participants étant majoritairement non violents tout en transmettant des messages critiques envers les politiques économiques gouvernementales. Les commerçants du bazar rejoignent les commerçants d'articles électroniques qui ont commencé les manifestations la veille.
Des images vérifiées par des sources indépendantes montrent des foules dans des centres commerciaux près du grand bazar de la capitale scandant « liberté » (persan : آزادی, romanisé : Âzâdi). Les forces de l'ordre utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le centre commercial Alaeddin. Les manifestations s'étendent également à d'autres villes d'Iran. Dans la nuit du , des manifestations sont signalées dans plusieurs régions d'Iran, notamment à Qechm au sud, ainsi qu'à Zandjan et Hamadan au nord. Les manifestants scandent des slogans critiques envers le guide suprême, notamment « Mort au dictateur » sur l'île de Qechm et « Seyyed Ali [Khamenei] sera renversé cette année » à Zandjan. Iran International rapporte une vidéo d'un assis au milieu de la rue Jomhuri Eslami à Téhéran, refusant de se déplacer pour les forces de sécurité à moto, avant d'être ensuite battu et contraint de partir. La vidéo devient virale en ligne, plusieurs médias comparant le manifestant et l'événement à Tank man lors des manifestations et du massacre de la place Tiananmen en 1989.
Expansion à travers l'Iran
Expansion du au
vignette|Animation GIF montrant la propagation du mouvement social jusqu'au .
Les manifestations s'étendent ensuite à plusieurs autres grandes villes du pays comme Ispahan, Chiraz, Kermanshah et Yazd. Le mouvement de protestation est ainsi porté par la petite bourgeoisie, en particulier les commerçants du Bazar de Téhéran, qui soutenait la république islamique jusqu'ici. Les manifestants attendent « une intervention immédiate du gouvernement pour enrayer les fluctuations du taux de change ».
D'autres manifestations, initiées par des étudiants, se sont aussi lancées sur des campus universitaires à partir du . Des opposants politiques ont également rejoint les manifestations. Des slogans appelant à la chute de la république islamique ou à la restauration de la monarchie ont été entendus, ou d'autres encore appelant à la fin du soutien iranien à Gaza et au Liban.
Des syndicats d'enseignants et d'ouvriers ont déclaré soutenir les manifestantshttps://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/iran-la-revolte-se-propage-et-trump-entre-dans-la-danse-2207491.