Jean-Baptiste Albert Mazuel, dit Morel, né le à Lyon et mort guillotiné le à Paris, est un révolutionnaire français, chef d'escadron de la cavalerie de l'armée révolutionnaire parisienne. Figure de l'hébertisme, il est exécuté lors du procès des dirigeants de ce courant. Maurice Dommanget le décrit comme . Cependant, comme beaucoup d'autres révolutionnaires issus du peuple, Mazuel représente ces hommes pour qui et qui développent en quelques mois .

Origines et formation

Jean-Baptiste Albert Mazuel naît à Lyon le dans le quartier de la « Basse Ville ». Fils d'André Mazuel, maître cordonnier, et de Claudine Cotellaz Renand, il devient orphelin de père à douze ans en 1777. Après avoir exercé le métier paternel, il devient dessinateur en broderie. Le , il épouse à Lyon Antoinette Delpech, coiffeuse et fille d'un maître cordonnier.

Installation à Montpellier

Le couple s'installe à Montpellier où Mazuel ouvre un commerce de broderie apparemment prospère. En , lors du baptême de leur second fils, les témoins ne sont plus issus de l'artisanat mais de la bourgeoisie locale. Il passe environ neuf ans dans la ville et subit une condamnation du tribunal de police correctionnelle, qu'il attribue à la vengeance des aristocrates.

Patriote engagé, il participe en au rétablissement de l'ordre lors de la , puis à l'offensive contre le camp de Jalès. Il fréquente la société des , club jacobin comptant plus de trois cents membres, dont Jacques Gilles Henri Goguet, Pierre Joseph Cambon et François Mireur.

Engagement révolutionnaire

Le 10 août 1792 et les Jacobins

En , Mazuel est élu à la tête de la compagnie de fédérés destinée à représenter Montpellier à Paris. Lors d'une étape à Dijon, il rallie sous son commandement les fédérés de la Côte-d'Or. Capitaine d'un bataillon de fédérés de l'Hérault, il participe à l'insurrection du 10 août 1792 avec tant de courage, aux côtés du bataillon marseillais, qu'on le croit mort. Dès le , il préside l'assemblée des fédérés.

Mazuel devient alors un habitué du club des Jacobins, où il se distingue comme orateur. Le , il organise une cérémonie pour l'inhumation des citoyens morts lors de l'attaque des Tuileries et délivre des certificats de bravoure, dont un à Claire Lacombe le . Durant l'été 1792, il réclame l'égalité entre fédérés, une paye uniforme, le désarmement des suspects et le renouvellement de l'état-major de l'armée. Le , une critique maladroite contre Santerre l'oblige à s'excuser.

Campagne de Trèves et incidents à Nancy

Devenu capitaine dans le bataillon des fédérés, Mazuel quitte Paris fin pour Nancy. Le bataillon détruit les symboles royaux sur la place Stanislas avant d'intégrer l'armée de la Moselle du général Beurnonville. La confrontation avec le maire Duquesnoy est orageuse, et Mazuel gardera rancune contre ce dernier.

Participant à la campagne de Trèves, Mazuel tombe malade et obtient un congé pour Montpellier en . En mars, il apprend son remplacement, qu'il attribue aux manœuvres de Beurnonville. Sans affectation, il réside à Nancy chez son ami Bourgeois.

Le , trouvant les portes de la Société populaire closes, Mazuel tente d'y tenir séance de son propre chef. Arrêté le comme , il est jugé par le tribunal de police correctionnelle qui le libère avec injonction de rejoindre son corps.

Aide de camp de Bouchotte

Fin , la situation se redresse : Bouchotte remplace Beurnonville au ministère de la Guerre. Vers la mi-mai, grâce au soutien de Vincent, Mazuel devient aide de camp du ministre. Le , il avait sollicité Claire Lacombe pour obtenir un poste.

Le , à la veille du soulèvement contre la Gironde, il alerte les Jacobins sur l'effervescence populaire. Il joue un rôle important dans les journées du 31 mai et du 2 juin 1793.

En , envoyé contre les fédéralistes de l'Eure, il participe aux combats de Vernon et Pacy-sur-Eure. Le , il rend compte à la Convention de cette .

Le , arbitrairement arrêté par la section de la Butte-des-Moulins, il est libéré grâce à l'intervention des Jacobins.

Chef de l'armée révolutionnaire

Formation de la cavalerie

Le , Bouchotte nomme Mazuel chef d'escadron de la cavalerie révolutionnaire. Celui-ci , distribuant des places à sa famille et à ses amis. Le , le premier escadron défile aux Jacobins. Le 28, à la Convention, Mazuel prononce un discours patriotique : .

Fin août, les deux premiers escadrons arrivent à Beauvais pour appuyer la réquisition des grains. Les cavaliers s'inscrivent à la Société populaire locale, qu'ils radicalisent. Le , la Convention crée l'armée révolutionnaire parisienne et intègre les six escadrons en formation.

Nomination contestée

Le , Mazuel est désigné . Mais lors de l'épuration de l'état-major le , Blanchet le juge . Le , Mazuel décline la nomination et propose son ami Lang.

L'état-major définitif du ne mentionne ni Lang ni Mazuel, remplacés par Grammont. Malgré cette éviction officielle, Mazuel continue de se comporter comme le véritable chef de la cavalerie, s'attirant l'animosité de ses pairs.

Arrestations et exécution

Première arrestation (décembre 1793)

Le nivôse an II (), Fabre d'Églantine dénonce Mazuel, rapportant qu'il aurait dit : . La Convention décrète son arrestation.

Arrêté le lendemain, Mazuel voit ses papiers démontrer . Cambon rectifie ses accusations dans le Journal de la Montagne. Le 23 nivôse (), Vadier propose sa libération, qui est décrétéeMarc Guillaume Alexis Vadier, « Lecture de la lettre de Mazuel, chef d'escadron de la cavalerie révolutionnaire en état d'arrestation, par le représentant Vadier, au nom du comité de sûreté générale, lors de la séance du 23 nivôse an II (12 janvier 1794) », Archives parlementaire, tome LXXXIII, ..

Arrestation finale et exécution

Le , Mazuel est arrêté en vertu d'un mandat de Fouquier-Tinville, qualifié de commandant en second de l'armée révolutionnaire.

Le procès des Hébertistes amalgame les chefs hébertistes (Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro) à des comme Mazuel, des militants populaires et des accusés d'être .

Mazuel est condamné à mort et guillotiné le sur la place de la Révolution, à 17h30, à l'âge de 28 ans. Trois jours après, le décret du dissout l'armée révolutionnaire parisienne.

Le jour même de son arrestation, Claire Lacombe, dénoncée comme , est également arrêtée. Elle reste emprisonnée pendant plus d'un an.

Notes et références

Bibliographie

Sources Archives municipales de Lyon, registres paroissiaux et d'état civil, baptême paroisse Saint Pierre Saint Saturnin, 1765 (cote 1GG630, vue 61) Archives nationales : W 77, W 78, T 1001 (séquestre de Claire Lacombe) Archives Seine-et-Oise, IV Q 186-7 (papiers de Mazuel) Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, L 4016, L 3297 Archives communales de Beauvais

Études

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