Claude Tardits ( à Paris - à ParisRelevé des fichiers de l'Insee) est un anthropologue et ethnologue français, spécialiste des sociétés Bamiléké et Bamoun, directeur d’études à l’École pratique des hautes études et président de cette institution de 1983 à 1989.
Biographie
Origines et formation
Claude Tardits naît dans le dans une famille de coiffeurs qui tient un salon fréquenté par un milieu d’artistes et d’intellectuelsPhilippe Laburthe-Tolra, « Claude Tardits (1921-2007) », L’Homme, no 184, 2007, p. 221-226, en ligne sur OpenEdition. Il passe une partie de son enfance en Normandie chez ses grands-parents et effectue plusieurs séjours d’apprentissage en Angleterre.
Atteint de tuberculose au lycée, il prépare pourtant le baccalauréat en sanatorium, puis est reçu à HEC en 1940, où il obtient le diplôme en 1943, en même temps qu’un titre en droit à l’Université de Paris.
En 1943, il entre dans la résistance en liaison avec le réseau Libération-Vengeance et participe au sauvetage d’équipages alliés abattus en FranceGeneviève Calame-Griaule, Claude-Hélène Perrot et Laure Carbonnel, « In memoriam Claude Tardits (18 avril 1921-1 mai 2007) », Journal des africanistes, vol. 77, no 1, 2007, p. 143-152, en ligne sur OpenEdition. Il rejoint ensuite les forces alliées, sert comme officier français attaché à l’aviation américaine, est grièvement blessé dans un accident d’avion et reçoit la croix de guerre.
Après la guerre, il travaille pendant quelques années dans le secteur privé avant d’orienter sa carrière vers la recherche et l’AfriqueClaude-Hélène Perrot, « Claude Tardits 18 avril 1921-1 mai 2007 », Outre-Mers. Revue d’histoire, tome 94, no 356-357, 2007, p. 422-423, en ligne sur Persée.
Carrière
Au milieu des années 1950, Claude Tardits effectue ses premières enquêtes de terrain au Dahomey (actuel Bénin) sur les palmeraies, dans le cadre de missions de l’ORSTOM et de l’UNESCO. Il poursuit ensuite ses recherches au Cameroun, d’abord chez les Bamiléké, puis, à partir de 1959, dans le pays Bamoun, qui devient son principal terrain d’enquête pendant une dizaine d’années.
Ses travaux sur l’histoire, les institutions politiques, la parenté et les arts du royaume bamoun aboutissent à la publication de plusieurs études et à une vaste monographie, Le royaume bamoum, parue en 1980Philippe Laburthe-Tolra, « Compte rendu de Le royaume bamoum de Claude Tardits », Journal des africanistes, vol. 52, no 1-2, 1982, p. 207-210, en ligne sur Persée.
Chercheur à l’ORSTOM, Tardits enseigne aussi l’ethnologie et la sociologie à l’Université du Cameroun, où il dirige le département de sociologie jusqu’à la fin des années 1960Philippe Laburthe-Tolra, « En mémoire de Claude Tardits (1921-2007) », texte publié sur le site royaumebamoun.com, 2007.
En 1964, il est élu directeur d’études à la section (sciences religieuses) de l’École pratique des hautes études pour une chaire consacrée aux religions de l’Afrique noire, fonction qu’il occupe jusqu’à sa retraite« Claude Tardits (1921-2007) », notice de l’Encyclopædia Universalis, consultée en 2026« Histoire de la section des sciences religieuses », Annuaire de l’École pratique des hautes études, tome 77, 1964, p. 5-8, en ligne sur Persée. Il est nommé président de l’EPHE par arrêté du pour un mandat de trois ans et demeure à la tête de l’institution jusqu’en 1989Arrêté du 19 juillet 1983 portant nomination du président de l’École pratique des hautes études, Journal officiel de la République française, 31 juillet 1983, en ligne sur Légifrance.
Claude Tardits coordonne par ailleurs des colloques et des volumes collectifs sur l’histoire des civilisations du Cameroun, où il rassemble des historiens et des ethnologues travaillant sur les sociétés de la régionClaude Tardits (dir.), Contribution de la recherche ethnologique à l’histoire des civilisations du Cameroun, 2 vol., Paris, CNRS Éditions, 1981-1982. Ses archives scientifiques sont conservées au Centre de recherche en ethnomusicologie (CREM-CNRS) et à la bibliothèque Éric de Dampierre« Fonds Claude Tardits (1921-2007) », description de fonds, archives du CREM-CNRS, en ligne.
Publications sélectionnées
Les Bamiléké de l’Ouest-Cameroun, Paris, Presses universitaires de France, 1960. Porto-Novo : les nouvelles générations africaines entre leurs traditions et l’Occident, Paris, Mouton, 1958. Le royaume bamoum, Paris, Armand Colin / Publications de la Sorbonne, 1980. (dir.), Contribution de la recherche ethnologique à l’histoire des civilisations du Cameroun, 2 vol., Paris, CNRS Éditions, 1981-1982. L’histoire singulière de l’art bamoum, Yaoundé, 2004.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Bamoun Bamiléké École pratique des hautes études Anthropologie sociale
Liens externes
Catégorie:Naissance en avril 1921 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Anthropologue français Catégorie:Ethnologue français Catégorie:Étudiant de l'université de Paris Catégorie:Décès en mai 2007 Catégorie:Décès dans le 15e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 86 ans