Philippe Richert, né le à Ingwiller (Bas-Rhin), est un homme politique français. Sénateur entre 1992 et 2010, il exerce la fonction de ministre chargé des collectivités territoriales dans le troisième gouvernement Fillon, de 2010 à 2012. Il est président du conseil régional du Grand Est et de l'association Régions de France de 2016 à 2017, date à laquelle il se retire de la vie politique.

Famille et études Cadet d'une famille ouvrière protestanteCéline Rouden,, « Philippe Richert, au nom des régions », La Croix, 26 janvier 2016. dialectophone de quatre enfants, Philippe Richert est originaire de Wimmenau (Bas-Rhin), un petit village des Vosges du Nord« Philippe Richert, celui qui sauva l'honneur de la majorité UMP aux régionales », Le Point, 26 mars 2010.. Licencié ès sciences naturelles de l'université Strasbourg I - Louis Pasteur, il est marié et père de trois filles.

Carrière professionnelle Il travaille au sein de l'Éducation nationale de 1974 à 1992. D'abord professeur de sciences naturelles de 1974 à 1986, successivement aux collèges d'Achenheim puis de Reichshoffen, il devient, après un an de formation, principal adjoint du collège de La Wantzenau de 1987 à 1992. Il suit également les cours de la de l'Institut des hautes études de défense nationale de 1995 à 1996.

Parcours politique Débuts Philippe Richert fait ses premiers pas en politique aux côtés d'Adrien Zeller lors des élections cantonales de 1982, où il est élu conseiller général du Bas-Rhin dans le canton de La Petite-Pierre, sous les couleurs du petit mouvement centriste local « Initiatives alsaciennes ». En 1985, désormais membre de l'Union pour la démocratie française (UDF) et du Centre des démocrates sociaux (CDS), il entre au conseil régional d'Alsace et y reste jusqu'en 1992. Pendant son mandat, il y préside la commission de l'environnement et du développement local avant d'en devenir, de manière éphémère en 1992, son vice-président chargé de l'environnement sous la présidence de Marcel Rudloff. De 1988 à 1992, il est le suppléant d'Adrien Zeller, député de la septième circonscription du Bas-Rhin« Bio express : Philippe Richert », Le Point, 17 janvier 2007..

Sénateur et élu local Lors des élections sénatoriales de 1992, il est élu sénateur dans le département du Bas-Rhin, à l'âge de 39 ans (il est le plus jeune sénateur métropolitain). Membre du bureau de la Sénat à partir de 1995, il y est successivement secrétaire, de 1995 à 2004, vice-président, de 2004 à 2008, et enfin questeur, de 2008 à 2010. Il y préside également le groupe d'amitié France - Israël.

Il connaît alors une ascension au sein des partis centristes en étant délégué départemental de l'UDF pour le Bas-Rhin de 1993 à 2002, ainsi que secrétaire général adjoint du CDS puis de Force démocrate (FD) de 1994 à 1998, et enfin membre du bureau national de la Nouvelle UDF de François BayrouDélégué général de 1998 à 2001, puis secrétaire national à l'environnement de 2001 à 2002. En 2002, il adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) lors de sa fondation.

Candidat malheureux de la droite à la mairie de Strasbourg lors de l'élection municipale de 1995 face à la maire socialiste sortante Catherine Trautmann, il prend la présidence du conseil général du Bas-Rhin en 1998. À ce poste il est notamment à l'origine de la création du Mémorial de l'Alsace-Moselle à Schirmeck, du Vaisseau (cité des Sciences) à Strasbourg ou du transfert de l'État au département du château du Haut-Koenigsbourg, lance le projet d'un transport en commun en site propre baptisé « TSPO, le bus express » sur une trentaine de kilomètres en pleine campagne à l'ouest de Strasbourg C. CABIRON, « Bas-Rhin : un site propre à la campagne », Transport public n°1093, 07-08/2009, p. 32-33 et il défend, avec la région, la fusion des deux départements alsaciens ou tout du moins un regroupement des deux assemblées départementales en une seule collectivité, le "Conseil d'Alsace"« Philippe Richert remet une couche d'union », Dernières Nouvelles d'Alsace, 9 septembre 2007..

Aux élections cantonales de 2008, il décide de ne pas se représenter et abandonne donc la présidence de l'assemblée départementale afin de se consacrer uniquement à ses fonctions parlementaires. En 2008, il quitte ses fonctions de président du conseil général du Bas-Rhin pour préparer sa candidature à la présidence du conseil régional d'Alsace.

Président du conseil régional d'Alsace

Deux mois après le décès du président du conseil régional Adrien Zeller, survenu le , la fédération UMP d'Alsace organise des primaires pour désigner son chef de file à l'élection régionale de 2010. Seul candidat, Philippe Richert en sort vainqueur avec 84 % des voix« Philippe RICHERT élu chef de file de l'UMP pour les élections régionales », site de la fédération UMP du Bas-Rhin, 27 octobre 2009.. Revendiquant l'héritage de son mentor Adrien Zeller, il fait de l'emploi son premier axe de campagne en période de crise, proposant par exemple la mise en œuvre de contrats d'excellence« Philippe Richert : “La première priorité est le maintien de l’emploi” », blog du Monde consacré aux élections régionales, 7 février 2010.. Il milite également pour la création d'un « Conseil d'Alsace » réunissant les deux conseils généraux et le conseil régional« Philippe Richert : “La création d'un Conseil d'Alsace unique est nécessaire” », site de campagne de Philippe Richert, 26 février 2010..

Finalement, le projet de collectivité européenne d'Alsace (CEA), qui vise à créer une collectivité territoriale unique rassemblant les conseils généraux des Bas-Rhin et Haut-Rhin, tout en maintenant cette collectivité dans la région Grand Est, constituera en l'aboutissement de ce projetLoi n° 2019-816 du 2 août 2019 relative aux compétences de la Collectivité européenne d'Alsace.

Le , lors du premier tour de scrutin, la liste de la majorité alsacienne et présidentielle conduite par Philippe Richert devance celle du socialiste Jacques Bigot, de l'écologiste Jacques Fernique et du Front national, qui parvient à se maintenir au second tourÉlections régionales de 2010 - résultats en Alsace, site du ministère de l'Intérieur.. Alors que les listes du Parti socialiste et d'Europe Écologie annoncent rapidement leur fusion et que la droite est en difficulté dans l'ensemble des régions françaises, la situation électorale en Alsace, où l'issue du scrutin s'annonce serrée, attire l'attention des médias nationaux« Sondage: le scrutin s'annonce serré en Alsace », site de France 2, 19 mars 2010.. Lors du second tour, le , la liste de la majorité alsacienne l'emporte avec 46,16 % des suffrages. La gauche recueille quant à elle 39,27 % des voix, en dessous de ce qu'annonçaient les études d'opinion, et le Front national 14,57 %. L'Alsace est alors la seule région métropolitaine qui reste à droite. Le , il succède à André Reichardt en étant élu président du conseil régional avec 27 voix sur 47« L'UMP Philippe Richert devient président de la région Alsace », Le Point, 26 mars 2010.. Se définissant comme un « homme de dialogue », il annonce qu'il s'entourera d'une « équipe resserrée ».

S'attachant à mettre en place le processus de création d'un Conseil d'Alsace unique par fusion du conseil régional et des deux conseils généraux, l'une de ses principales promesses de campagne, qui entrerait en vigueur dès les prochaines élections territoriales de 2014, il fait voter par les élus régionaux, à l'unanimité moins les cinq voix du FN qui s'est abstenu, une résolution allant dans ce sens le . Comme il est prévu par la loi de réforme des collectivités territoriales du (que Philippe Richert est d'ailleurs chargé d'appliquer en tant que ministre), les conseillers régionaux se déclarent favorables à un Conseil unique qui serait créé après des délibérations concordantes de leurs assemblées respectives et un référendum où le « oui à la fusion » devra obtenir, dans chaque département, la majorité absolue et un nombre de suffrages au moins égal au quart des électeurs inscritsC. K., « Sans fausse note », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 08/05/2011.

Le , Philippe Richert annonce son retrait de l'Association des régions de France (ARF), qu'il estime n'être qu'« une amicale d'opposition au gouvernement »« L'Alsace claque la porte de l'Association des régions de France », Le Point, 3 novembre 2010.. Il fonde par la suite l'Association des élus régionaux de France (AERF) avec les deux autres présidents de région affiliés à la majorité présidentielle, à savoir le Guyanais Rodolphe Alexandre et le Réunionnais Didier RobertOrange news, « La Guyane quitte l'ARF », Maximini.com, 09/11/2010. Philippe Richert préside l'AERF jusqu'au , date à laquelle Hervé Novelli lui succède, à la suite de sa nomination au gouvernement« Hervé Novelli, nouveau président de l'Association des élus régionaux de France », dépêche AFP, 16 mars 2011..

Ministre chargé des Collectivités territoriales Philippe Richert est nommé, le , ministre auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration, chargé des Collectivités territoriales, dans le troisième gouvernement Fillon. Il est notamment chargé de la phase d'application de la réforme territoriale« Réforme territoriale : le gouvernement passe à l'application », dépêche AFP, 22 décembre 2010..

Le , il annonce qu'il soutient François Fillon lors du congrès pour la présidence de l'UMPUMP : Philippe Richert soutient Fillon, Le Figaro, 28 août 2012..

Président du conseil régional du Grand Est

vignette|Philippe Richert le 4 janvier 2016.

Lors de l'élection régionale de 2015 en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, la liste menée par Philippe Richert (LR) recueille 48,40 % des voix au second tour des élections, le . Celles de Florian Philippot (FN) obtient 36,08 % et celle de Jean-Pierre Masseret (PS), qui s'était maintenue malgré les consignes de son parti, obtient 15,51 %.

En vue de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, il soutient Nicolas Sarkozy« Pour qui roulent les barons régionaux de droite », Paris Match, semaine du 3 au 9 novembre 2016, page 43.. Le , il annonce qu'il ne soutient plus le candidat LR à l'élection présidentielle, François Fillon, mis en cause dans des affaires judiciaires« Le compteur des lâcheurs de Fillon », liberation.fr.

Le , Philippe Richert démissionne de l'ensemble de ses mandats électifs« Philippe Richert quitte la présidence de la région Grand Est », Le Monde, 30 septembre 2017.. Cette décision s'explique notamment par l'opposition dont il faisait l'objet, en particulier en Alsace, en raison de son ralliement à la nouvelle Grande Région, qu'il avait initialement violemment vilipendée.. Il était ainsi régulièrement qualifié de « fossoyeur » de l'Alsace...

Autorité de régulation des transports Philippe Richert est vice-président de l'Autorité de régulation des transports (ART) à partir du . Il en assure la présidence par intérim entre le et .

Positions et travaux parlementaires Environnement Particulièrement sensible aux questions environnementales, ayant été chargé de ce sujet au conseil régional d'Alsace de 1985 à 1992, à l'Assemblée des départements de France de 1998 à 2001 puis de 2004 à 2008 ainsi qu'à l'UDF de 2001 à 2002, et plus particulièrement aux problèmes de la qualité de l'air et de la pollution atmosphérique, il est notamment chargé de mission parlementaire auprès du ministre de l'Environnement du gouvernement Balladur Michel Barnier en 1994 et rend alors un rapport sur la « Surveillance de la qualité de l’air ». Il est l'auteur, avec Philippe Douste-Blazy, en 2000 de La Ville à bout de souffle - Pollution urbaine et santé publique.