La cathédrale Notre-Dame de Verdun est une cathédrale catholique située à Verdun, dans le département français de la Meuse, en Lorraine, dans la région administrative Grand Est. Siège épiscopal du diocèse de Verdun, elle est élevée à la dignité de basilique mineure par le pape en 1947. Elle a vue sur le cimetière de Verdun, sur la Meuse et sur le lac de la Hulpe.

La cathédrale, dédiée à la Vierge Marie, est construite à partir de 990 selon le plan roman-rhénan. Elle est donc la plus ancienne de Lorraine et l'une des cathédrales les plus anciennes d'Europe. Elle subit plusieurs ravages aux menant à la reconstruction de certaines parties et à l'ajout d'autres. Le , le pape consacre la cathédrale. Du , l'édifice est modifié selon le style gothique. Après un incendie en 1755 qui lui fait perdre deux de ses quatre clochers, la cathédrale est remaniée dans les styles baroque et rocaille. Gravement endommagée par des bombardements lors de la Première Guerre mondiale, elle est de nouveau restaurée.

La cathédrale est classée monument historique depuis le , et le cloître depuis le . Elle contient également de nombreux objets inscrits ou classés aux monuments historiques.

Histoire Moyen Âge vignette|gauche|Plan roman-rhénan de la cathédrale, en 1735, Charles Aimond (1909).

Au début du , Verdun est évangélisée par saint Saintin de Meaux qui fait construire sur le mont Saint-Vanne la première église dédiée à saint Pierre et saint Paul. La ville devient le siège de l'évêché de Verdun et saint Saintin, son premier évêque.. L'église sera remplacée au par l'abbaye Saint-Vanne de Verdun..

Au , après les invasions barbares, saint Pulchrone installe la cathédrale à l'abri dans le romain, à son emplacement actuel. La cathédrale est dédiée à la Vierge Marie...

À la fin du , l'évêque Haymon décide de doter son diocèse d'une grande cathédrale. De 990 à 1024, il fait construire un nouvel édifice selon le plan roman-rhénan : une nef, deux transepts, deux chevets plats opposées, chacune flanquée de deux tours-clochers.. Les piliers sont carrés et la couverture est en charpente..

En 1047, un premier incendie ravage l'édifice religieux. Les évêques et Thierry doivent la restaurer : reconstruction des parties hautes de la nef et du transept, et création du portail de l'Officialité, au nord-ouest du bâtiment.

Au , après que la cathédrale avait été endommagée par , comte de Bar., l'évêque Albéron de Chiny ordonna de nouveaux travaux. De 1136 à 1160, l'architecte Garin. reconstruit le chœur oriental qui se termine par une abside à sept pans munie de contreforts. Il reconstruit également les deux portails Saint-Jean et du Lion, un cloître., ainsi qu'une crypte-halle et deux cryptes annexes latérales servant d'accès.

Le , le pape , réfugié en France depuis le , consacre la cathédrale de Verdun, en présence de . Un vitrail du maître-verrier Jean-Jacques Grüber situé dans le transept occidental représente cet évènement.

Au , la cathédrale est modifiée par l'architecte Pierre Perrat selon le style gothique. Il ajoute des voûtes à la nef et aux bas-côtés, édifie des chapelles latérales, rehausse l'abside orientale, ouvre de grandes baies, coiffe les tours de flèches, et embellit des vitraux et des fresques.. Du s, plusieurs chapelles sont édifiées et le cloître est reconstruit dans le style gothique flamboyant.

Époque moderne Le , la cathédrale est gravement endommagée par la foudre, qui met le feu à la toiture et aux tours. L'évêque Aymar-Chrétien-François de Nicolaï et le chanoine Chaligny de Plaine font reconstruire l'édifice dans le style baroque et le style rocaille.. Deux des quatre tours ne sont pas reconstruites, des stalles en bois sont posées et de grandes orgues sont montées. Un baldaquin semblable à celui de la basilique Saint-Pierre de Rome est installé au croisement du transept et du chœur oriental. De plus, les cryptes, le portail du Lion et les galeries vénitiennes sont comblés..

Époque contemporaine vignette|upright|La cathédrale et l'ancien palais épiscopal.

La cathédrale est classée aux monuments historiques le et le cloître le ..

Durant Première Guerre mondiale, et surtout lors de la bataille de Verdun de 1916, la cathédrale est endommagée par des bombardements. Située en hauteur, elle est prise pour cible par l'artillerie allemande : un mètre de gravats jonchent le sol par suite de l'effondrement de la toiture et de la destruction partielle des tours et du cloître. La cathédrale reste cependant un poste d'observation sur la vallée de la Meuse, ainsi qu'un lieu où les Poilus tenaient garnison.

Après la guerre, des travaux de restauration menés par A. Ventre et M. Delangle ont eu lieu de 1919 à 1935. Les parties détruites sont alors reconstruites et les éléments occultés au mis en valeur. Le maître-verrier Jean-Jacques Grüber refait les vitraux et verrières. Durant l'évacuation des gravats, la crypte du est redécouverte. Les deux restaurateurs décident de lui restituer son aspect original. En 1935, le sculpteur Gaston Le Bourgeois réalise les chapiteaux des de la crypte. Les sculptures représentent des scènes de la vie religieuse de la ville et de la bataille de Verdun.

Le , le maître-autel et la crypte sont à leur tour consacrés. Le , la statue de Notre-Dame est couronnée par Angelo Roncalli, futur pape . Le pape élève la cathédrale à la dignité de basilique mineure par un bref apostolique du , année du de la dédicace de l'édifice.

Architecture La cathédrale Notre-Dame de Verdun est la plus ancienne cathédrale de Lorraine, voire de France., et l'une des plus anciennes d'Europe. Sa reconstruction par l'évêque Haymon débute en l'an 990 selon un plan roman-rhénan, mélangeant architecture romane et ottonienne, elle a traversé les âges et rassemble aujourd'hui de nombreux styles architecturaux : roman, gothique, baroque et rocaille.

La cathédrale contient inscrits ou classés aux monuments historiques, tels que des vêtements (chapes, étoles…), des objets liturgiques (calices, ciboires, ostensoirs, navettes…), des statues, des reliquaires ou l'orgue..

Extérieur Façades, clochers et portails La cathédrale possède deux clochers. Elle est accolée à l'ancien palais épiscopal de la ville, accueillant aujourd'hui le centre mondial de la paix.

Portail du lion Le portail du Lion est construit au par l'architecte Garin, au pied de la tour nord-est, aujourd'hui disparue. Il est muré après l'incendie de 1755, et seulement redécouvert en 1916, après les bombardements de l'artillerie allemande. Le nom est dû à la présence d'un lion en pierre devant le portail, transféré plus tard au musée de la Princerie. Le tympan figure le Christ en gloire entouré des quatre évangélistes représentés sous la forme du tétramorphe : le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l'ange pour Matthieu et l'aigle pour Jean. Au-dessus du portail, il y a une grande niche en plein cintre à fond plat, puis une petite galerie dont la corniche, l'imposte et les colonnettes sont ornés de motifs végétaux..

Portail Saint-Jean thumb|upright=0.8| Portail Saint-Jean. Le portail Saint-Jean, ainsi nommé parce qu'il donnait d'accès au baptistère Saint-Jean, est construit au par l'architecte Garin, au pied de la tour sud-est, aujourd'hui disparue. Il est enfermé au à cause de la construction de la salle du Sacraire. La fresque du tympan figurait la présentation de Jésus au Temple et les voussures étaient ornées de têtes, de billettes et de motifs végétaux. Aujourd'hui, seules subsistent quelques traces de ce décor polychrome.

Cloître Le cloître de style gothique flamboyant présente un développement total de . Ses trois galeries donnent accès aux dépendances du chapitre. La claire-voie de la galerie orientale date du , tandis que le reste du cloître a été construit de 1509 à 1517.. Le cloître est classé aux monuments historiques le .

Le cloître abrite quatre statues du , représentant Adam et Ève, l'Annonciation, Caïn et Abel, et un évêque qui serait saint Saintin. À l'origine, elles ornaient les contreforts du chevet oriental de la cathédrale. Très détériorées, elles ont été mises à l'abri, puis restaurées et installées dans le cloître.

Intérieurs Chœurs, nef et chapelles La cathédrale est longue de . Elle est large de au niveau de la nef et de au niveau des transepts. La voûte, qui s'élève à ., compte huit travées à collatéraux et neuf chapelles latérales gothiques.. Le gros-porteur de la nef, très modifié après l'incendie de 1755, est de style baroque, mais les voûtes gothiques du siècle ont été conservées. Le chœur occidental ou "vieux chœur" est à chevet plat, tandis que le chœur oriental ou "chœur neuf" possède une abside à sept pans, construite au siècle puis rehaussée par Pierre Perrat au siècle : à l'origine, les deux chœurs se terminaient par un chevet plat percé d'un triplet de baies en plein cintre et surmonté d'un pignon aigu, lui-même percé d'un oculus de faible diamètre.

La chapelle du Chapelet est construite de 1505 à 1515 par l'architecte Nicolas Masson dans un style gothique flamboyant. C'est l'une des dernières érigées, et elle est ornée de plusieurs sculptures. L'autel baroque est surmonté d'une Pietà réalisée par le sculpteur nancéien Joseph Jonkher vers 1774.. La chapelle est clôturée d'une grille de fer forgé du , inspirée des grilles du chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette grille a été classée au titre d'objet aux Monuments historiques le ..

Mobilier thumb|upright|Le baldaquin. Le baldaquin installé au croisement du transept et du chœur oriental est une réplique réduite de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome. Sculpté par le chanoine Chaligny de Plaine en 1760, il est fait de marbre, de stuc, de bois doré et de ferronnerie. La balustrade du chœur est inspirée de celle du jardin du Luxembourg à Paris. L'ensemble doit capter le regard du spectateur sur un symbole de l'art baroque et faire oublier l'image médiévale de la cathédrale. thumb|upright|La chaire. La chaire date de 1760, remplaçant celle disparue dans l'incendie de 1755. Sculptée dans du bois de chêne, elle est l'œuvre de Charpentier, un élève du sculpteur toulois Lacour. Les motifs de la rampe de l'escalier illustrent la parabole du semeur, le sermon sur la montagne et la prophétie d'Isaïe sur l'ascension des peuples vers le ciel.

Les stalles du chœur oriental, qui datent également de 1760, sont l'œuvre du sculpteur toulois Lacour. Situées dans une cathédrale, elles contiennent le trône de l'évêque, au centre de l'hémicycle, avec les places des chanoines de part et d'autre. Les nombreux décors font référence aux Saintes Écritures. Les stalles sont mises à l'abri pendant la Première Guerre mondiale, puis sont restaurées.

La cathédrale abrite la châsse reliquaire de saint Saintin. Ce dernier a évangélisé la ville de Verdun au . Reparti à Meaux pour s'occuper de sa communauté religieuse, son corps est rapatrié en 1032 à l'abbaye Saint-Vanne de Verdun. À la révolution de 1789, les reliques sont cachées dans le tombeau d'Aymar-Chrétien-François de Nicolaÿ. En 1804, Antoine Eustache d'Osmond, évêque de Nancy-Toul administrant le diocèse de Verdun, fait mettre ces reliques dans une châsse reliquaire..

Le reliquaire du Saint-Voile contient une relique prélevée sur le Voile de la Vierge, trésor de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. La relique est donnée à Verdun le par Raoul Harscouët, évêque de Chartres. Le reliquaire est une sculpture en bronze, dorée au nitrate de mercure, réalisée en 1933 par le sculpteur Henri Bouchard et l'orfèvre Brunet. Il représente Notre-Dame de Verdun, portant dans sa main un tube de verre contenant la relique, et trônant sur la cathédrale telle qu'elle était avant l'incendie de 1755.