vignette|redresse=1.1|Extension est de la ville de Bruxelles, quartiers et parcs.

Le quartier européen de Bruxelles () est l'aire géographique occupée par les institutions de l'Union européenne et les activités centrées sur elles. Situé principalement dans l'extension est de la ville de Bruxelles, il se superpose à plusieurs quartiers historiques. Ses limites sont fluides et en constante évolution, car elles suivent la politique immobilière de l'UE.

Le quartier européen prend forme à partir de 1958, avec la location d'un immeuble au 51/53 de la rue Belliard, puis avec l'aménagement du premier bâtiment spécifiquement destiné à accueillir ce qui deviendra la Commission européenne, avenue de la Joyeuse Entrée.

Au début du , le quartier européen occupe presque complètement le quartier Schuman, ainsi qu'une grande partie du quartier Léopold. Son territoire continu empiète sur le quartier des Squares, le parc Léopold, une partie des communes voisines d'Etterbeek, d'Ixelles et de Saint-Josse-ten-Node, et il possède des antennes à Auderghem et Evere.

Plan

Historique Années 1950 Du au , c'est le château de Val Duchesse qui accueille les négociations pour la fondation du CEE, qui abrite aussi le comité intérimaire temporairement par la suite.

Dès l', l'administration européenne s'installe au rue Belliard 51-53. Les effectifs grandissant vite, les services sont logés un peu partout : rue du Marais, avenue de Brocqueville, avenue de Tervueren, rue d'Arlon, rue Joseph II, rue de la Loi, avenue de Cortenbergh, dans des immeubles loués. Le gouvernement belge met à disposition du secrétariat du Conseil des ministres un nouveau immeuble au Mont des Arts, rue des Sols 2.

Dès 1958, les services de la Commission sont regroupés avenue de la Joyeuse Entrée, un complexe qui se construit en plusieurs phases de 1957 à 1963.

Années 1960 En 1965, le personnel de la Commission compte réparties dans 8 immeubles.

En 1966, une première aile du bâtiment Charlemagne est investie, ainsi que deux immeubles rue Archimède. Cela permet d'évacuer les immeubles des rues du Marais, d'Arlon et de la Loi, de l'avenue de Tervueren et la tour Madou.

De mai à , les fonctionnaires de la Commission emménagent dans les locaux du premier aile du nouveau bâtiment Berlaymont, ce qui permet de dégager la tour d'Ursel et la rue Ravenstein. La Commission européenne occupe, en 1968, déjà autour du rond-point Robert Schuman, mais les autres institutions sont toujours éparpillées à travers la ville

L'Euratom s'est étendu de la rue Belliard 51-53 vers la rue d'Arlon et rue Montoyer, le Comité économique et social se trouve au boulevard d'Empereur et le secrétariat du Conseil toujours rue Ravenstein.

Les autorités belges arrêtent, après la construction du Berlaymont et du Charlemagne, de construire des bâtiments pour les institutions européennes, pour ne pas donner l'impression aux partenaires d'accaparer indûment le statut de capitale Européenne pour Bruxelles. Le caractère provisoire du siège empêche ainsi un développement plus systèmatique, planifié et concerté du quartier Européen.

Années 1970

Les bureaux de lobbying se répartissent en 1973 sur 131 adresses à Bruxelles.

Années 1980 En 1980, l'immeuble de coin avenue de Joyeuse Entrée / avenue de Cortenbergh (JECL) est investi.

À partir du , l'immeuble des conférences Borschette est à la disposition de la Commission, rue Froissart.

Le Parlement de son côté déménage en 1981 du boulevard de l'Empereur au coin des rues Belliard et du Remorqueur.

De 1985 à 1995, le Conseil prend ses locaux dans le Charlemagne.

La rue de la Loi 120, utilisée par la Commission, est élargie en 1986/87 vers la chaussée d'Etterbeek.

En 1989, le Parlement prend possession d'une immeuble au coin de la rue Belliard avec la rue Van Maerlant.

Années 1990

Les bureaux de lobbying se répartissent en 1991 sur 591 adresses à Bruxelles.

Pour permettre la rénovation du Berlaymont, les commissaires et leurs cabinets déménagent fin 1991 au Breydel, au coin rue Belliard, avenue d'Auderghem, d'autres services de la Commission au Beaulieu à Auderghem, rue de Genève à Evere, et à Merode, à Etterbeek.

Le caprice des dieux, la première aile du nouveau Parlement Européen, est inauguré en , la plus grande partie complexe, situé de l'autre côté de la rue Wiertz en .

Le Gouvernement Picqué I enlève, par entremise du plan régional de développement (PRD) de 1995, pour la première fois, la possibilité d'inserer des nouveaux bureaux dans une zone d'habitat et assigne à tous les quartiers d'habitat entourant le quartier Européen le nouveau statut de « protection accrue du logement ».

Le Breydel s'étend vers la rue Breydel, en 1995.

En s'achèvent les travaux pour le complexe Juste Lipse entre les rues Belliard et Juste Lipse ainsi que la chaussée d'Etterbeek. C'est le Conseil qui y emménage.

Rénové de 1996 à 1998, le Charlemagne retourne à la Commission.

Également rénové à partir de 1996, l'ancien couvent des dames de l'Adoration perpétuelle dans la rue van Maerlant et ensuite utilisé par la Commission, comme le bâtiment d'angle avec la rue Belliard, déserté par le Parlement.

Le plan communal de développement (PCD) de la Ville de Bruxelles décrit la situation existante, en , comme suit : le quartier Nord-Est compte 320 immeubles de bureaux classiques totalisant (y compris les chantiers en cours). Dont dans le sous-secteur "à l’ouest de la chaussée d’Etterbeek, le secteur 'Quartier Léopold', compris entre celle-ci et l’avenue des Arts": 264 immeubles pour , et "à l’est de la chaussée d’Etterbeek, le secteur 'rond-point Schuman' totalise pour sa part 56 immeubles pour ". Son développement est beaucoup plus récent et en ligne directe avec le développement de la présence européenne à Bruxelles. L'Union européenne compte pour 36% de la superficie de bureaux dans les deux quartiers confondus.

L'échevin Henri Simons de la ville de Bruxelles, entretient de 1996 à 2001, un Comité de Suivi qui est censé de rassembler toutes les acteurs publics du quartier Européen ainsi que les comités d'habitants. Les habitants se sont investi avec beaucoup d'énergie et des maintes prises de positions élaborés. Mais la plupart des autorités n'ont pas pris au sérieux la concertation, jusqu'au point où, pour l'aménagement de la nouvelle place Jean Ray, Beliris balaye la décision commune de ville, région et comités, en l'an 2000.

Années 2000

En 2003, le gouvernements fédéral Verhofstadt I et régional de Donnea s'accordent que l'élargissement de l'UE ne doit pas donner lieu à l'installation d'un troisième pôle Européen dans la ville en plus de Léopold-Schuman et Beaulieu, le quartiers Léopold et Schuman devraient donc être densifiés.

Le Berlaymont rénové est investi par la Commission, étape par étape, à partir du .

Le Comité économique et social ainsi que le Comité des Régions s'installent en 2004 dans les immeubles rénovés au coin des rues Belliard et du Remorqueur, occupés avant par le Parlement.

Le Conseil de l'Union Européen décide en 2004 de rassembler tous ces activités à Bruxelles dans des bâtiments qu'il possède, de donc plus en louer.

En , la Commission prend le Borschette en bail emphytéotique assorti d'une option d'achat.

En 2006, le Conseil peut s'étendre vers le nouveau bâtiment Lex 2000, rue de la Loi, qu'il a pris emphytéose avec option d'achat.

À partir du , la Commission occupe en plus la Tour Madou à Saint-Josse.

Les deux bâtiments du Parlement en face de la place du Luxembourg sont finalisés en 2007.

Le quartier Européen continu, sans les antennes excentrées, compte en 2008 de bureaux, tout utilisateurs confondus, ce qui correspond à 22,6 % du parc total de bureaux en Région de Bruxelles-Capitale. En 2021, le stock de bureaux a monté à , toujours 22,5 % du parc de bureaux en Région de Bruxelles-Capitale.

En 2007, la Commission occupe 1 million de m de bureaux à Bruxelles, les autres institutions ensemble , dont 47 immeubles dans le quartier Léopold. En dehors des endroits déjà cités, il y en a rue du Bourget à Evere, l'îlot presque complet entre chaussée d'Etterbeek, rue de Spa et rue Joseph II, plus d'autres bâtiments rue Joseph II, l'Eurosquare Square Frère-Orban, l'îlot entre les rues de la Science, du Luxembourg, Marie de Bourgogne et Belliard. En plus la tour de Meeüs et le Mondrian, rue du Champ de Mars. S'ajoutent des immeubles loués avenue de Cortenbergh

Mais si on ajoute aux institutions officielles tout ce qui tourne autour, diplomates, sous-traitants, lobbyistes, ça donne près de 30% des espaces de bureaux en Région bruxelloise — 12,3 millions de m² en tout.

Années 2010

Les bureaux de lobbying se répartissent en 2010 sur 1433 adresses à Bruxelles.

En 2010, on compte dans le quartier, dont pour la Commission européenne, pour le Conseil de l'Union Européenne et pour le Parlement Européen. Mais, il ne faut pas oublier que la commission occupe aussi des immeubles en dehors du périmètre :

En 2012, l'occupation des bureaux par les institutions européennes se présentent comme suit : pour la Commission, pour le Parlement, pour le Conseil, pour le Comité économique et social et le Comité des Régions ensemble. Ces représentent 13% des bureaux de la Région de Bruxelles-Capitale.

Le Conseil de l'Union Européen occupe le bâtiment "Europa" à partir du , ce qui fait qu'il rassemble maintenant tous ses services dans des bâtiments en sa possession, il ne doit plus en louer. Sa décision de 2004 vient donc de se réaliser.

Années 2020

Entre 2012 et 2025, l'AQL, IEB, l'ARAU et BRAL se livrent une bataille juridique contre deux projets de tours du promoteur Atenor : The One et Leaselex/Realex. Ils arrivent à faire sauter les permis d'urbanisme plusieurs fois devant le Conseil d'État, parce que les tours dépassent largement l'hauteur et la superficie prévus dans les plans régulateurs. Mais les deux projets se réalisent quand même

En 2025, la Commission européenne, à elle seule, occupe de bureaux à Bruxelles, alors qu'elle vient de vendre à l'État belge 23 immeubles obsolètes à ensemble en 2024

Essais de planification Les institutions européennes sont déjà présentes à Bruxelles depuis 30 ans, quand l'agglomération d'abord, le Gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale ensuite, commencent de vouloir planifier le développement du quartier Européen. Une longue liste de plans se suivent, qui se heurtent souvent aux acteurs du terrain. Citons, pour 1987, le plan Espace Bruxelles-Europe sous la responsabilité du secrétaire d'Ètat Jean-Louis Thys, en 1989, un Plan particulier d'affectation du sol (PPAS), en 1997, les Sentiers de l'Europe, promu par le ministre régional Hervé Hasquin et le commissaire Erkki Liikanen, en 2001, Brussels, Capital of Europe, à la demande du président de la Commission européenne Romano Prodi et du premier ministre belge Guy Verhofstadt en 2001, le premier Schéma directeur du quartier Léopold-Schuman de la ministre Isabelle Durant, en 2002, les Axes directeurs Bruxelles-Europe du ministre-président François-Xavier de Donnea, en 2003, un Plan médiateur Bruxelles/Europe, promu par le premier-ministre Guy Verhofstadt et le ministre-président bruxellois Daniel Ducarme, en 2006, l'Accord tripartite, en 2007, à nouveau un Schéma directeur Quartier européen, du ministre-président Charles Picqué. en 2010, le Projet Urbain Loi du gouvernement Picqué IV et de la commission Barroso I, en 2022, Quartier européen, vision et recommandations de la part de la Ville de Bruxelles, dirigé par Philippe Close, en 2023, la Vision partagée pour le Quartier européen du gouvernement Vervoort III.

L'existence d’un grand nombre d’instances aient chacun son propore plan montre un certain manque de coordination. Aucun de ces plans ne répose sur une participation citoyenne transparente et aucun de ces plans comporte un volet opérationnel.

Implantation des institutions à Bruxelles